jeudi 23 février 2012
Les Destinées vulgaires n’ont pas d’horoscopes…
Nous disons dans notre Tradition qu’il y a trois parts égales à notre destin :
- Le destin du Ciel, qui ne dépend pas de nous ni de nos actions,
- Le destin de l’homme, qui se manifeste dans l’étude et dans nos actes,
- Le destin de la Terre, qui dépend de notre environnement.
Le destin du Ciel se caractérise par l'époque à laquelle nous vivons et par l’ensemble des informations qui nous sont imposées par notre famille et son histoire.
C’est aussi le lieu de notre naissance et l’état de ce lieu en fonction de son histoire.
Plus encore, c’est le moment où notre manifestation terrestre coïncide avec un arrangement particulier du temps et de l’espace, un croisement entre l’évolution de l’Univers et notre petite contribution à la Conscience.
Ce destin du Ciel s’étudie par l’astrologie, le Yi Jing divinatoire et le travail du rêve.
Le destin de l’homme est directement lié à la compréhension de soi et à notre mise en action dans notre quotidien.
Cela demande d’étudier 4 aspects de notre existence :
- La compréhension de nos mécanismes profonds par l'introspection, - L’observation de nos actions par l'analyse de notre quotidien,
- L’établissement de valeurs et de règles qui régissent nos actions,
- Une mise en œuvre de notre responsabilité dans notre société.
C’est le travail de notre destin humain, qui va se comprendre par nos tendances étudiées dans le Mandat Céleste et qui s’expriment par notre relation à nos recherches, notre rapport aux autres, ce que nous ajoutons au Monde, la gestion de nos biens et l’ambition que nous nourrissons dans notre vie.
C’est la pratique, la Médecine Traditionnelle et la connaissance du Yi Jing de la pratique qui nous enseignent comment mieux vivre notre vie.
Le destin de la terre, c’est observer comment la forme et l’énergie de l’endroit où nous vivons vont influencer notre existence. C’est choisir notre habitation et le lieu de notre profession, mais aussi équilibrer les stagnations possibles liées à la géomancie.
Cette étude est celle de Feng Shui, des veines du dragon et du Yi Jing feng shui.
La pratique peut complètement sublimer le destin de l’homme, ce qui est un tiers de notre réalité.
L’étude du feng shui peut aménager au mieux notre situation dans l'espace-temps et permet de ne pas subir les changements du Monde, mais d’aller dans leurs sens.
L’étude de l’astrologie permet de savoir un peu ce que nous risquons à certains moments sans vraiment nous donner de solutions : c’est plus un ensemble d’avertissements que des solutions.
En même temps, on dit qu’avertis nous équivalons deux !
De plus, la connaissance du Yi Jing est partout, cela semble donc important...
La totalité de ces connaissances constitue la Voie de notre Tradition.
mercredi 1 février 2012
Le Maitre est inutile !
La Tradition colporte avec force des informations essentielles pour notre évolution personnelle : ces informations sont distillées avec sagesse par le Professeur et perçues par notre esprit, échangées au sein de l’Ecole.
Si les informations sont inestimables, que l’échange est primordial pour une évolution juste, c’est la clarté de notre esprit et sa disponibilité qui vont tout faire.
Mais le sujet de la clarté de l’esprit est un sujet que nous traitons souvent…
Le sujet ici, c’est l’inutilité du professeur…sous certains aspects.
La réalisation, les expériences et la vie en générale de l’enseignant n’ont aucune importance pour sa pratique personnelle.
Attention, il est évident, et je le dis souvent, que le professeur se doit d’être un pratiquant et un lettré de sa tradition, que sa vie doit être cohérente avec ses enseignements et qu’il doit être plutôt source d’inspiration par sa joie et ses actions.
En revanche, les choix de sa pratique, les actions qu’il entreprend ou encore ses choix d’expression de la Voie ne sont pas utiles pour le développement des élèves.
Le fait de trop s’occuper du professeur, de chercher à le copier ou de chercher à comprendre sa vie, tout cela n’est que distraction et assurance d’un échec dans son évolution personnelle : en effet, chaque personne évolue à sa façon, chaque être humain à son chemin et ses qualités, il n’est pas bon de copier l’évolution d’un autre.
Les qualités de l’enseignant sont les effets de son travail et de l’évolution au sein de son enseignement, pas les causes : si nous cherchons à copier les effets, nous imitons et ce n’est pas une évolution, c’est prétendre !
Nous nous devons de trouver nos propres moyens de travailler les causes qui produirons les effets : et tout cela est au sein de la Pratique qui est enseignée par le professeur.
En tant que vecteur de la Voie, le professeur n’a aucune importance, aucun intérêt.
Il ne doit que donner les bons exercices aux bons élèves, au bon moment.
Ses histoires personnelles ne sont qu’anecdotes et son parcours un exemple parmi d’autres.
La transmission est longue, souvent trop longue pour le commun des pratiquants qui préfèrent virevolter sans se poser, accumuler sans fondations profondes, pour parler plus que pratiquer.
Le rapport à l’enseignant est primordiale pour acquérir toutes les finesses de la Voie et cela sur des années (traditionnellement trois cycles de jing : un pour être un pratiquant, un pour être un expert et le dernier pour devenir un maitre).
- Respectez votre professeur, mais ne le copiez pas !
- Suivez tous les enseignements que vous pouvez, mais ne supputez pas !
- Ne prêtez pas attention aux actions privées du professeur, mais n’acceptez pas les incohérences !
