mardi 21 février 2017

Construire l'Interne poursuivi par les Ombres

Suivant la théorie taoïste, nous recherchons trois réalisations profondes qui vont nous transformer pour nous ramener à notre "Unité" naturelle : nous parlerons ici de l une de ces trois réalisations.

A la création de l'individu, suivant la théorie taoïste, la "porte de la vie" (ming men) est le premier point dans l'espace que va occuper l' être humain.

A la rencontre des jing (essences) des parents, et par la présence d'une étincelle de l'esprit universel (yuan shen), il y a création d'un nouvel être vivant.

De cette "porte de la vie", les axes d'existence se créent : l'axe haut - bas d'abord (chong), puis l'axe devant - derrière (ren et du) et la division horizontale de la ceinture pour finir (dai).

La projection de cette "porte de la vie" sur l'avant du corps est notre centre du bas, "champ d'élixir" (dan tien), quelques centimètres sous le nombril.

Ce centre est un don de notre humanité, un rapport à la terre, à notre manifestation et il constitue la capacité de vitaliser notre corps par la force du Yang qui énergetise notre système corps/esprit.

Qu’on le veuille ou non, qu'on en soit conscient ou pas, ce centre est là, parfaitement développé et disponible.

Si on pose son attention dessus, sans efforts surhumain, la sensation du centre est disponible pour tous, à chaque instant.

La seule attention à ce centre de cinabre permet d'activer une multiplication de la vitalité du corps, de l'énergie de l'être, une réalisation de notre vrai fonctionnement, souvent bloquée par nos fonctionnements malades.

Ce centre est parfait dés le début de notre vie et restera parfaitement ouvert jusqu'a notre mort : en revanche par une attention consciente à celui-ci, il est possible de réaliser cette perfection.

La prise de conscience de la perfection du centre du bas, par une expérience directe d'alchimie interne, donne ce qui se nomme "la réalisation de l'eau et du feu" (kan - li) : il y a 9 étapes de travail, la première étant la respiration consciente avec sensation du Centre (respiration embryonnaire).

C’est un travail précis qui se concocte comme un plat de grande cuisine, ou la technique doit s'apprendre avec détails et dans un ordre précis.

Avec un climat familial serein et plein d'amour, le second centre, celui du coeur, peut se former.

Ce centre du milieu, par rapport à celui du bas, n'est pas formé sans actions internes et externes.

Il va dépendre de l'amour qui nous sera donné et de la capacité de perception de cet amour : il est possible de ne pas sentir les émotions positives de son entourage si certaines émotions nous accablent (peur, colère...).

Notre rapport aux émotions et notre équilibre dans la relation aux autres vont dépendre de ce centre du milieu.

Si le centre du bas détermine notre fonctionnement de base, la fluidité de notre fonctionnement physiologique, le centre du milieu va être responsable de notre vie émotionnelle.

Dans le cas ou nous avons un centre émotionnel handicapé par un passé familial peu ouvert ou une mauvaise perception des émotions à cause de fortes émotions enfantines, il doit être construit avec une introspection de notre fonctionnement interne.

C’est la base de notre caractère et de notre capacité de rapport à l'autre.

Le troisième centre est de l'ordre de l'inconnu pour nous, l'esprit étant dans notre coeur, c'est le rapport à notre réalisation, à l'infini et au mystérieux.

Ce centre n'existe pas vraiment s'il n'est pas construit, il a le nom de "palais pourpre".

Notre but est de construire ce centre qui nous donne un gout de l'infini, mais aussi une connexion avec le mystérieux, avant de retourner à la terre.

Dans les « Annales Magiques des Pourfendeurs de Démons », une ancienne histoire qui parle de Zhong Kui, on décrit la pratique comme une course : le but lumineux devant et la mort qui n’est jamais si loin que ça derrière.

Il dépend de la prise de conscience du centre du bas, par la réalisation de l'eau et du feu, mais aussi l'équilibre des parties de l'esprit par l'ouverture du centre du milieu.

Ce centre permet une vision claire du monde réel et un aperçu du monde invisible.

Ce procédé s'appelle "l'alchimie Interne", construction du "Ling Tai", embryon spirituel, qui va se développer parallèlement à notre vie mondaine, en fonction de notre pratique.

Cette réalisation profonde de notre nature totale est un but important de la Voie ésotérique, mais s'appuie directement sur le travail de base du corps et la capacité de vivre correctement sa vie, dans l’alignement nécessaire.

lundi 7 novembre 2016

Adrénaline : assistance à personne en danger


Dans les temps primitifs du développement de l’humanité, les êtres humains devaient lutter pour survivre. Tous les jours, pour manger et vivre, les hommes défiaient la mort.

La confrontation à la possibilité de disparaître était aussi présente que la vie elle-même. Nous n’avons pas tant changé que cela : notre système immunitaire fonctionne encore comme au temps de la survie.

La réponse aux stress importants déclenche une libération d’adrénaline qui permet de faire face aux deux possibilités les plus importantes : fuir ou combattre (" fight or flight syndrome "). Cette décharge nous permet d’avoir une fonction neuromusculaire accrue et de mieux résister aux douleurs.

