mercredi 30 mars 2011

« Sortir de la torpeur » : Trois Consignes Simples


La Pratique vous rend ce que vous y investissez, l’importance que vous donnez à votre Voie lui donne sa réalité et sa force de transformation. Nous sommes dans une Voie dans la vie, qui ne demande ni isolement, ni souffrance, mais qui demande travail et implication.

Nous avons l’habitude de vivre avec la peur et nos décisions virevoltent autour de celle-ci : nous sommes victimes d’une stratégie de l’échec où nous prévoyons toujours le pire et le négatif (sinon nous demanderions plus souvent des augmentations, nous sauterions davantage en parachute ou nous parlerions plus facilement à cette personne qui nous plait tant…).

La Pratique aussi est attachée à cette peur de l’échec : nous avons peur et ça ralentit notre évolution.

Si seulement il nous était possible de sortir de cette angoisse de ne pas réussir ou de cette terreur de nous transformer vraiment…

Et bien, bonne nouvelle, ça l'est !

Cela demande seulement trois choses :
  • S’engager dans une pratique sans attente,
  • Communiquer honnêtement avec l’enseignement,
  • Être cohérent dans l’ensemble.

Le plus difficile et le plus simple : s’engager dans une pratique sans attente


Il suffit de choisir sa Voie, de prendre les informations, de vérifier régulièrement les informations et de se mettre au travail.

Vous me direz là que c’est ce que vous faites, vous le bon pratiquant, à part peut-être le fait de s’assurer que l’on est vraiment sur la Voie et pas sur Sa voie.

Et bien regardons encore ce qu’il est besoin de faire :

« Il suffit de choisir sa Voie, de prendre les informations, de vérifier régulièrement les informations et de se mettre au travail. »

Il n’est pas fait mention ici de critiquer les autres, de vouloir les copier, de se "vautrer" dans l’envie ou de "chouiner" parce qu’on n’y arrive pas !

Il n’y a rien qui parle d’obligation de temps ou de résultat, de secrets et de non dit. Rien n’indique le besoin de se disperser ou de mélanger.

Et en regardant d'un peu plus près, rien ne dit d'étaler ses besoins de reconnaissance ou de sécurité ou encore d’impressionner et de frimer.

En se penchant sur les détails, rien n’invoque le besoin de prétendre ou de mentir, de flouer ou de "glander".

Non, on évoque simplement là un besoin de travail en fonction d’informations comprises et régulièrement vérifiées.

Trop facile !

Ensuite vient : « Communiquer honnêtement avec l’enseignement ».


Il est important de souligner ici l’adverbe « Honnêtement » et de s’arrêter là…

Peut-être qu’un rappel de l’idée de communication est important aussi : il y a deux chemins dans la communication ; un qui va de nous vers l’autre et, normalement, un retour aussi conséquent.

La communication ne doit pas se confondre avec le monologue, qui ne se fait que dans un seul sens (qu’on en soit conscient ou pas.)

La communication est verbale, mais aussi à tous les niveaux de l’échange ; du plus mondain et pratique au plus subtil : encore une fois, ça doit être dans deux sens.

Et nous finirons sur : « être cohérent dans l’ensemble ».


Même si nous sommes ici dans la répétition, il faut vraiment comprendre l’importance du retour sur investissement : vous ne pourrez recevoir de votre Voie que l’importance que vous y mettez.

Le « sacré » dépend de l’intention, le « magique » aussi.

La Pratique ne donne que les fruits de votre travail, le vrai travail.

De plus, l’importance proclamée de l’enseignement doit aussi se manifester dans le réel et l’action, pas seulement dans l’égoïsme et la protection de soi.

Il est impensable d’aller réclamer à la banque un million d’euros si vous n’y déposez jamais rien. Il est aberrant de demander un service à quelqu’un envers qui on n’est pas respectueux de la même façon que vous n’auriez pas l’idée d’attendre une solution d’un livre que vous n’avez pas lu.

Et bien la Pratique c’est pareil !

Si vous faites tout pour aller dans le sens de ce que vous avez compris de la Voie, votre vie sera transformée et les changements du monde seront sur mesure.

Si vous en faites seulement un peu, parce que « c’est compliqué » ou que « c’est difficile » ou « qu'on ne fait pas toujours ce qu’on veux » (mon préféré), ; alors vous récupérerez une connaissance superficielle et peut-être un t-shirt.

Si en plus vous n’avez pas confiance, d’une façon ou d’une autre, la Voie devient impraticable.

Dans un monde où l’information est partout et où il est possible de tout savoir sur tout, il n’y a pourtant pas plus de pratiquants.

Dans les temps anciens, où tout était caché, il n’y avait pas moins de pratiquants.

Aujourd’hui il y a l’information, mais les gens ne veulent plus pratiquer, alors que dans le passé, les gens voulaient l’accès à la connaissance, mais l’enseignement était rare.