- Développez votre indépendance, mais restez fidèle à UNE Tradition et un enseignant !
La Voie est un chemin qui se fait seul et par expériences directes personnelles, en revanche ce chemin est indiqué par le Professeur (pas par sa créativité mentale ou ses observations faussées !)
La Pratique demande une bonne dose de créativité et de liberté, mais l’assimilation des concepts de la Voie demande de s’engager franchement après réflexion.
La liberté de sa Pratique vient d’une assimilation précise de sa Tradition, pas par imagination ou rafistolage de bouts de pratiques.
Le gain personnel d’évolution de soi, la profonde connaissance de sa nature et l’arrêt du questionnement infondé sont des rétributions qui sont inestimables…mais qui demandent des efforts en retour !
Le passage du savoir demande le professeur, mais il ne sert à rien d’autre !
La Tradition passe par l’enseignant et son rôle s’arrête là !
Seule la Voie demande une exposition au monde, pas son vecteur.
Et pour celui qui est élève de la Voie, il est bon de se restreindre de la promotion de soi et de juste se laisser traverser par l’enseignement…
dimanche 1 janvier 2012
2012, Année des Changements
Nous sommes dans une période de changements importants.
C’est le moment de mettre en pratique notre Voie, d’utiliser les qualités que nous avons développées et de façonner le monde que nous souhaitons.
Nous ne devons pas chouiner, nous devons faire de notre mieux pour utiliser nos ressources pour faire partager la Voie et communiquer nos Valeurs.
Le monde change et nous pouvons influencer celui ci : commençons par notre quotidien et les gens que nous connaissons, ceux que nous croisons.
Accomplissons des efforts en comportant comme l’image idéale de nous même, dans le but de produire le monde que nous désirons.
Ce monde que nous produisons est celui qui se mettra en place pour les années à venir.
Partageons, communiquons sur nos valeurs et permettons aux autres de trouver leur Voie.
Les livres publiés, les conseils dispensés et les efforts de comportement avec tout ceux que nous croisons feront la différence.
Nous sommes responsable de notre monde et de notre vie, c’est à nous de faire les efforts qui établiront notre futur.
Dans cette recherche, nous avons tous à faire des efforts.
BONNE ANNEE 2012 à tous
samedi 29 octobre 2011
L’esprit des Changements
Les traditions que nous étudions ont quelques points communs :
- recherche de la clarté : se connaître soi même
- travail de la détente : agir juste et simplement
- adaptabilité dans le monde : aller avec la vie
Mais aussi une Ouverture aux possibilités de changements : la force du yi jing manifestée.
Si il est difficile de se juger sur sa propre clarté ou sa détente présumée, il est assez facile de savoir ou on en est dans sa pratique et dans sa vie par les deux autres.
L’adaptabilité au monde nous confronte à nos capacités à saisir le bon moment pour faire les choses et se manifeste par la fluidité ou les difficultés que nous rencontrons dans notre quotidien.
L’ouverture est encore plus manifeste : elle regroupe notre capacité à ne pas ressasser bêtement sur nos fantasmes et notre qualité d’accueil aux changements proposés par le monde qui nous entoure.
Il est assez commun de rester coincé dans des habitudes malades et des situations figées où notre confort est notre ignorance.
Les changements qui sont les siens sont douloureux et ceux du monde difficilement acceptables.
Toutes perturbation dans les habitudes sont perçue comme des menaces ou des situations de crise.
Tout cela est lié à la Peur et à l’obésité de son ego.
Comme nous entrons dans une grande période de transformation et de changements, il est bon de travailler cette qualité d’ouverture pour être disponible aux changements du monde.
Cela va permettre d’éviter de sentir son monde s’effondrer si les murs changent de couleurs…
Il est important de regarder ce qui est de l’ordre de la Peur et ce qui est de l’ordre de l’ego, mais le fait est que ces deux raisons n’ont qu’une réalité illusoire.
Dans la Pratique, la focalisation se fait sur soi et dans une recherche de réalisation : le potin n’est pas une qualité !
Ce qui va déterminer sa capacité d’ouverture est l’équilibre d’un esprit clair (et qui sait parler quand c’est utile) et d’un lâcher-prise salvateur.
Bonne pratique à tous et que votre esprit reste ouvert.
lundi 17 octobre 2011
SECRET DES IMMORTELS
jeudi 23 juin 2011
La Voie Du Guerrier : un Chemin Royal
À l’origine, la partie physique de la Voie ne possède qu’une petite partie dédiée au combat : en revanche, la façon de travailler est très différente de ce qui se voit dans les arts martiaux traditionnels.
Dans les arts martiaux que l’on peut croiser dans notre monde moderne, il y a :
- le travail des positions de bases,
- l'apprentissage des frappes de base,
- le travail technique seul et à deux,
- le combat souple et libre.
Dans ma tradition, les exercices de combat et la recherche sont antérieurs à la mode des formes chorégraphiées de combat, des « kata » et autres.
Nous utilisons pourtant, pour la formation des débutants, ces techniques.
C’est aussi une façon agréable de se détendre par des gestes d’inspiration martiale.
Maintenant il y a le vrai combat, le moment où il faut se défendre et ne pas prendre de risques, respectant le précieux de sa vie et les responsabilités que l’on peut avoir envers sa famille : perdre n’est pas une option.
Dans ces cas-là, extrêmes, mais tellement réalistes dans notre monde en mutation, il faut rester beaucoup plus pratique grâce :
- au travail de la peur et de l’intention,
- au travail des impacts et de la force brute,
- et à tout le reste (techniques, vitesse, déplacements).