Dans notre société aseptisée et déresponsabilisée, nous sommes peu confrontés à ces mécanismes extrêmes du corps, du coup, ils finissent par nous surprendre. Nous prenons cette sensation normale d’assistance à personne en danger comme une manifestation pathologique de notre faiblesse face à une situation : cela nous submerge ou nous paralyse au lieu de nous porter dans notre choix d’action ou de fuite.

Dans la conduite d’une voiture, il est demandé d’embrayer puis d’accélérer. Si vous le faites, vous aurez un mouvement qui dépend de la force avec laquelle vous pousser votre machine. Si vous accélérer sans embrayer une vitesse, vous avez un bruit terrible, un tremblement de la structure et un certain étonnement du conducteur qui ne voit pas le mouvement attendu. 

L’adrénaline provoque le même phénomène chez l’homme : si nous apprenons à nous en servir, c’est une aide inestimable, sinon cela ne fait que nous perturber.

Il nous faut maintenant reconnaître les différentes manifestations de ces décharges dans notre corps. Il existe cinq grandes manifestations de nos peurs et de nos angoisses qui vont correspondre à des libérations problématiques d’adrénaline :
  • L'angoisse d’anticipation,
  • La peur d’avant confrontation,
  • La peur dans la confrontation,
  • La deuxième dose dans la confrontation,
  • L'angoisse d’après la confrontation.

Par nos angoisses quotidiennes pathologiques, nous relâchons sur des longues périodes de petites doses d’adrénaline sans but ni cause précis.

Une confrontation possible avec le conjoint, le chef de service, les " collègues " de travail, provoque cette angoisse inutilement. Plus le corps s’habitue à cette libération constante d’adrénaline, plus le sujet sera tendu, agité et inapte à répondre à une situation réelle d'urgence. La constante stimulation du système, sans raison et sans action, est comme une voiture non embrayée qui accélère sans cesse, brûlant ainsi le moteur.

La supputation compulsive de situations conflictuelles possibles nous détruit et rend notre quotidien laborieux. Autant lutter contre les situations qui se présentent plutôt que de combattre des moulins à vent. De plus, après un certain temps, cette énergie inutilisée, stagnante et " qui chauffe ", va se retourner contre une personne plus faible que nous dans notre quotidien : un conjoint, un enfant ou un petit animal familier (si on est vraiment faible et pitoyable). Cette douce libération de " poison " doit être identifiée et sublimée pour ne pas nous détruire.

C’est une angoisse, donc du domaine du monde des pensées. C’est un travail d’alchimie interne qui commence avec le Qi Gong.

Dans la planification d’une confrontation réelle, il est normal d’avoir peur. Cette stimulation nous prépare pour une réalité. Que ce soit pour la demande d’une augmentation, la perspective d’une rupture avec un proche, d’un combat sportif ou pour sa vie, la sensation va croître jusqu’à la manifestation de l’événement.

Cette peur peut être celle de la défaite comme celle du succès. Cette décharge d’adrénaline dure assez longtemps et devient inutile. Il est très difficile de ne pas être la victime de cette période d’attente, souvent bien plus terrible que ce que nous attendons réellement.

C’est du domaine de " calmer l’esprit ", mais cela représente un niveau de pratique avancé.

Dans une situation conflictuelle, et suivant notre niveau de connaissance de ces phénomènes, nous aurons une décharge violente et enrobante d’adrénaline.

Selon notre réalité, nous serons dépassé par l’envol d’un moineau ou par un combat à la baïonnette dans la nuit noire. Plus nous sommes intime avec ces décharges et ces situations, plus nous vivons celles-ci pleinement, dans l’abandon. La réponse sera d’autant plus juste si notre intellect ne participe pas : nous sommes dans la réponse instinctive qui dépend directement d’une adaptation aux perceptions ; l’esprit mental compulsif n’y a pas sa place.

Nous pourrons doucement nous familiariser avec nos réactions dans une exposition progressive à nos peurs. Ainsi nous serons plus apte à répondre normalement à la vie, dans une non résistance typique du taoïste.

Dans une situation de conflit avec la vie, nous pouvons mal juger une situation. Cette erreur de jugement peut nous apparaître subitement dans la réalisation de la confrontation : de nouveau nous passons par une peur de faillir ou de réussir qui va nous donner une " deuxième tournée " de libération brutale de stimulant naturel.

Trop souvent ignorée par les savants trop casaniers dans leurs études sur la peur, la deuxième vague peut briser notre action dans sa réalisation. Confiant de nos capacités, mais surpris par la tournure de la réalité, nous pouvons être mis KO par ce phénomène.
Une imagination fantasmatique, nourrie d’espoirs et de rêves, peut être à l’origine de la différence entre nos projections et la réalité. J’aime l’image du combattant de salon qui frappe réellement pour la première fois sur un adversaire. Il est sûr du pouvoir immensément destructeur de son poing d’acier et il est surpris par l’absence absolue de résultat sur l’autre en face de lui.

L’imaginaire et les livres bon marché lui assuraient la victoire pourtant, mais la réalité n’est pas aussi séduisante. Il peut être parti au combat fort de ses illusions et recevoir " une deuxième vague " de peur qui va au pire le paralyser, au mieux le faire fuir.

Un mari qui veut rompre avec sa femme peut être sûr de lui et de sa puissance jusqu’au moment de la confrontation finale où c’est sa compagne qui le quitte.