Pratiquants d’aujourd’hui, vous avez une grande chance d’être sur une Voie d’évolution de l’être : nous sommes dans un moment de changement qui en a besoin, mais la réussite de votre progression dépend de ces Trois Consignes Simples.

Voilà de quoi aller dans le sens du printemps…

mardi 22 mars 2011

“Fais ton ami de ce qui est le meilleur en Vertu”


Bien souvent, nous connaissons mieux les défauts que les qualités, nous connaissons les « péchés capitaux », mais pas les vertus.

Si les défauts capitaux, ceux qui donnent naissance à tous les états émotionnels pathologiques, doivent être surveillés, le plus efficace est de se focaliser sur les vertus correspondantes.

En faisant attention à son comportement, en comprenant ce que l’on cherche, il sera facile de fonctionner mieux et de façonner un monde plus agréable.

Quand on regarde les stoïciens, de Zénon à Marc Aurèle, l’enseignement « sous le portique » prône les vertus comme source du bien vivre ensemble, mais aussi du bien vivre sa vie.

La dérive morale, plus pour le bien de la société que comme accomplissement personnel de Kongfu Zi, illustre la limite de l’enseignement des vertus : si c’est seulement « parce qu’il faut », la perte du développement personnel laisse place à une façon de contrôler le peuple.

Lao Zi, Zhuang Zi et Lie Zi conseille les vertus comme accomplissement personnel, comme imitation de « la Voie du ciel », pour s’approcher du plus grand et faire évoluer le monde.

La chrétienté parlera des 7 vertus, théologales et cardinales, divines et morales, mais dans le but d’éviter l’enfer…

L’idée, dans la prise de conscience de ces vertus, est de se comporter plus justement pour que le monde autour de soi devienne plus harmonieux, plus en résonance avec ce que nous sommes vraiment.

Les vertus sont liées aux « Ombres » et permettent de s’en détacher.

Dans l’association des parties de l’esprit, des défauts et des vertus, nous avons un mode d’emploi pratique pour vivre sa vie le plus joyeusement possible dans un effort de progression. La relation avec les hexagrammes du Yi Jing et les pratiques de l’école nous guide avec plus de précision.

L’esprit équilibré, centré et apaisé nous amène à une vie plus disponible pour nos proches et même notre travail.

Voyons ces vertus ensemble :

Fides


C’est ce qu’on peut voir devant soi, ce qui est la croyance de notre perception. C’est le « Pistis » de Socrate, la partie visible des choses manifestées et source de notre jugement.

Il est important de rester en contact avec la réalité du monde pour ne pas se perdre dans les méandres de notre imagination.

Cette croyance commune, cette perception partagée par le plus grand nombre, nous donne une base commune : même si cette réalité va s’avérer plus fragile qu’au premier abord, elle permet un repère important.

Que le développement personnel soit important ou pas, que la santé soit la motivation ou que la voie soit une expression de ma recherche spirituelle, la réalité du monde est devant nous et nous ne pouvons pas l ignorer.

Pour travailler dans une voie spirituelle réelle, nous devons garder un contact avec le monde dans lequel nous vivons et assumer nos responsabilités : la fuite dans une pratique d’isolation n’est pas une solution, nous vivons dans le monde.

Donc, « fides », c’est être responsable dans sa vie de tous les jours pour pouvoir se consacrer aussi au spirituel : c’est la racine de mon incarnation qui me permet une élévation.

Pour être un être humain complet, dans le monde d’aujourd’hui, il est important de s’assumer et de regarder le monde comme on regarde le ciel.

Négliger le réel est trop souvent une fuite ou un abandon, par faiblesse ou par peur, mais qui ne peut pas aller vers un équilibre profond de l’être.

Spes


Comprenant le monde, à l’image de la « Voie du ciel », il nous est possible de savoir que tout va bien se passer.

C’est loin de l’espoir malade, cette « peur qui a mal tourné » disait Trungpa, mais plus proche de la constatation par espérance.

Ayant en mémoire les moments pénibles de ma vie, il est possible de réaliser que tout va mieux : le monde va dans le bon sens, dans le sens de la résolution des déséquilibres : en revanche, parfois, la résolution des déséquilibres peut être abrupte.

Spes, c’est la clarté de l’esprit entrainé : il voit que les changements du monde portent l’homme vers une résolution des problèmes, vers une évolution dans un sens positif.

Plus nous constatons les possibilités de notre esprit et la cohérence du monde, plus nous pouvons adhérer au fait que « tout va bien se passer ».

Les stoïciens disent que « l’espérance est un désir qui ne dépend pas de nous », que c’est un désir dirigé vers les changements du monde pour une réalisation.