La première chose dans le combat c’est : « y aller ou pas ».
Tant que mon esprit et mes émotions me paralysent ou me forcent à une analyse profonde au lieu d’agir… rien n’est possible !
Bien entendu, il n’est pas question de se transformer en brute idiote qui frappe sans raison ; au contraire, il est important de mettre en place des valeurs et des limites après lesquelles il est temps d’agir.
Les entrainements de ceux qui ont choisi les « arts de combat » vont beaucoup aller chercher nos peurs, nos fantasmes.
C’est très dur et je suis toujours épaté par la force de caractère des gens que je croise : je me rappelle à quel point ce fut difficile pour moi aussi.
Quand on travaille l’aspect mental, psychologique, il est bon de commencer à travailler la force.
C’est une force d’impact qui nous intéresse, une force pour faire passer trois genres de qualités :
- la lourdeur (qui fait peur à celui qui la reçoit),
- la pénétration (une qualité d’étrangeté),
- la séparation (pour casser, détruire).
Il faut donc passer du temps non seulement à s’entrainer, mais aussi à subir les moments d’entrainements de ses « frères d’école ».
Le professeur ne montrait autrefois les frappes (en les démontrant) qu’aux élèves à qui il acceptait de transmettre.
C’est autre chose que de répéter des mouvements dans le vent.
De plus, dans l'ensemble et pour la plupart d'entre nous, ça ne sert pas à grand chose dans notre monde moderne et paisible.
Le reste du travail, c’est le travail des arts martiaux habituel : formes, exercices, techniques et « lutte ».
En quelque temps, le corps change visiblement et les qualités de combat vont rendre la technique obsolète.
Mais en quoi cet enseignement a sa place aujourd’hui ?
Le dépassement de soi, de ses peurs et la capacité à être conscient de ses actions est la recherche principale de toutes les traditions d’évolution personnelle : les arts de combat c’est exactement ça !
C’est une confrontation à ses peurs les plus fondamentales et un développement de l’attention, avec en plus, une sensation de sécurité dans un corps plus fort.
Le niveau de stress pour un pratiquant de la voie guerrière n’est pas le même que chez les autres gens : il est donc capable de gérer le stress et le conflit avec beaucoup de tact.
Tous ceux qui ont tenté de suivre cette voie difficile en sont satisfaits… C’est toujours un plus de se dépasser et de laisser derrière soi les fantasmes de ses force et de ses faiblesses.
Se connaître, mais par le corps et ses capacités cachées : ne plus avoir peur, savoir se défendre physiquement et psychologiquement.
Ayant été un enfant fragile, maigrelet et faible, je vois aujourd’hui que les exercices énergétiques m’ont donné la santé, mais les arts de combat m’ont donné la force et l’assurance qui me permettent d’enseigner ma tradition aujourd’hui.
Ceux qui ont peur devraient tous passer par les arts de combat, mais ce n’est possible que si on en a envie : il ne faut pas se forcer, il faut accepter qu’il n’est pas toujours temps de faire cette recherche.
Dans le monde d’aujourd’hui, avec ses forces et ses limites, la culture d’une force intérieure est vraiment nécessaire… mais pourquoi ne pas y rajouter la force extérieure ?
Plus fort, sans anxiété dans les rapports avec les autres, il est plus facile de communiquer et d’échanger.
Sachez que tout le monde à sa place dans cette voie guerrière et que personne n’est trop faible, trop léger ou trop vieux.
La seule chose à prendre en compte est la volonté, le plaisir de se confronter aux autres pour se connaître soi-même : sans cette envie, il ne faut pas le faire.
Il ne faut pas non plus confondre le goût des arts de combat ou son absence de goût pour cela avec la peur que l’on peut ressentir : si c’est de la peur qui limite ma recherche, alors il faut foncer.
« Aller vers ce qui fait peur, le reste est ennuyeux » disait Trungpa.
mercredi 1 juin 2011
Affiner l’Esprit pour voir la Magie
La raison, l’intellect, ayant pris le pouvoir depuis le 18ème siècle, il ne reste plus beaucoup de place pour les superstitions et les histoires de fantômes.
Mais en même temps, l’intuition et la communion avec le monde sont plus rares, voire absentes de notre vie : nous ne savons plus regarder les signes de la vie ni les messages du monde.
Est-il possible de continuer à vivre notre vie moderne tout en retrouvant une part de sacré, de magie ?
Le sacré est une notion qui permet de séparer l’ordinaire et l’utilitaire de ce qui est « autre chose », non rationnel.
Ce n’est pas seulement religieux, mais aussi mystique et traditionnel.
Le magique, c’est l’utilisation par l’intention, des énergies du monde, dans le cadre de son attention.
Ce n’est rien d'autre qu'agir parfaitement dans la Conscience.
N’ayant que peu de rapport au sacré, nous oublions une partie de notre humanité : le plus Grand, la partie infinie de notre Conscience.
Par la pratique, nous ritualisons une partie de notre quotidien, pour la faire doucement déborder sur notre vie.
Mais nous donnons souvent à la pratique, à ces moments particuliers, une valeur qui n'est pas la vraie : quand nous pratiquons, quand nous quittons le mondain pour entrer dans cet espace de travail, nous sommes dans le "sacré".
Dans la prise de conscience des phénomènes énergétiques, dans l'attention au souffle, écoutant les émotions ou regardant son esprit, nous sommes réellement dans une contemplation profonde de notre globalité corps/esprit.