Son univers d’homme décisionnaire peut être la source d’une décharge mémorable d’adrénaline. L’exposition aux peurs va aider à mettre le niveau de réponse à la peur à un degré agréable pour la vie de tous les jours : Ce niveau diffère selon que l’on est couturier ou agent des forces spéciales.

Après le conflit, une libération " traînante " subsiste et relâche les tensions résiduelles. Que la confrontation soit un succès ou non, il y a à ce moment là une sensation souvent violente qui conclue cette expérience finalisée.

Les émotions qui vont être liées à la résolution heureuse ou non de la confrontation vont rendre ce moment facilement perceptible ou pas. Lorsqu'on est très heureux du succès d’une confrontation, la décharge correspondante finale peut se confondre avec les signes émotifs exprimés, mais c’est de tout façon là.

Plus la phase de confrontation sera non résolue, plus cette phase sera violente. Si l’ensemble des étapes ne se conclut pas dans une résolution franche, les résidus seront très présents et très encombrants.

Comment reconnaître ces manifestations de la libération de l’adrénaline ?

Les résultas d’une décharge lente, le type 1 de l’angoissé et le type 2, sont bien plus dangereux et peuvent devenir chroniques. Les mêmes symptômes peuvent exister pour une mauvaise réaction psychologique au type 5, la décharge d’après coup, c’est l’état de choc.

Nous avons quatre grands symptômes :
  • La perte du sommeil ou sommeil perturbé,
  • La perte de l’appétit ou perte de poids,
  • Les syndromes dépressifs,
  • L'hypertension artérielle et palpitations.

En ce qui concerne les libérations violentes du moment même de la confrontation, du conflit, nous trouvons cinq manifestations générales :
  • une agitation qui part des battements du cœur pour faire trembler le corps en entier (voix comprise),
  • un manque de salive et une suée spontanée (mains comprises),
  • une vision en " tunnel " qui réduit la vision périphérique (utile mais dangereuse),
  • une nausée possible ou une envie d’aller aux toilettes,
  • une distorsion du temps qui peut paraître plus long ou plus court.

Voilà pour les manifestations répertoriées comme les plus fréquentes dans les études sur la peur et la biochimie de celle-ci.

Pour retrouver une certaine détente dans ces situations, une normalité de fonctionnement, nous avons trois concepts essentiels :
  • accepter par une compréhension intellectuelle et expérimentale des mécanismes du corps,
  • sentir la décharge d’adrénaline sans la confondre avec de la faiblesse,
  • utiliser, se servir de ce plus naturel pour " fuir ou combattre " la situation.

Voilà pour cette introduction.

samedi 8 octobre 2016

Soyez Sobres, Veillez !

Le conseil Ultime dans le Taoïsme, comme dans nombre de Traditions d’évolution Spirituelle, c’est de rester Attentif, d’où le conseil « d’éveil » dans certains courants.

C’est aussi ce qui est recherché dans le travail du rêve, une activité où l'on cherche à s’éveiller dans son rêve, sans se réveiller.

Pour que le pratiquant puisse en permanence être attentif, être vigilant, nous avons plusieurs aspects de notre réalité que nous voulons étudier : ainsi, chaque perception est associée à une connaissance de notre Étude.

Nous parlons des « Cinq Arts d’Étude » :

  • Montagne 
  • Destinée 命
  • Divination 卜
  • Médecine 醫
  • Observation 相
Ces Mots d’ordre, ces caractères, ont un sens particulier :

La montagne représente le développement des qualités humaines, notre travail d’évolution personnelle, qui concerne le corps, le souffle et l’esprit.

Nous voulons renforcer le corps pour survivre à l’entrainement, nous enraciner dans la terre pour accepter les aléas de notre évolution et nous détendre pour gérer nos contrariétés. Voilà les trois attributs traditionnels de la régulation du physique: santé, stabilité et détente.

Le travail du souffle nous permet d’avoir un rapport plus sain avec nos émotions et d'accroitre notre vitalité générale.

Les exercices de l’entrainement de l’esprit permettent d’approcher le vrai bonheur, de se connaitre vraiment et de profiter pleinement de l’immortalité de notre âme.

Voilà pour l’action « Montagne », cette recherche indispensable, mais qui peut nous renfermer sur notre petite personne… Et nous faire rater le reste de l’univers.

La vigilance que l’on va développer avec la compréhension de la  "Destinée" se manifeste par la reconnaissance de soi dans les autres et la prise de conscience de grandes structures de personnalités.

En effet, par l’apprentissage des « Huit Piliers de la Destinée », BA ZI, nous allons dégager des types de personnalités avec des comportements particuliers qui permettent de mieux interagir avec les autres.

Si c’est pratiquement inévitable pour un pratiquant de connaitre son Mandat Céleste, il est aussi très utile d’étudier cette science pour comprendre les gens autour de soi.

La recherche de types de personnalité est un sujet exploré par de nombreux scientifiques et psychologues comme le code Holland, l’ennéagramme, La thèse des tempéraments psychologiques de Keirsey, le répertoire de Kelly, le Minnesota Multiphasic Personality Inventory, le Myers Briggs Type Indicator…

Cette connaissance nous permet de percevoir les enseignements de notre Voie dans chaque comportement reconnu: c’est une façon très utile de rester « réveillé » et de fluidifier son quotidien.