Aristote parle de « Spes » comme la réalisation de celui qui connaît le monde, la clarté de l’esprit montre la voie d’un monde juste : la justesse est-elle la réalité ou le résultat du comportement du chercheur ?

Spes, c’est la confiance dans la Voie du Ciel ou tout va dans le bon sens, c’est aussi l’abandon dans sa voie et dans sa vie, l’acceptation de ce qui est et la réaction contre ce qui peut se changer.

Caritas


Par reconnaissance de soi dans l’autre, c’est une vraie volonté d’aider l’autre par égoïsme.

Nous sommes ici loin de la compassion, « cum patior » ou « je souffre avec », qui est l’idée de partager tendrement les malheurs avec les autres : nous souhaitons aller bien avec les autres.

Nous parlons ici de la capacité d’agir justement par une vision de sa nature, de ce que nous sommes vraiment.

Cette réalisation de notre voie nous guide vers une direction pour notre vie : c’est ensuite à nous de suivre ce chemin ou non.

Chaque fois que nous suivons notre nature, que nous allons dans le sens de ce que nous avons compris de nous- mêmes, nous allons dans le sens de Caritas.

Caritas est aussi dirigé vers nous : nous devons nous respecter dans nos choix, ne pas aller dans le sens inverse aussi bien avec nous-mêmes qu’avec les autres.

Pythagore dit dans ses vers dorés :

« Et ne pratique de chose honteuse jamais, ni avec un autre, ni en particulier ; Mais plus que tout respecte-toi toi-même. », c’est Caritas !

Le respect de sa vie et des autres, comme une partie de nous, c’est la liberté de s’exprimer justement dans la vie : prendre la place qui nous revient sans empiéter sur celle des autres.

Suivre les signes de la vie, accepter d’écouter ce qui est au plus profond de nous et se fondre dans les changements du monde, voilà comment agir pour façonner une vie qui va laisser de la place pour la transmutation que cherche le pratiquant.

Caritas est agir en fonction de ce que l’on a compris de sa vie et de son être : il est important de réfléchir avant de s’emporter dans des actions sans direction.

« Ne fais rien de ce que tu ignores, mais apprends tout ce qu'il te faut et c'est la plus agréable vie qu'ainsi tu passeras”, nous rappelle encore Pythagore.

Fortis


Nous sommes ici dans la force, le courage de faire dans le monde. Accomplissement que nous cherchons, c’est agir dans le sens de nos valeurs, défiant les limites imposées par le monde.

La reconnaissance de ce qui est juste est mise en mouvement par notre force intérieure.

Cette force d’action va nous permettre d’agir dans le monde et de faire progresser la Voie au sein de nos groupes : c’est notre contribution au monde.

Nous sommes là dans l’importance de faire si nous le voulons, pas seulement de prévoir de faire.

« Habitue-toi à mener un genre de vie pur, sans mollesse”, Pythagore le dit : sans mollesse, avec un passage à l’action.

Dans le jugement et les fantasmes, nous pouvons nous retrouver à prévoir et à construire, sans vraiment faire quoique ce soit.

Passer à l’acte, agir, sans avoir peur du monde, confiant de notre propre force et de la justesse de nos valeurs.

Une des meilleures manières de calmer l’esprit, c’est de passer à l’action le plus vite possible après chaque planification : en permanence en action, l’esprit s’apaise.

La peur est aussi une limite à l’action : en effet, c’est l’anxiété de notre faiblesse qui nous limite dans nos gestes.

Pour dépasser nos peurs et aller dans le sens de notre recherche de perfection, il est nécessaire d’agir, de manifester notre intention.

Fortis nous permet de nous réaliser dans la réalité et de ne pas seulement penser, mais aussi d’agir : cette action est l’effort que nous devons faire pour être vrais dans nos propos.

Temperantia


« Appliquez vous à garder en toute chose le juste milieu », cette recherche de l’équilibre permet de ne pas se perdre dans l’excès. Kongfu Zi, comme Pythagore et Aristote, nous encourage à ne pas nous emporter, en rien, pour conserver notre force au centre.

Perdre son centre, « s’émouvoir » du latin emovere, c’est se laisser déborder par les émotions.

S il est important de vivre pleinement ses émotions, il est nocif et dangereux de se laisser chambouler par celles-ci : c’est la cause la plus importante de maladie interne dans la médecine taoïste et chinoise.

Pour combattre « hubris », la démesure, les anciens philosophes grecs nous conseillent la tempérance comme qualité première.

Les vers dorés nous disent « habitue-toi à maîtriser celles-ci : l'estomac tout d'abord et le sommeil ainsi que la sexualité et l'emportement », voilà pour les conseils de tempérance.

Le Tao nous enseigne de ne pas avoir de limites, mais que cette absence de limite soit équilibrée… voilà de quoi occuper celui qui veut saisir ces concepts par l’esprit mental.