Nous sommes là, dans la pratique quotidienne, dans un espace "Magique", un temps qui sort du reste de la vie et qui est entièrement sujet à son intention par son attention.
Mais la réalité de cette "magie" n'existe que si on en prend conscience : la force de notre travail dépend de l'importance qu'on va lui porter.
Si la pratique exerce les énergies les plus fines, mais que le pratiquant n'y met pas un respect particulier, nous sommes là dans le commun (de la pratique).
En pratiquant, dans toutes les facettes de la voie d'évolution spirituelle, l'importance des changements dans notre vie va dépendre pour une bonne part de l'importance que nous donnons à celle-ci.
Regardez comme certains de vos objets, de vos possessions, ont une importance particulière : le tee-shirt spécial, la bonne cravate ou les chaussures du succès...
La force de ces objets dépend directement de la passion de "dévotion" que vous leur donnez : vous pouvez faire la même chose avec tous les aspects de votre vie.
L’encens qui brûle avant la pratique, le respect au professeur quand vous arrivez, la tenue que vous portez pour la pratique... tout cela est une façon de ritualiser la pratique.
Il est important de comprendre que bien souvent, la ritualisation par les artifices est néfaste, car non consciente : mais consciemment fait, c'est un plus.
Il est préférable de ne pas avoir d'artifices externes, mais une présence "modifiée" dans les moments de pratique.
L’intérêt n'est pas seulement que votre pratique va gagner en qualité, mais aussi que votre vie va s'ouvrir aux choses plus fines, aux signes et aux messages du Monde.
Plus vous donnez une place au "sacré", au "magique" plus celui-ci se manifeste dans votre vie.
Attention, l'idée n'est pas du tout de devenir "spiritualo bizarre, avec un zeste d'éthéré", mais juste de savoir profiter de toutes nos capacités humaines disponibles dans notre champ de conscience.
Pour les excès de volatilité, d’instabilité ou de mimétisme, le professeur est là pour vous remettre (rapidement) sur la Voie…
Plus la pratique devient spirituelle, plus les façons de faire doivent être terre à terre, mais plus la pratique est présente dans votre vie et plus cette conscience doit y être aussi.
La pratique n'est pas de la gymnastique, mais si vous la traitez comme telle, elle le devient.
Les exercices de base sont de la gymnastique, mais si vous leur donnez une valeur supérieure par une attention particulière et un sérieux engagé, ils deviennent "autre chose".
Voilà une bonne raison d'arrêter de glousser, de chouiner et de discuter pendant les cours, de se tenir mal ou d'avoir le nez en l'air : ce moment vous donnera ce que vous mettez en lui.
Vous êtes directement responsables de ce que vous allez acquérir dans la pratique : donnez lui sa place, un sérieux, un engagement, et vous allez valorisez ce qui vous est donné.
Le monde d'aujourd'hui n'aime pas le magique, ce qui ne s'explique pas, mais en même temps les recherches les plus poussées dans les sciences les plus pointues nous forcent à regarder l'infini dans les yeux.
Rendons au sacré une place dans notre vie et nous lui redonnerons une place dans le monde.
lundi 4 avril 2011
Chinoiser n’est pas Pratiquer
Il est dit dans la tradition que les êtres humains avaient chacun leur voie : ceux qui étaient à l’orient et à l’occident, ceux qui vivaient sur le vieux continent et ceux qui glorifiaient la raison.
D’après l’enseignement oral, chaque peuple devait suivre sa voie et était imperméable aux autres traditions : en effet, les archétypes et les façons de faire étaient trop différents pour comprendre une voie qui venait d’un autre peuple.
Puis les gens ont voyagé un peu, puis beaucoup et en peu de temps, tout le monde est allé partout.
La mixité des peuples dans tous les endroits du monde a mis en contact des traditions et des gens très différents : dans ces conditions, qui peut apprendre quoi ?
De plus, incapable de se satisfaire de ce que l’on a, un attrait plus important existe pour les enseignements qui ne sont pas « locaux ».
Il y a plusieurs lois pour qu’il soit possible d’évoluer au sein d’une tradition qui n’a pas ses racines dans notre environnement immédiat :
- l’enseignement doit être global,
- l’enseignant ne doit pas être un chercheur sur ce qu’il transmet,
- La Voie doit prendre sens dans notre culture.
L’enseignement doit être global
Dans une tradition qui est globale, la dimension de l’étude est humaine : de là, c’est une voie de l’être humain et elle dépasse le temps et l’espace.
D’où que provienne la tradition, si elle parle de tous les aspects du fonctionnement de l’homme, c’est une voie d’évolution qui fonctionnera pour tous.
Si elle est teintée par sa culture d’origine et qu’elle omet trop de choses par rapport au groupe humain visé et ayant des recherches spécifiques, alors cette voie n’est pas adaptée à tous.
Les enseignements qui viennent de religieux qui vivent isolés du monde sont difficilement adaptables à notre vie survoltée, en rapport constant avec trop de nos semblables.
Les enseignements qui se basent sur la prise d’hallucinogènes, bien souvent illégaux et dangereux, qui proviennent de rites initiatiques uniques, ne doivent pas se transformer en excuses bien faibles pour se « défoncer ».