Divination : sous ce terme un peu ésotérique se cache une réalité bien vivante, celle des probabilités. L’enseignement le plus riche sur ce sujet, c’est le Yi Jing.

Le « Livre de la Simplicité » nous enseigne la probabilité de changements en fonction de l’analyse d’une situation: c’est l’enseignement le plus important de notre Tradition.

Cette lecture binaire du monde, avec six niveaux de complexité, permet de tout comprendre et de tout  étudier, il est ainsi possible de tout traduire en alternance yin/yang. "Un pratiquant qui connait le Yi Jing ne peut être surpris par les changements du monde", il surfe sur les évènements du quotidien, dans le respect des lois de la nature.

Cette étude a trois niveaux et six aspects : elle décrit les jugements des hexagrammes, la loi des nombres et du temps et garde secrète l’utilisation de la Magie Taoïste.

C’est aussi une façon de comprendre la météo, les émotions, le combat rapproché ou le conflit des armées…

Il n’y a pas de limites à ce que peut enseigner le Yi Jing, c’est une vraie source de sagesse et de compréhension du monde. Avec l’étude de ce livre, il est possible de tout percevoir avec une composante yin/yang et de toujours rester vigilant.

La médecine chinoise et la médecine taoïste permettent de comprendre les fonctionnements normaux et pathologiques de notre organisme et d’en voir la similitude avec les mouvements de l’univers. Cette étude permet de voir dans chaque manifestation du corps les théories taoïstes en action, c’est le suivi de son enseignement en permanence.

Celui qui comprend les théories de ces médecines est déjà avancé dans la maitrise des sciences et des arts taoïstes : en effet, ce sont les mêmes associations et relations qui s’opère dans les autres disciplines.

Les médecines traditionnelles concèdent un savoir pratique dans la prévention des pathologies communes et dirigent vers une hygiène de vie performante: une bonne façon de suivre son évolution aux fils des années et de bien vivre la sénescence.

L’observation possède trois formes distinctes :

  • les formes perceptibles (feng shui san he)
  • les formes temporelles (feng shui san yuan)
  • les formes physiques (morphopsychology, Mian Xiang 面相)

Le feng shui « san he » est une étude des formes perceptibles de son environnement, c’est la science de l’harmonie des structures pour capter l’énergie le mieux possible. C’est comme lever son portable pour mieux capter, nous cherchons là à aménager notre environnement pour être le plus réceptif aux flux d’énergie : c'est la géomancie de l’ancien temps.

Le feng shui « san yuan » se focalise sur les rythmes et les cycles ainsi que leurs perceptions. C’est comprendre que les réseaux sont plus libres à certain moment et qu’il vaut mieux éviter certaines heures de « rush » : l’acceptation des cycles naturels et le calcul des bonnes dates.

Le Mian Xiang, c’est une lecture des visages pour retrouver certains types psychologiques particuliers, lire les réactions émotionnelles pour les évaluer en fonction de la cohérence du discours et discerner certaines pathologies sur le corps et le visage.

L’ensemble de l’Observation est une étude complète d’aménagement de notre monde pour y vivre mieux, une prise de conscience des formes et des cycles naturels, mais aussi un enseignement qui permet de percevoir les autres à la lumière de notre pratique, ou encore de s’observer pour devenir conscient de certains comportements ignorés.

Voilà l’ensemble des arts de notre École qui nous permettent de rester éveillés, de nous faire percevoir le monde sous un aspect de pratiquant et qui ne laisse pas de place à la torpeur servile.

De quoi se motiver pour la rentrée…

« Soyez sobres, veillez: votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer. »
Pierre 5 :8

lundi 31 mars 2014

"Pour gouverner un Grand Royaume, il faut imiter celui qui fait cuire un petit poisson.
Lorsque le Prince dirige l'empire par le Tao, les démons ne montrent plus leur puissance.
Ce n'est pas que les démons manquent de puissance, c'est que les démons ne blessent plus les hommes.
Ce n'est pas que les démons ne puissent plus blesser les Hommes, 
C'est que le Juste lui-même ne blesse plus les Hommes.
Or ces Deux là ne se nuisent pas entre eux ; c'est pourquoi il confondent ensemble leur Vertu."


Daodejing, Ch 60

lundi 6 janvier 2014

Daodejing, le Livre qui définit le « Dao »

Lao Zi est le premier à définir précisément le Tao, la Voie et le De, la manifestation de la Voie.

Cette voie trouve sa source dans la très ancienne chine et le message de cet enseignement se retrouve dans bien des traditions similaires bien qu’éloignées dans l’espace.

Il y a un aspect chamanique dans le Taoïsme des origines, une vision non duelle qui est loin du mouvement religieux populaire que l’on connaît aujourd’hui.

Ainsi nous verrons des messages spirituels similaires dans le tantrisme shivaïte du cachemire, dans certains chamanismes des Indiens d’Amérique du Nord ou encore dans certains enseignements cabalistiques.

Lao Zi va décrire l’Essence du Tao et les façons de pouvoir le toucher, le vivre, sans l’atteindre vraiment : nous ne pouvons atteindre la perfection, nous ne pouvons que nous en approcher et en percevoir les manifestations (De).