Tout est bon et rien ne se juge comme mauvais, mais il faut chercher à trouver un bon équilibre dans nos différentes actions.

Ces actions dépendent directement de nos valeurs d’interaction avec les autres : que ce soit à deux ou à deux mille.

Prudentia


C’est l’arme principale pour atteindre l’ataraxie des stoïciens, l’absence de passions négatives, l’équilibre des émotions.

C’est l’introspection qui va permettre de comprendre, d’assimiler les concepts et de percevoir les actions à entreprendre.

Cette « clairvoyance » permet de comprendre les changements à venir, par la vision claire du moment présent.

Connaissant et appréciant les signes du monde, ayant l’habitude de l’introspection, nous pouvons déduire les changements du monde par notre connaissance du Yi Jing appliqué au réel.

Les passions et les émotions de longues durées ne peuvent nous blesser si nous les voyons arriver : nous devons juste rester vigilants pour respecter cette prudence permanente.

Attentifs à nos perceptions, présents au moment que nous vivons, notre quotidien se transforme sous l’effet de la conscience et nous comprenons les choses du monde.

Cette qualité est la plus facile à comprendre, la plus importante pour le travail quotidien et celle dont nous parlons le plus souvent : attentifs au monde, à nos perceptions et à notre interaction avec les autres, les changements du monde nous sont familiers.

La connaissance de soi, de la voie de l’homme, nous donne une idée de la Voie du ciel : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, nous dit Hermes.

Cette qualité est l’introspection constante et soutenue par notre vigilance.

Sinceritas


L’intégrité de se comporter en parfaite adéquation avec nos valeurs et la perception que l’on a de sa nature profonde.

C’est la planification du passage à l’acte simple du' quotidien, en cherchant à respecter le plus possible l’image idéale de soi, celui que l’on voudrait être.

Nous ne sommes pas là uniquement dans l’intellect, mais nous sommes dans la vision claire de notre idéal par une disponibilité attentive.

Dans la pratique de la voie, il n’y a pas de raison de ne pas faire ce que nous savons juste : le fait de ne pas le faire peut nous amener frustration et irritabilité, mais suivre nos valeurs nous rend disponibles au monde.

Faire ce qui doit être fait, accepter d’aller dans le sens de notre « légende personnelle », c’est se donner la disponibilité pour accueillir les manifestations et les phénomènes.

Nous devons ici développer une capacité à être simplement qui nous avons appris à connaître : moins nous prétendons, plus nous sommes clairs avec nous-mêmes et les autres et plus nous donnons de la place à la lumière pour nous transformer.

Dans cette simplicité vraie, nous ne nous laissons jamais emporter, nous sommes justes et notre monde nous apparaît donc juste aussi.

Justitia


“Suum cuique tribuere”, attribuer à chacun sa part : voilà la vision d’Aristote.

Justitia, c’est l’espace donné à chaque humain de se réaliser, dans la société.

Dans l’idée de la société Socratique parfaite, le groupe s’organise pour fonctionner avec une acceptation des particularités de chacun, mais dans le respect des « lois de la cité », des règles de la société.

Socrate parle de la « justitia » comme la médecine de la société, l’équilibre et l’osmose qui permet de garder la santé des groupes humains.

Pour l’humain il faut respecter les règles naturelles, la chronobiologie et une certaine hygiène de vie et pour la société, il faut accepter les autres, mais dans le respect du groupe et du lieu.

Pythagore : « Ensuite exerce la justice et en acte et en parole et de te comporter en tout sans réflexion ne prends point l'habitude ; Mais sache que mourir est la destinée de tous » : en étant attentif à la réalité, chaque chose se doit d’avoir une place évidente.

Si nous ne prêtons pas trop d’importance à notre ego et à notre recherche de plaisirs ponctuels, nous savons où est la part juste pour chacun.

Laissons chaque chose à sa place et n’acceptons jamais de fermer les yeux sur ce qui n’est pas à sa place : nous savons quand c’est injuste et nous nous devons d’agir si nous le pouvons.

Parfois il est important de s’exprimer pour être honnête dans le monde, c’est un test de nos peurs et une confrontation à une réalité que nous ne percevons pas comme droite.

Apprenons à nous manifester plus dans les moments ou c’est nécessaire, trop souvent nous n’osons pas et c’est là tout le travail.

Nous voilà armés de nombreux efforts à faire en permanence dans notre vie, avec ces informations, il ne nous est plus possible de ne pas faire évoluer notre quotidien.

L’enthousiasme à travailler ces qualités ne se trouve que dans une démarche complète et sous le couvert d’une voie globale, mais nous pouvons tous garder ces informations en mémoire pour vivre plus consciemment.

Travaillons ces qualités pour nous permettre de nous perfectionner et de faire évoluer notre monde dans le bon sens.

mercredi 16 mars 2011

Les Chemins de l’Ombre




Il est utile de savoir regarder les différentes traditions si on est maitre de la sienne ou au moins un expert dans l’enseignement que l’on suit.