Ou encore les techniques ésotériques qui sont dépassées par notre évolution humaine : dans une humanité qui se sensibilise à l’écologie et à l’importance d’intégrer les concepts de bonheur et de découverte de soi, il est limité de croire aux licornes et aux baguettes magiques…
Certaines traditions ont aussi grandi dans un but précis qui n’est plus d’actualité : des arts martiaux se voulant non violents dans un monde d’après guerre, des techniques respiratoires qui se basaient sur une ignorance de notre cerveau ou encore des mouvements religieux qui cherchaient une façon de réunir le peuple pour se révolter.
La Voie se doit d’être intemporelle ou chacun se retrouve comme si les mots avaient été écrits pour lui.
L’enseignant ne doit pas être un chercheur sur ce qu’il transmet
S il est très important que le professeur soit toujours en recherche et en évolution, il ne doit pas être pour autant dans le processus de se former dans ce qu’il transmet.
La voie transmise doit être comprise dans son ensemble, profondément, sinon on devient un voleur et un menteur.
La réalité nous montre qu’il est possible de ne rien savoir et de l’enseigner ouvertement, mais ce n’est pas parce que ça existe que c’est acceptable.
Il n’est pas possible de se faire avoir : si on pose des questions, si on essaye et si on regarde l’enseignant, il est assez facile de sentir si oui ou non il est cohérent.
Ne pas connaître un style ou un enseignement n’est pas une raison pour oublier de faire appel à son bon sens commun et aux quelques valeurs que nous avons tous.
La tradition doit être claire, précise et explicable en langage simple : si ce n’est pas possible, alors ce n’est pas compris.
L’enseignant doit avoir fait le tour de ce qu’il enseigne, il ne doit pas être un chercheur mais un pratiquant.
L’idée d’apprendre pour transmettre n’est pas juste : les formations de « futur maitre de la voie » n’ont pas de sens, ce sont des aberrations d’aujourd’hui.
La Voie doit prendre sens dans sa culture
Il est idiot de devoir se transformer pour entrer dans une voie, de devoir apprendre une langue ou s’habiller bizarrement : la Voie va nous transmuter dans notre état naturel.
Si on se sent obligé d’imiter une autre tradition pour mieux comprendre sa voie, celle-ci n’est pas globale ou celui qui le fait est un paresseux : en effet, un des aspects de la paresse est de singer pour ne pas avoir à faire, d’imiter pour créer un personnage spirituel au lieu de s’exposer réellement à une transformation.
S il est intellectuellement intéressant de se poser des questions culturelles et historiques sur sa tradition, le besoin de s’immerger pour pratiquer n’est pas juste.
Tous les mots, toutes les notions et tous les exercices doivent pouvoir avoir un sens dans sa tradition et sa culture, dans sa langue d' origine.
Il est important de pouvoir expliquer clairement à un néophyte les buts et recherches de sa voie, sans avoir besoin de se servir de mots spécifiques ou de concepts absents dans le sens commun de son interlocuteur.
Attention aux voies qui vont vous faire perdre du temps, au besoin de s’habiller en orange, au salon qui fume a cause de l’encens, la vie n’est pas infinie et la voie est longue : nous sommes sur une longue route, un chemin montant, poursuivi par les ombres qui peuvent nous rattraper…
Bonne pratique à tous, quelque soit votre Voie.
mercredi 30 mars 2011
« Sortir de la torpeur » : Trois Consignes Simples
Nous avons l’habitude de vivre avec la peur et nos décisions virevoltent autour de celle-ci : nous sommes victimes d’une stratégie de l’échec où nous prévoyons toujours le pire et le négatif (sinon nous demanderions plus souvent des augmentations, nous sauterions davantage en parachute ou nous parlerions plus facilement à cette personne qui nous plait tant…).
La Pratique aussi est attachée à cette peur de l’échec : nous avons peur et ça ralentit notre évolution.
Si seulement il nous était possible de sortir de cette angoisse de ne pas réussir ou de cette terreur de nous transformer vraiment…
Et bien, bonne nouvelle, ça l'est !
Cela demande seulement trois choses :
- S’engager dans une pratique sans attente,
- Communiquer honnêtement avec l’enseignement,
- Être cohérent dans l’ensemble.
Le plus difficile et le plus simple : s’engager dans une pratique sans attente
Il suffit de choisir sa Voie, de prendre les informations, de vérifier régulièrement les informations et de se mettre au travail.
Vous me direz là que c’est ce que vous faites, vous le bon pratiquant, à part peut-être le fait de s’assurer que l’on est vraiment sur la Voie et pas sur Sa voie.
Et bien regardons encore ce qu’il est besoin de faire :
« Il suffit de choisir sa Voie, de prendre les informations, de vérifier régulièrement les informations et de se mettre au travail. »
Il n’est pas fait mention ici de critiquer les autres, de vouloir les copier, de se "vautrer" dans l’envie ou de "chouiner" parce qu’on n’y arrive pas !
Il n’y a rien qui parle d’obligation de temps ou de résultat, de secrets et de non dit. Rien n’indique le besoin de se disperser ou de mélanger.
Et en regardant d'un peu plus près, rien ne dit d'étaler ses besoins de reconnaissance ou de sécurité ou encore d’impressionner et de frimer.
En se penchant sur les détails, rien n’invoque le besoin de prétendre ou de mentir, de flouer ou de "glander".
Non, on évoque simplement là un besoin de travail en fonction d’informations comprises et régulièrement vérifiées.
Trop facile !
Ensuite vient : « Communiquer honnêtement avec l’enseignement ».
Il est important de souligner ici l’adverbe « Honnêtement » et de s’arrêter là…
Peut-être qu’un rappel de l’idée de communication est important aussi : il y a deux chemins dans la communication ; un qui va de nous vers l’autre et, normalement, un retour aussi conséquent.