Les changements du Tao sont décrits et ils sont en fait l’essence du Yi Jing, livres des changements, un traité des évolutions des choses dans le monde des perceptions, un ouvrage d’alchimie interne : le Yi Jing est donc l’étude des changements du monde qui sont l’expression du Dao, les changements du monde sont le « De ».

Dans sa forme la plus manifestée, la plus yin, le Tao est à l’origine de la création des « choses » et dans sa forme la plus yang, il n’est pas conceptualisable par notre esprit, trop yang par rapport à l’absolu yang du Tao.

De plus, il existe une différence entre la Voie du Ciel, ensemble de phénomènes qui échappent à la compréhension de l’Homme, mais qui est la recherche du sage taoïste, et la voie de l’Homme, celle qui est une expression des malaises des humains avec eux même, nourrie de compétition, de pouvoir et de conflits.

Il faut savoir que les chapitres ne font pas partie du texte d’origine et que les ponctuations aussi furent ajoutées bien après sa rédaction. De ce fait, tout est possible avec ce texte, rien n’est faux tout peut être dit… ou presque.

Il y a deux concepts fondamentaux exposés dans le livre de Lao Zi :

  • La Cosmologie Taoïste, compréhension du monde, de sa création et de ses Changements
  • La pratique de Retour du Naturel/Spontané

Le seul intérêt d’une cosmologie est de pouvoir répondre aux questions que notre esprit pose sur le monde.

Par une compréhension du monde, inutile, mais nécessaire, nous allons pouvoir nous détendre dans une pratique qui dépasse l’esprit conceptuel, qui nous complique la vie avec ses pensées compulsives.

Par une intellectualisation bien sécurisante, nous nous laissons sans peur plonger dans la pratique, dans l’acceptation de notre non-choix et la non-résistance qui va de soi.

Comme on le comprend ici, la cosmologie ne nous aide à rien sinon à pratiquer, elle ne nous donne aucune réponse à part celles qui ne nous intéresse pas, elle décore dans notre univers de pensées maladives, mais elle ne nous soigne pas… un peu comme un bouquet de fleurs dans une chambre d’hôpital, ça ne sert à rien, mais c’est sympa, le goutte à goutte médicamenteux, lui, est essentiel, mais nous n’y pensons pas… comme devrait être la pratique.

Dans cette détente relative, nous allons vers la pratique qui est celle du retour.

Le retour c’est la régression à notre nature qui est ensevelie sous des couches de réflexes acquis, d’interprétations conditionnées d’une vérité inexistante, de vie mondaine et banale qui nous a éloigné de nous même.

De plus, notre ego et l’importance que l’on se donne vont se rebeller contre l’enseignement : nous ne pouvons supporter de ne pas être le centre du monde et nous préférons fuir la Voie plutôt que de nous découvrir dans l’horreur de la Vérité.

Par l’enseignement en action, nous allons nous détendre et faire silence pour écouter le monde.

Dans cette écoute, les changements et les phénomènes ne nous seront plus étrangers et nous nous y reconnaîtrons.

Cette reconnaissance, tout en conservant notre cognition, nous permet de retourner à une fluidité vitale qui nous ramène au spontané et au naturel.

Nous sommes dans la Voie qui nous unit à la Voie du Ciel, chère à Lao Zi.

Il est évident que tout l’ouvrage parle du Tao, mais les chapitres 1, 4, 6 et 25 sont les plus expressifs au sujet de l’Essence de celui-ci.

En chinois, le Tao est un mot qui signifie « Voie » ou « Route » : une personne qui suit les concepts du Taoïsme est un pratiquant, mais celui qui est initié est un Taoïste.

L’initiation est obligatoire pour être « taoïste », mais le fait d’être un taoïste lié à une lignée ne change rien à sa pratique… l’initiation n’améliore pas ses qualités.

Mais pour être Taoïste, il faut être initié et accepté par une lignée, sinon on est un pratiquant plus ou moins engagé.

Nous pouvons déduire que dans la chine ancienne, avant Lao Zi, ce « Tao » était une façon de vivre, une ligne de conduite.

Pour Lao Zi c’est bien plus profond, il nomme ainsi l’origine, la totalité de ce qui est visible et du reste.

Nous trouvons ici une tentative de mettre en concepts cette possibilité de concevoir et de se fondre dans les changements et les phénomènes du monde, ce retour au spontané et au naturel.

Nous connaissons cet état, il est notre origine.

Avant notre naissance, mais après notre création, nous connaissons cette union totale au monde par le biais de la vie intra-utérine : après notre venue au monde, nous continuons à vivre dans une totalité pendant les premières semaines.

Après cela nous entrons dans un jugement, une discrimination puis une cognition compulsive qui nous sépare de plus en plus du monde, progressivement, mais sûrement.

L’image « unique » de nous même que va nous imposer notre entourage direct va devenir notre source d’attachement, défendu par notre mental sous forme de système de défense : l’ego. L’acquis va remplacer le naturel et le conditionné le spontané, nous allons tout faire pour être cette image de nous qui habite dans notre mental, mais pas dans la réalité.

La pensée compulsive va s’occuper de nous distraire, voir nous noyer, par un flot qui nous rassure… qui nous attache à notre image.