Les qualités à travailler, la recherche de perfection, ont toujours demandé chez l’Humain, les mêmes efforts.


Regardons par exemple les sources d’émotions négatives chez Evagre (4em siècle), qui reprend l’enseignement d’Origène (autour de 200AD), mais aussi l’école de Pythagore (500 BC) ou de Lu Yan (600 BC).


Il y a 8 sources de « Passions négatives » :


  • Ira (la colère)
  • Invidia (l’envie)
  • Superbia (l’orgueil)
  • Tristitia (la tristesse)
  • Gula (la gourmandise)
  • Somnia (le rève)
  • Fornicatio (la luxure)
  • Acedia (la Paresse)


Ces émotions sont à l’origine des autres sentiments négatifs, il sont l’origine dont les autres passions découlent : de là leur noms « caput », la tête.


Ainsi ces « péchés » capitaux ne sont pas fonction de leur gravité, mais de leur indentification comme cause originelle : à ne pas confondre avec les péchés mortels et véniels.


Les « poisons de l’esprit » ou les « gui » sont aussi une vision de ces 8 défauts originaux qui sont à l’origine des autres.


La compréhension du mécanisme de ces émotions, par une étude et une expérimentation personnelle, va nous permettre de dépasser nos comportements pathologiques.


Ira : la colère


La colère est une émotion qui vient de la frustration de ses pulsions et de l’impossibilité de réaliser ses attentes.


La blessure qui découle de cette frustration va révéler une émotion négative violente qui peut être exprimée ou pas : la colère s’exprime ou se réprime.


Les modifications physiologiques sont néfastes à long terme et sont dangereuses si nous y sommes régulièrement confrontés.


Augmentation du rythme cardiaque, afflux sanguin vers le haut du corps (la tête entre autre), amplification de l’activité respiratoire et une contraction incontrôlable des muscles du corps qui créent des tensions à tous les niveaux (poings qui se crispent, mâchoires serrées,...)


Limitant l’humain dans son écoute du monde et des autres, la colère empêche d’appréhender la réalité et nous fixe sur des préoccupations égotiques.


Il devient impossible de savoir quoi faire ou comment agir, notre seule obsession étant la résolution de la frustration qui nous cause cette souffrance.


Aristote nous dit que la colère est une des 7 causes de toute action humaine et que c’est la pire des façons de faire : la colère étant parfaitement imperméable à la raison.


Les stoïciens considéraient la colère comme une folie passagère ou l’on devenait quelqu’un d’autre.


Pythagore nous met en garde contre l’emportement, un des quatre dangers majeurs à réguler.


Pour dépasser ce « poison de l’esprit », il est important de se questionner sur la direction que doit prendre sa vie : dans une idée plus claire des buts de sa vie, par une vision réelle de sa place dans le monde, le sens de l’humour Cosmique nous garde de l’emportement.


Instruit, par introspection, sur sa vraie nature, son chemin de vie, la colère est bénéfique parfois pour se révolter contre l’injustice, contre l’inacceptable : c’est une colère directive et réactive en fonction de ses valeurs, c’est de l’indignation.


La colère peut être yin ou yang, passive ou active, exprimée ou rentrée : plus elle est yin, plus elle fera souffrir le corps ; plus elle est yang, plus l’esprit sera obstrué.


Invidia : l’Envie


L’envie est une émotion négative qui est une volonté de posséder ce qu’un autre possède ou au moins que l’autre perde ce qu’il a que nous désirons.


C’est une comparaison avec l’autre, une impossibilité de se connaître clairement et donc de se projeter dans la possession pour se « remplir ».


Liée à un déséquilibre narcissique, a une mauvaise façon de se voir, de se comprendre, elle est une projection du mental qui découle d’une abominable image de soi.


La jalousie vient de l’envie et ce sentiment compromet la connaissance de soi.


C est une confusion entre l’objet de désir et l’image de soi, le regard vers l’autre et le regard sur soi. L’envie va paralyser son évolution globale en remplaçant l’évolution personnelle par la collection d’objets de substitution.


Aristote dit que l’envie est directement liée à la perception du bonheur affiché des autres (même si celui- ci est faux) et qu il est possible d’y échapper en se focalisant sur soi (en laissant les autres tranquilles).


Par expérience directe, nous cherchons à nous connaitre et quand notre mental acceptera ce que nous sentons, alors l’envie disparaîtra.


Superbia : L’Orgueil


Bien loin de la racine latine « prodis », qui rend l’homme « utile » et du vieux français « preux », qui décrit le chevalier courageux, l’orgueil est un sentiment dirigé sur soi : c’est une mauvaise vision de ses qualités et de ses aspirations par la confusion entre fantasmes et actions.