La communication ne doit pas se confondre avec le monologue, qui ne se fait que dans un seul sens (qu’on en soit conscient ou pas.)
La communication est verbale, mais aussi à tous les niveaux de l’échange ; du plus mondain et pratique au plus subtil : encore une fois, ça doit être dans deux sens.
Et nous finirons sur : « être cohérent dans l’ensemble ».
Même si nous sommes ici dans la répétition, il faut vraiment comprendre l’importance du retour sur investissement : vous ne pourrez recevoir de votre Voie que l’importance que vous y mettez.
Le « sacré » dépend de l’intention, le « magique » aussi.
La Pratique ne donne que les fruits de votre travail, le vrai travail.
De plus, l’importance proclamée de l’enseignement doit aussi se manifester dans le réel et l’action, pas seulement dans l’égoïsme et la protection de soi.
Il est impensable d’aller réclamer à la banque un million d’euros si vous n’y déposez jamais rien. Il est aberrant de demander un service à quelqu’un envers qui on n’est pas respectueux de la même façon que vous n’auriez pas l’idée d’attendre une solution d’un livre que vous n’avez pas lu.
Et bien la Pratique c’est pareil !
Si vous faites tout pour aller dans le sens de ce que vous avez compris de la Voie, votre vie sera transformée et les changements du monde seront sur mesure.
Si vous en faites seulement un peu, parce que « c’est compliqué » ou que « c’est difficile » ou « qu'on ne fait pas toujours ce qu’on veux » (mon préféré), ; alors vous récupérerez une connaissance superficielle et peut-être un t-shirt.
Si en plus vous n’avez pas confiance, d’une façon ou d’une autre, la Voie devient impraticable.
Dans un monde où l’information est partout et où il est possible de tout savoir sur tout, il n’y a pourtant pas plus de pratiquants.
Dans les temps anciens, où tout était caché, il n’y avait pas moins de pratiquants.
Aujourd’hui il y a l’information, mais les gens ne veulent plus pratiquer, alors que dans le passé, les gens voulaient l’accès à la connaissance, mais l’enseignement était rare.
Pratiquants d’aujourd’hui, vous avez une grande chance d’être sur une Voie d’évolution de l’être : nous sommes dans un moment de changement qui en a besoin, mais la réussite de votre progression dépend de ces Trois Consignes Simples.
Voilà de quoi aller dans le sens du printemps…
mardi 22 mars 2011
“Fais ton ami de ce qui est le meilleur en Vertu”
Bien souvent, nous connaissons mieux les défauts que les qualités, nous connaissons les « péchés capitaux », mais pas les vertus.
Si les défauts capitaux, ceux qui donnent naissance à tous les états émotionnels pathologiques, doivent être surveillés, le plus efficace est de se focaliser sur les vertus correspondantes.
En faisant attention à son comportement, en comprenant ce que l’on cherche, il sera facile de fonctionner mieux et de façonner un monde plus agréable.
Quand on regarde les stoïciens, de Zénon à Marc Aurèle, l’enseignement « sous le portique » prône les vertus comme source du bien vivre ensemble, mais aussi du bien vivre sa vie.
La dérive morale, plus pour le bien de la société que comme accomplissement personnel de Kongfu Zi, illustre la limite de l’enseignement des vertus : si c’est seulement « parce qu’il faut », la perte du développement personnel laisse place à une façon de contrôler le peuple.
Lao Zi, Zhuang Zi et Lie Zi conseille les vertus comme accomplissement personnel, comme imitation de « la Voie du ciel », pour s’approcher du plus grand et faire évoluer le monde.
La chrétienté parlera des 7 vertus, théologales et cardinales, divines et morales, mais dans le but d’éviter l’enfer…
L’idée, dans la prise de conscience de ces vertus, est de se comporter plus justement pour que le monde autour de soi devienne plus harmonieux, plus en résonance avec ce que nous sommes vraiment.
Les vertus sont liées aux « Ombres » et permettent de s’en détacher.
Dans l’association des parties de l’esprit, des défauts et des vertus, nous avons un mode d’emploi pratique pour vivre sa vie le plus joyeusement possible dans un effort de progression. La relation avec les hexagrammes du Yi Jing et les pratiques de l’école nous guide avec plus de précision.
L’esprit équilibré, centré et apaisé nous amène à une vie plus disponible pour nos proches et même notre travail.
Voyons ces vertus ensemble :
Fides
C’est ce qu’on peut voir devant soi, ce qui est la croyance de notre perception. C’est le « Pistis » de Socrate, la partie visible des choses manifestées et source de notre jugement.
Il est important de rester en contact avec la réalité du monde pour ne pas se perdre dans les méandres de notre imagination.
Cette croyance commune, cette perception partagée par le plus grand nombre, nous donne une base commune : même si cette réalité va s’avérer plus fragile qu’au premier abord, elle permet un repère important.
Que le développement personnel soit important ou pas, que la santé soit la motivation ou que la voie soit une expression de ma recherche spirituelle, la réalité du monde est devant nous et nous ne pouvons pas l ignorer.
Pour travailler dans une voie spirituelle réelle, nous devons garder un contact avec le monde dans lequel nous vivons et assumer nos responsabilités : la fuite dans une pratique d’isolation n’est pas une solution, nous vivons dans le monde.