Cet attachement va donner naissance à l’unique émotion qui est à la source des autres, la peur de disparaître, de se dissoudre et de ne plus être « unique ».

L’état de paix et de silence qui est à l’origine le « De » de « Tao De Jing », de cette manifestation du Tao, va être submergée par notre conditionnement mondain.

Nous pouvons grossièrement définir l’Essence du Tao :
  • Ensemble des lois de la nature
  • Éternité dans l’espace et le temps
  • Essence de toutes choses, il peut être « goûté » par le De, ses manifestations
  • Origine de tous les changements et de tous les phénomènes
  • Tout dans le Tao est en mouvement, changeant
  • Tout vient du Tao donc tout est Un
  • inimaginable il est tout de même possible de s’en faire une idée par l’intellect

Il est intéressant de voir que c’est une quête de l’être humain avec lui-même, sans Dieux ou Démon : nous quittons les voies religieuses classiques qui donnent cette dualité étouffante (Dieu tout puissant et homme faible), mais nous entrons dans une totalité qui donne à l’univers une unité.

Mon professeur disait que le Tao avait cinq faces :
  • Le Tao est l’Espace et le chaos
  • Le Tao est l’Origine de tous les Changements
  • Le Tao est la Matière Première du Monde
  • Le Tao est invisible pour l’Esprit, mais sensible pour le Corps
  • Le Tao régit les Lois de tous les Phénomènes

En 1973, dans une tombe de la dynastie Han (206 – 180 av. J.-C.) à Mawangdui (à côté de Changsha, capitale du Hunan), deux copies sur soie du texte de Lao Zi montre de différences et des évolutions.

Chang Tao (Tao Constant) se transforme plus tard en Heng Tao (Tao éternel), mais la différence en chinois est minime.

Que ce soit « Chang » ou « Heng », cette description du Tao lui donne les qualités d’éternel, indescriptible, profond, subtil, irremplaçable et impérissable.

Dans le Premier Chapitre, il y a dans le premier vers l’ensemble de la doctrine de Lao Zi.

Le plus important est ici ce « Il ne faut pas confondre ! ».

Il est important de ne pas confondre ce dont nous parlons, le concept, et ce qui est.

Seul la pratique et le De, manifestation du Tao, peuvent être saisi et compris. Dans le texte le Nom est le Tao, sous une forme plus assimilable, la forme d’un concept, celui que nous allons discuter. Il est possible de dire que la différence entre le Tao et le Nom est la même que la différence entre ce qui n’a pas de forme, ce qui n’est pas et ce qui a une forme, ce qui est.

Ce qui a une forme prend sont origine dans ce qui n’en a pas, toutes les choses viennent du Ciel et de la Terre.

Dans la forme et le nom, l’ensemble des choses se développe et « matérialise » ce qui n’avait pas de forme. Le Tao est à la source de ce qui n’a pas de nom ou de forme, il est ce qui ne peut même être expliqué.

« Wu » et « You » n’ont pas de traduction possible. Certains disent « ce qui n’a pas de forme » et « ce qui a une forme », d’autres disent « ce qui n’est pas » et « ce qui est », ou encore « non-être » et « être ». On peut utiliser pour mieux le comprendre, les termes de « manifesté » et de « non manifesté »… l’un est perceptible par nos sens, l’autre est une globalité, un potentiel qui n’est pas dans le monde des perceptions humaines… ou presque…

« Wu » chez Lao Zi n’est pas le vide ou l’absence de choses, c’est l’Espace illimité et la Totalité, mais qui ne peut être saisi pas notre intellect limité. « wu » est le domaine du Tao, la Voie du Ciel, une totalité qui va inclure le monde. « You » est la manifestation perceptible, par les sens, des choses et leurs changements. Ce sont deux aspects du Tao qui peuvent rendre les moments de Chaos de la Terre et du Ciel avant la création de toutes les choses et le moment de création lui-même.

Le monde Taoïste selon Lao Zi est un monde non duel et uni, manifestation d’une totalité changeante qui est le Tao. Cette voie du Ciel peut être « touchée » par une pratique qui suit les enseignements taoïstes. Dans une communion, subtile et éphémère au début, le Sage guide sa vie. Le flot du tao emporte le pratiquant dans une existence sans résistance aux changements naturels, comme le nageur de Zhouang Zi.

Les termes de « Ciel et Terre » sont utilisés en chinois pour décrire la Nature et l’Univers dans son ensemble. L’un est l’espace de jeu de l’homme et l’autre l’immensité qui l’entoure.

L’expression « Wan », « 10 000 choses », doit être compris comme « toutes les choses », « les myriades de choses ». Dans les textes anciens, « 10000 » est la façon d’exprimer ce qui est immense, ce qui ne peut être compté. Ce fut une source de bien des contre sens, les textes sacrés chinois étant plein de chiffres qui sont symboliques et non descriptifs.

Dés le début du texte, Lao Zi fait comme Lu Dong Ping, dans sa « tablette des cent caractères », et dit « Chut !, tais-toi et pratique ! ».

Le premier concept est que le Tao ne peut être compris ou exprimé, autant se taire et pratiquer. Une remarque de plus de 2500 ans qui nous dit de ne pas croire ce qui est dit ou écrit, mais de trouver en nous même la source de toute chose.