L’orgueil est une perception malade de soi, une perte de réalité à cause d’une différence entre la vision rêvée de soi et le rapport à son ego.


L’ego démesuré influence l’intuition et la perception de soi, la croyance remplace la perception.


C’est aussi la croyance en ses qualités exceptionnelles et en sa différence non ordinaire : une volonté de croire en son destin et en ses capacités magiques.


L’orgueil va nous empêcher de nous percevoir réellement, c’est aussi un mécanisme de défense très puissant pour échapper à la prise de conscience de ses défauts et de ses manques.


Le travail de l’intuition, le fait de laisser de la place aux signes et aux mouvements du monde, tout cela va nous permettre de dépasser notre limitation égotique.


Tristitia : La Tristesse


La tristesse est l’attachement aux choses, l’impossibilité de se séparer et de faire son deuil de la perte.


Dans certaines traductions, la tristesse devient l’avarice : en effet, dans les faits, l’avarice est ce qui cause la tristesse dans la séparation de ses biens.


Cette impossibilité de vivre correctement le partage, la séparation avec ses possessions, elle est liée à l’image de son ego et a l’attachement à celui-ci.


La peur de la disparition de son individualité, l’angoisse de ne pas être assez important, nous pousse à amplifier la force de l’ego avec des acquisitions.


Chaque séparation, chaque dépense et chaque partage sont une déperdition de la force de son ego.


La tristesse, même dans le deuil, est bien souvent une émotion très égoïste : nous sommes tristes de ce que l’on ne pourra plus vivre avec l’autre.


La séparation nous diminue, nous nous attristons de la perte que nous subissons.


La prise de conscience de la dissociation de soi et de son ego, l’expérimentation des limites de nos croyances, l’exposition au neuf, tout cela va nous permettre de clarifier notre rapport à ce qui n’est pas nous.


Gula : La Gourmandise


Le problème ici n’est pas le sens moderne de la gourmandise, mais le fait de faire passer le mondain avant l’important.


C’est la perte de repères par l’attrait de ce qui est « sucré », doux et brillant.


Pythagore nous dit « domine le ventre » : c’est l’idée de ne pas être dépendant de ses envies ni de ses pulsions.


L’importance de la satisfaction du corps, dans la nourriture, est souvent une fuite du rapport à soi, une façon de remplir un vide non matériel ou encore un moyen de défense contre l’anxiété.


Ces habitudes alimentaires sont dangereuses pour la santé physique et nous empêche de percevoir la vérité.


Une alimentation névrotique embrume notre esprit et nous oriente vers des choix pathologiques : nous perdons toute disponibilité dans la poursuite de cycles de plaisirs ponctuels.


Somnia : Le Rêve


Somnia représente les fantasmes, les constructions mentales projetées dans le futur ou ancrées dans le passé.


Prenant sa source dans l’imagination et les projections, le bruit du mental nous empêche d’apprendre et de comprendre.


Préférant interpréter plutôt que qu’écouter, supputer au lieu de demander, nous avons une grande capacité à transformer ce que nous percevons.


Tant que le mental n’est pas apaisé, que nous ne connaissons pas le mouvement des pensées, il est impossible d’accéder au réel.


Préférant notre « rêve », nous échappons à la rudesse de l’éveil.


Pythagore et Aristote nous mettent en garde contre l’outil mental : il s’emballe et nous fait croire ce qui est acceptable en chassant la réalité qui dérange.


Par le ressenti et les exercices de méditation, nous calmons l’esprit pour arriver à un silence relatif, à une acceptation de nos mécanismes internes.


Fornicatio : La Luxure


L’énergie de l’acte sexuel est très importante dans les traditions anciennes, il est souvent considère comme un acte sacré.


Le souci, ici, est de ne pas devenir dépendant de la sexualité, de ne pas subir ses pulsions.


Dans la vision taoïste, la sexualité non contrôlée est source de maladie et de faiblesse des reins.


Pythagore le cite comme un des quatre aspects à surveiller pour se distinguer des animaux.


Dans l’arbre de vie de la Kabbale, c’est le premier passage vers une possible évolution spirituelle : rien n’est possible si l’attrait de la sexualité me retient dans le matériel.


Bien souvent, pour une satisfaction de sa sexualité, les valeurs morales volent en éclats et les idéaux sont oubliés.


C’est une force puissante qui doit être domptée pour aller dans le sens de la pratique, pas en opposition.


Cet aspect de nos défauts, très similaire à la Gourmandise, régule notre attachement à notre force instinctive : c’est une façon de ne pas pouvoir échapper à l’importance de notre ego.


Acédia : La Paresse


Il y a deux informations très importantes ici : la paresse vient de l’ennui que nous pouvons éprouver par inconscience et du manque de soin que l’on s’apporte qui crée la perte d’intérêt pour la vie.