Donc, « fides », c’est être responsable dans sa vie de tous les jours pour pouvoir se consacrer aussi au spirituel : c’est la racine de mon incarnation qui me permet une élévation.
Pour être un être humain complet, dans le monde d’aujourd’hui, il est important de s’assumer et de regarder le monde comme on regarde le ciel.
Négliger le réel est trop souvent une fuite ou un abandon, par faiblesse ou par peur, mais qui ne peut pas aller vers un équilibre profond de l’être.
Spes
Comprenant le monde, à l’image de la « Voie du ciel », il nous est possible de savoir que tout va bien se passer.
C’est loin de l’espoir malade, cette « peur qui a mal tourné » disait Trungpa, mais plus proche de la constatation par espérance.
Ayant en mémoire les moments pénibles de ma vie, il est possible de réaliser que tout va mieux : le monde va dans le bon sens, dans le sens de la résolution des déséquilibres : en revanche, parfois, la résolution des déséquilibres peut être abrupte.
Spes, c’est la clarté de l’esprit entrainé : il voit que les changements du monde portent l’homme vers une résolution des problèmes, vers une évolution dans un sens positif.
Plus nous constatons les possibilités de notre esprit et la cohérence du monde, plus nous pouvons adhérer au fait que « tout va bien se passer ».
Les stoïciens disent que « l’espérance est un désir qui ne dépend pas de nous », que c’est un désir dirigé vers les changements du monde pour une réalisation.
Aristote parle de « Spes » comme la réalisation de celui qui connaît le monde, la clarté de l’esprit montre la voie d’un monde juste : la justesse est-elle la réalité ou le résultat du comportement du chercheur ?
Spes, c’est la confiance dans la Voie du Ciel ou tout va dans le bon sens, c’est aussi l’abandon dans sa voie et dans sa vie, l’acceptation de ce qui est et la réaction contre ce qui peut se changer.
Caritas
Par reconnaissance de soi dans l’autre, c’est une vraie volonté d’aider l’autre par égoïsme.
Nous sommes ici loin de la compassion, « cum patior » ou « je souffre avec », qui est l’idée de partager tendrement les malheurs avec les autres : nous souhaitons aller bien avec les autres.
Nous parlons ici de la capacité d’agir justement par une vision de sa nature, de ce que nous sommes vraiment.
Cette réalisation de notre voie nous guide vers une direction pour notre vie : c’est ensuite à nous de suivre ce chemin ou non.
Chaque fois que nous suivons notre nature, que nous allons dans le sens de ce que nous avons compris de nous- mêmes, nous allons dans le sens de Caritas.
Caritas est aussi dirigé vers nous : nous devons nous respecter dans nos choix, ne pas aller dans le sens inverse aussi bien avec nous-mêmes qu’avec les autres.
Pythagore dit dans ses vers dorés :
« Et ne pratique de chose honteuse jamais, ni avec un autre, ni en particulier ; Mais plus que tout respecte-toi toi-même. », c’est Caritas !
Le respect de sa vie et des autres, comme une partie de nous, c’est la liberté de s’exprimer justement dans la vie : prendre la place qui nous revient sans empiéter sur celle des autres.
Suivre les signes de la vie, accepter d’écouter ce qui est au plus profond de nous et se fondre dans les changements du monde, voilà comment agir pour façonner une vie qui va laisser de la place pour la transmutation que cherche le pratiquant.
Caritas est agir en fonction de ce que l’on a compris de sa vie et de son être : il est important de réfléchir avant de s’emporter dans des actions sans direction.
« Ne fais rien de ce que tu ignores, mais apprends tout ce qu'il te faut et c'est la plus agréable vie qu'ainsi tu passeras”, nous rappelle encore Pythagore.
Fortis
Nous sommes ici dans la force, le courage de faire dans le monde. Accomplissement que nous cherchons, c’est agir dans le sens de nos valeurs, défiant les limites imposées par le monde.
La reconnaissance de ce qui est juste est mise en mouvement par notre force intérieure.
Cette force d’action va nous permettre d’agir dans le monde et de faire progresser la Voie au sein de nos groupes : c’est notre contribution au monde.
Nous sommes là dans l’importance de faire si nous le voulons, pas seulement de prévoir de faire.
« Habitue-toi à mener un genre de vie pur, sans mollesse”, Pythagore le dit : sans mollesse, avec un passage à l’action.
Dans le jugement et les fantasmes, nous pouvons nous retrouver à prévoir et à construire, sans vraiment faire quoique ce soit.
Passer à l’acte, agir, sans avoir peur du monde, confiant de notre propre force et de la justesse de nos valeurs.
Une des meilleures manières de calmer l’esprit, c’est de passer à l’action le plus vite possible après chaque planification : en permanence en action, l’esprit s’apaise.
La peur est aussi une limite à l’action : en effet, c’est l’anxiété de notre faiblesse qui nous limite dans nos gestes.
Pour dépasser nos peurs et aller dans le sens de notre recherche de perfection, il est nécessaire d’agir, de manifester notre intention.
Fortis nous permet de nous réaliser dans la réalité et de ne pas seulement penser, mais aussi d’agir : cette action est l’effort que nous devons faire pour être vrais dans nos propos.
Temperantia
« Appliquez vous à garder en toute chose le juste milieu », cette recherche de l’équilibre permet de ne pas se perdre dans l’excès. Kongfu Zi, comme Pythagore et Aristote, nous encourage à ne pas nous emporter, en rien, pour conserver notre force au centre.
Perdre son centre, « s’émouvoir » du latin emovere, c’est se laisser déborder par les émotions.