Cette compréhension du silence amène une autre erreur trop souvent « new age », cette idée moderne d’un enseignement sans maître.

L’information trop présente, et le travail trop rare, donne naissance à des arts intellectuels et rapiécés qui vont renforcer le mental égotique au lieu de le dissoudre dans un silence souhaitable. Sans initiation pas de taoïste et sans maître pas de disciple.

Celui qui pratique seul une voie d’inspiration taoïste est un « étudiant potentiel», mais il n’est pas encore « dans » la voie.

Mais sans pouvoir être nommés, 5000 idéogrammes seront tracés par Lao Zi pour nous le faire comprendre.

Il y a un mouvement dynamique qui émane du Tao, d’une « non-forme » vers une « forme », une manifestation de l’invisible vers le visible, de la totalité vers l’unité. L’Absolu se manifeste dans un monde sensible dont nous faisons partie. Nous y retrouvons la dualité interne entre notre naturel enfoui et notre conditionné éclatant.

Les deux faces d’une même pièce, « Wu » et « You », vont interagir comme le nom et son objet ou la pensée et l’action.

Avant Lao Zi, dans le chamanisme ancien de la Chine, deux termes pourraient être à l’origine de son Tao :

  • Tian Tao (Tao Céleste)
  • Tian Ming (Destiné Céleste)

Il est amusant de voir nombre de philosophes essayer de comprendre le Tao.

Les écrits ne peuvent faire avancer la compréhension de ce qui ne peut être nommé, seul la pratique du « De » peut faire toucher le Tao.

Mais les pratiquants n’écrivent que trop peu, ils sont occupés à pratiquer.

dimanche 5 janvier 2014

"Lorsque les gens accomplissent une action, ils échouent toujours au moment de réussir.


Soyez attentif à la fin comme au commencement, et alors vous n'échouerez jamais.


De là vient que le Saint fait consister ses désirs dans l'absence de tout désir. 


Il n'estime point les biens d'une acquisition difficile."



daodejing chapitre 64

dimanche 22 décembre 2013

Tempus Fugit


« Le sort de l’homme sur la terre est celui d’un soldat,
Et ses jours sont ceux d’un mercenaire.
Comme l’esclave soupire après l’ombre,
Comme l’ouvrier attend son salaire,
Ainsi j’ai pour partage des mois de douleur, j’ai pour mon lot des nuits de souffrance.
Je me couche, et je dis : Quand me lèverai-je ? Quand finira la nuit ?
Et je suis rassasié d’agitations jusqu’au point du jour.
Mon corps se couvre de vers et d’une croûte terreuse,
Ma peau se crevasse et se dissout.
Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand,
Ils s’évanouissent : plus d’espérance !
Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur. »
Job 7

Nous sommes dans une période de changements qui demande d’être particulièrement attentif à ses actions et ses valeurs.

Il est temps de faire déborder la Voie vers l’autre, vers le monde : il est temps de partager et de s’engager dans l’évolution positive de notre univers.

L’évolution de tous dépend de l’évolution de chacun : le changement profond du groupe doit passer par un éveil de l’individu.

Les soubresauts du groupe, qui réagit et s’indigne, ne peuvent qu’amener une modification fragile de la société, les mêmes cycles se renouvellent sans cesse.

Pour un changement profond, pour une évolution stable de notre monde, il faut passer par un effort personnel de transformation de soi.

La remise en question de nos préjugés, la recherche d’un meilleur fonctionnement personnel, une connaissance accrue de l’autre, un engagement dans le monde et une meilleure observation de notre monde vont permettre cela.

Avant tout, acceptons de changer, d’évoluer : reconnaissons que nous ne savons pas tout, que nous devons évoluer vers un mieux et que nous devons y travailler.

Nos imperfections, nos fonctionnements malades, tout cela peut aller vers un mieux, une réalisation de notre potentiel humain.

Acceptons que nous pouvons mieux nous occuper de nous, que nous pouvons changer certains comportements avec les autres, que notre travail peut aussi être source de joie, que rien n’est fixe... nous pouvons tout changer dans notre vie si nous le voulons.

Nous sommes des êtres humains, nous avons des fonctionnements physiologiques, respiratoires et mentaux : dans la mesure où nous essayons de mieux connaître ses fonctions, nous allons savoir quoi faire pour mieux fonctionner.

Pourquoi ne pas tirer avantage de notre existence en tant qu’humain et en avoir la meilleure expérience possible ?

Profitons de notre vie pleinement en nous réalisant et en améliorant notre conscience : connaissons nos points forts et nos points faibles pour mettre en avant les premiers et corriger les seconds.

Ne nous contentons pas de ce qui est, mais tendons vers l’idéal de ce que nous pouvons être… et pour cela il faut travailler sur les aspects de ce qui fait notre humanité.

Si nous comprenons ce besoin de travailler sur nous, de chercher à s’améliorer, nous avons franchi la première étape.

Cette première tempe est cruciale, elle détermine notre capacité à aller chercher l’évolution, c’est notre force pour changer ce qui ne nous convient pas dans notre vie, dans notre interaction avec les autres et dans notre quotidien.

Sans cette prise de conscience, nous ne bougerons pas de nos habitudes et de nous resterons dans l’imperfection ressentie comme une punition.