Il y a trois sortes de paresses : celle ou nous ne faisons rien, celle ou nous ne nous jugeons pas capables de faire (ce qui nous disculpe de ne pas faire) et la paresse ou nous nous distrayons pour éviter de faire ce que nous devrions faire.


« Akédeo » c’est ne pas prendre soin de soi, le manque d’action et de passage à l’acte dévalue l’estime de soi.


En ne faisant pas, il nous est impossible de valider dans la réalité ce que nous pensons de nous-mêmes.


C’est une source d’anxiété, nos actions sont alors réduites par nos peurs : sans confrontation à nos limites, nous ne pouvons pas nous « dépasser ».


Cette paresse est également le fait de ne pas regarder vers le plus grand : enfermé dans une vision mondaine du monde, sans jamais se poser de questions sur sa vie ou la voie à suivre.


Dans la vision des mystiques de l’ancien monde, vivre sans le divin, accepter de réduire la vie à un passage sur terre sans sens : c’est l’acedie, une vie ou on ne prend pas soin de tous les aspects de l’être, une vie ou on néglige l’âme.


L’attention à la source de l’être, la tentative de comprendre sa réalité complexe, c’est la disparition de l’ennui et la prise de conscience de sa partie absolue.


Par l’ouverture de la Porte de la Vie, foyer inférieur de la Vallée de l’Esprit, la partie cachée de son Essence, nous allons vers la réalisation de notre vraie nature.


Notre idée est de comprendre nos défauts pour nous confronter à nos limites.


Nous pouvons consciemment corriger notre comportement jusqu'à ce que celui-ci se stabilise dans une nouvelle façon d’être : ces efforts nous mènent vers une transformation profonde vers l’absolu de ce que nous pouvons devenir.


Nous ne pouvons ignorer nos actions, nous nous voyons faire : si nous entreprenons de travailler constamment, la transformation sera là.


La réalisation de « l’être accompli » demande une focalisation sur ce qui est négatif pour le corriger, le rectifier, puis une concentration sur ce qui est positif, nos valeurs et qualités.


Nous allons dissoudre ce qui s’est installé par habitudes et ensuite nous reconstruire dans une conscience ciblée sur les qualités de notre idéal.


Nous verrons les 8 vertus la prochaines fois.






mardi 1 mars 2011

Si Xiang : Les Quatre Aspects de la Voie Spirituelle


L’entrainement des quatre aspects spirituels est une méthode traditionnelle d’explication de l’Accomplissement Kan-Li, une des 3 étapes de la réalisation spirituelle Taoïste.

Les quatre aspects sont :

Initiation – Purification – Renaissance – Accomplissement
L’entrainement sous entend qu’il existe chez le pratiquant une pratique de Nei Gong (travail interne) ou de la « Voie des Armes » (une pratique de combat sérieuse, pas rituelle).

Ce travail vient après le travail de Nei Dan (Alchimie Intérieure), l’étape finale de développement des qualités de l’esprit.

Dans la réalité de l’entrainement, il est souvent plus juste de tout faire ensemble, le temps étant un facteur pressant.

L’étape du Guerrier des Ombres

C’est le moment de prise de conscience de la Voie à suivre ou du besoin de suivre une voie. Un contact, une rencontre, tout est bon pour générer ce besoin d’aller plus loin, de comprendre sa vie.

Mais ayant réalisé le besoin, peu d’entre nous vont passer à la pratique : nous sommes englués dans nos préjugés et nos habitudes, nos assurances et la grandeur de notre ego.

C’est un combat qui commence, une lutte entre votre envie de franchir le pas et le refus de devenir un « étudiant », d’accepter d’apprendre.

Nous allons lutter avec les Ombres, les aspects les plus agités et les plus lourds de notre être. Il y a de grandes chances de se perdre, de rester dans notre confort et notre illusion de satisfaction.

Cet aspect de la pratique est sous le signe de la Tortue Noire, signe de la terre et de nos supputations maladives.

Une seule chose peut nous sortir de cet état : le passage de la Porte, l’entrée dans une Voie, l’Initiation.

En pratiquant quelque temps, il va être possible d’aller plus loin en s’engageant vraiment dans une tradition choisie. Ce n’est pas une obligation, la Voie est aussi une voie de santé et une voie martiale qui ne demandent pas l’ouverture au spirituel.

La Purification qui amène le Tigre Blanc

Le souci avec notre esprit, c’est qu’il est agité et qu’il à échappé depuis bien longtemps à notre contrôle : l’outil est devenu le maitre et le maitre est aux ordre de l’outil.

L’idée même de l’origine de tout, le Wu Ji, c’est l’immobilité et cette parfaite disponibilité à la manifestation créatrice.

Dans nos vies, nous sommes dans tout sauf dans l’immobilité : il est possible en revanche que nous soyons parfois dans l’immobilisme.