S il est important de vivre pleinement ses émotions, il est nocif et dangereux de se laisser chambouler par celles-ci : c’est la cause la plus importante de maladie interne dans la médecine taoïste et chinoise.
Pour combattre « hubris », la démesure, les anciens philosophes grecs nous conseillent la tempérance comme qualité première.
Les vers dorés nous disent « habitue-toi à maîtriser celles-ci : l'estomac tout d'abord et le sommeil ainsi que la sexualité et l'emportement », voilà pour les conseils de tempérance.
Le Tao nous enseigne de ne pas avoir de limites, mais que cette absence de limite soit équilibrée… voilà de quoi occuper celui qui veut saisir ces concepts par l’esprit mental.
Tout est bon et rien ne se juge comme mauvais, mais il faut chercher à trouver un bon équilibre dans nos différentes actions.
Ces actions dépendent directement de nos valeurs d’interaction avec les autres : que ce soit à deux ou à deux mille.
Prudentia
C’est l’arme principale pour atteindre l’ataraxie des stoïciens, l’absence de passions négatives, l’équilibre des émotions.
C’est l’introspection qui va permettre de comprendre, d’assimiler les concepts et de percevoir les actions à entreprendre.
Cette « clairvoyance » permet de comprendre les changements à venir, par la vision claire du moment présent.
Connaissant et appréciant les signes du monde, ayant l’habitude de l’introspection, nous pouvons déduire les changements du monde par notre connaissance du Yi Jing appliqué au réel.
Les passions et les émotions de longues durées ne peuvent nous blesser si nous les voyons arriver : nous devons juste rester vigilants pour respecter cette prudence permanente.
Attentifs à nos perceptions, présents au moment que nous vivons, notre quotidien se transforme sous l’effet de la conscience et nous comprenons les choses du monde.
Cette qualité est la plus facile à comprendre, la plus importante pour le travail quotidien et celle dont nous parlons le plus souvent : attentifs au monde, à nos perceptions et à notre interaction avec les autres, les changements du monde nous sont familiers.
La connaissance de soi, de la voie de l’homme, nous donne une idée de la Voie du ciel : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, nous dit Hermes.
Cette qualité est l’introspection constante et soutenue par notre vigilance.
Sinceritas
L’intégrité de se comporter en parfaite adéquation avec nos valeurs et la perception que l’on a de sa nature profonde.
C’est la planification du passage à l’acte simple du' quotidien, en cherchant à respecter le plus possible l’image idéale de soi, celui que l’on voudrait être.
Nous ne sommes pas là uniquement dans l’intellect, mais nous sommes dans la vision claire de notre idéal par une disponibilité attentive.
Dans la pratique de la voie, il n’y a pas de raison de ne pas faire ce que nous savons juste : le fait de ne pas le faire peut nous amener frustration et irritabilité, mais suivre nos valeurs nous rend disponibles au monde.
Faire ce qui doit être fait, accepter d’aller dans le sens de notre « légende personnelle », c’est se donner la disponibilité pour accueillir les manifestations et les phénomènes.
Nous devons ici développer une capacité à être simplement qui nous avons appris à connaître : moins nous prétendons, plus nous sommes clairs avec nous-mêmes et les autres et plus nous donnons de la place à la lumière pour nous transformer.
Dans cette simplicité vraie, nous ne nous laissons jamais emporter, nous sommes justes et notre monde nous apparaît donc juste aussi.
Justitia
“Suum cuique tribuere”, attribuer à chacun sa part : voilà la vision d’Aristote.
Justitia, c’est l’espace donné à chaque humain de se réaliser, dans la société.
Dans l’idée de la société Socratique parfaite, le groupe s’organise pour fonctionner avec une acceptation des particularités de chacun, mais dans le respect des « lois de la cité », des règles de la société.
Socrate parle de la « justitia » comme la médecine de la société, l’équilibre et l’osmose qui permet de garder la santé des groupes humains.
Pour l’humain il faut respecter les règles naturelles, la chronobiologie et une certaine hygiène de vie et pour la société, il faut accepter les autres, mais dans le respect du groupe et du lieu.
Pythagore : « Ensuite exerce la justice et en acte et en parole et de te comporter en tout sans réflexion ne prends point l'habitude ; Mais sache que mourir est la destinée de tous » : en étant attentif à la réalité, chaque chose se doit d’avoir une place évidente.
Si nous ne prêtons pas trop d’importance à notre ego et à notre recherche de plaisirs ponctuels, nous savons où est la part juste pour chacun.
Laissons chaque chose à sa place et n’acceptons jamais de fermer les yeux sur ce qui n’est pas à sa place : nous savons quand c’est injuste et nous nous devons d’agir si nous le pouvons.
Parfois il est important de s’exprimer pour être honnête dans le monde, c’est un test de nos peurs et une confrontation à une réalité que nous ne percevons pas comme droite.
Apprenons à nous manifester plus dans les moments ou c’est nécessaire, trop souvent nous n’osons pas et c’est là tout le travail.
Nous voilà armés de nombreux efforts à faire en permanence dans notre vie, avec ces informations, il ne nous est plus possible de ne pas faire évoluer notre quotidien.
L’enthousiasme à travailler ces qualités ne se trouve que dans une démarche complète et sous le couvert d’une voie globale, mais nous pouvons tous garder ces informations en mémoire pour vivre plus consciemment.
Travaillons ces qualités pour nous permettre de nous perfectionner et de faire évoluer notre monde dans le bon sens.