Nous ne pouvons être parfaits, c’est aussi la beauté de notre incarnation, mais nous devons y tendre et ne jamais arrêter d’évoluer.

Ensuite vient la pratique personnelle : c’est assez simple.

Nous sommes une entité corps/esprit/vitalité, un ensemble corps/esprit qui possède un souffle vital.

Il est donc possible de travailler son corps, son souffle et son esprit, pour fonctionner au maximum de notre potentiel.

Rien de spirituel ou de new âge ici : si notre corps fonctionne mieux, si nous connaissons les règles de vie qui permettent de mieux profiter de celui-ci, notre vie est plus facile.

Une grande partie de nos soucis de santé viennent de nos mauvaises habitudes et de notre abandon du corps... il suffit de savoir et de faire pour résoudre tout cela.

Le travail du souffle est naturel : sans respirer, la vie est moins sympa...

Mais un travail de conscience dans le souffle permet une meilleure connaissance de celui-ci et une vitalité accrue rapidement.

Sans parler de la réalité physiologique démontrée d’un travail du souffle conscient, le plaisir de passer du temps à respirer calmement est une grande chance.

Le travail de l’esprit n’est pas la méditation, c’est juste l’entrainement des composantes fonctionnelles de notre mental.

Sans rentrer dans des détails profonds, l’entraînement de l’esprit permet un esprit plus disponible, des émotions plus stables et une meilleure préhension du monde.

Plus la perception du monde est claire, plus y est possible de voir la réalité, les changements du monde et de fluidifier sa vie.

Le travail sur soi regroupe l’ensemble de ces aspects : corps, souffle et esprit.

Le travail de ses qualités profondes dépend de ce travail.

Cette évolution de notre propre nature va permettre de mieux connaitre l’autre : notre relation à l’autre va en découler.

De plus, l’apprentissage d’enseignements particuliers (bazi, par exemple) permet de comprendre le fonctionnement des types de personnalités et d’interagir intelligemment avec tous.

Une meilleure relation aux autres, un effort de comportement avec même les gens que l’on ne comprend pas, un partage avec tous, tout cela façonne un monde plus agréable autour de nous.

Dans cet effort relationnel, nous agissons directement sur l’évolution positive de notre univers.

Nous sommes dans une période ou le partage est une obligation : nous devons accepter de donner à ceux qui ont besoin.

L’égoïsme n’est plus acceptable, les temps demandent d’évoluer et de s’ouvrir vers les autres.

Nous devons donner, particulièrement nous autres "les chanceux", nous ne pouvons fermer les yeux sur ce qui peut se passer devant nous ou à 5000 km de chez nous.

Notre engagement est nécessaire pour évoluer personnellement.

Allons vers l’autre, partageons, donnons... le temps n’est plus aux yeux fermés, il est de notre devoir d’être humain d’agir maintenant.

Tout cela nous confronte au besoin d’observer correctement le monde : ne plus rester focalisé sur soi, mais réagir et réfléchir sur les actions possibles.

Regardons les réalités de notre monde, ses blessures et son évolution pour agir dans le sens du mieux : attelons-nous à cette tâche importante pour notre lendemain.

Nous voilà à la fin d’une autre année, dans un cycle qui s’accélère, il est temps de faire plus.

Bonnes fêtes de fin d’année à tous, dans la conscience et les abus mesurés.


Celui qui sait marcher (dans le Tao) ne laisse pas de traces ; celui qui sait parler ne commet point de fautes ;
Celui qui sait compter ne se sert point d’instruments de calcul ;
Celui qui sait fermer (quelque chose) ne se sert point de verrou, et il est impossible de l’ouvrir ;
Celui qui sait lier (quelque chose) ne se sert point de cordes, et il est impossible de le délier.
De là vient que le Saint excelle constamment à sauver les hommes ; c’est pourquoi il n’abandonne pas les hommes.
Il excelle constamment à sauver les êtres ; c’est pourquoi il n’abandonne pas les êtres.
Cela s’appelle être doublement éclairé.
C’est pourquoi l’homme accompli est le maître de celui qui ne l’est pas.
L’homme qui n’est pas accompli est l’aide de l’homme vertueux.
Si l’un n’estime pas son maître, si l’autre n’affectionne pas celui qui est son aide, quand on leur accorderait une grande prudence, ils sont plongés dans l’aveuglement.
Voilà ce qu’il y a de plus important et de plus subtil ! 
Daodejing, Chapitre 27


samedi 21 décembre 2013

Chapitre 41...la Suite!

Celui qui a l'intelligence du Tao paraît enveloppé de ténèbres.
Celui qui est avancé dans le Tao ressemble à un homme arriéré.

Celui qui est à la hauteur du Tao ressemble à un homme vulgaire.

dimanche 8 décembre 2013

"Quand les lettrés supérieurs ont entendu parler du Tao, ils le pratiquent avec zèle.

Quand les lettrés du second ordre ont entendu parler du Tao, tantôt ils le conservent, tantôt ils le perdent.

Quand les lettrés inférieurs ont entendu parler du Tao, ils le tournent en dérision. 

S'ils ne le tournaient pas en dérision, il ne mériterait pas le nom de Tao."

Daodejing Chapitre 41