Pour avoir accès a cette immobilité, à cette qualité particulière qui est au centre de notre nature profonde, nous devons clarifier et aligner notre quotidien.

Un peu comme un outil qui ne fonctionne pas bien et dont nous ne pouvons comprendre le dysfonctionnement, il est préférable de tout démonter, de tout nettoyer et de tout remettre en place.

Nous sommes donc là dans l’étape de dissection de notre vie : nos actions, nos pensées et nos émotions vont devoir être sous l’éclairage bienfaisant de notre attention.

Le Tigre Blanc n’apparaît que devant la perfection, nous allons donc tout nettoyer, tout reformater, tout étudier pour aller vers cette perfection.

Il est bien écrit de se regarder et de se corriger, soi-même, pas de devenir le petit juge du monde environnant, de donner son avis sur tout et de critiquer les autres.

Dans cette destruction de nos habitudes et l’observation de nos comportements, nous clarifions notre vie.

L’immobilité et la tranquillité vont pouvoir nous transformer.

Chevaucher le Dragon azuré pour Renaitre

Grâce au travail précédent, il se met en place une disponibilité et une tranquillité qui permet de laisser passer l’énergie du Ciel dans notre vie.

Cette exposition à la « Voie du Ciel » va nous transformer doucement et nous permettre de dissoudre les derniers restes de notre ancienne façon de fonctionner.

Par ce travail, nous allons expérimenter régulièrement des états qui nous unissent avec le plus grand, qui transcendent notre Humanité.

Chevauchant le Dragon, nous allons vers le Ciel, mais retournons toujours dans le mondain, après avoir touché des états supérieurs, tirés vers le Sol par nos habitudes et nos croyances auxquelles nous adhérons tellement.

Incapable de renoncer à mon importance et à admettre une autre façon de voir le monde, il m’est impossible de renaitre sans mourir.

Voilà le souci de chevaucher le Dragon, c’est que pour renaitre à autre chose, il faut outrepasser à cette façon de vivre.

L’ennui pour renaitre, c’est qu’il faut mourir.

L’Accomplissement : Gloire du Phoenix Vermillon

Dans le cas ou j’accepte de mourir et que mon exposition à mon attention soutenue est continue, grâce au bain d’énergie constant et ressenti, il va être possible de vivre d’une nouvelle façon.

Renaissant de mes cendres, dans une disponibilité à une énergie équilibrée, avec un équilibre eau – feu dans mon corps/esprit, la réalisation Kan – Li est là.

Nous vivons à ce moment là dans un état différent, en permanence, sans pour autant être absent au monde.

Nous sommes là, présents à nos proches et travaillant avec les autres, mais conscients des différents aspects du monde : unis à la Voie du Ciel.

samedi 19 février 2011

L’Importance du Réel dans l’Immoralité du Mondain


La pratique représente la recherche de soi, dans le monde, en relation avec les autres.

Qu'elle soit religieuse, mystique, philosophique ou athée, la démarche d'introspection, d'observation et d'interaction repose sur un travail sur soi.

Dans l'observation de soi en action, dans son quotidien, il est possible d'améliorer sa démarche chaque jour.

Il est trop rare de se questionner sur la valeur et l'importance de ce type d’enseignement et de recherche.

La pratique dont nous parlons ici est une Voie de vie, adaptée à l'être humain d'hier comme d'aujourd'hui, une Voie qui permet de trouver sa place dans le monde en vivant le plus proche possible de l'idéal que l'on a de soi.

Cette démarche consciente doit être quotidienne, c'est même une recherche de chaque instant.

De nombreuses personnes trouvent cela fastidieux, oppressant, de devoir pratiquer chaque jour, ils veulent plus de liberté et de souplesse.

Ils veulent pouvoir faire ce qu'ils veulent, quand ils le veulent, sans pression.

Ces pratiquants "libres" sont souvent ceux qui se plaignent de la Voie, ceux qui critiquent l'efficacité de la tradition, comme l’ignorant avec un objet de technologie qui le dépasse.

Et il y a ceux qui travaillent et qui se taisent, ceux qui font : ils ne se plaignent pas, ils pratiquent.

Le sacré que vous donnez à la pratique, l'importance que vous accordez, 
c'est la source de ce que vous allez récolter.

Plus vous traitez cette recherche avec discipline et sérieux, plus vous aurez un rendu profond. Il faut être honnête, vous n'aurez que ce que vous y mettez.

Dans le cas ou vous êtes engagés dans une voie qui ne vous correspond pas, dans une tradition qui n'est pas ce que vous désirez, soyez forts :

ARRETEZ TOUT, ARRETEZ VOUS !

Si vous n'êtes pas vraiment honnêtes avec vous-mêmes et avec vos choix de pratique, que croyez-vous que cette voie va vous offrir ?

Il faut aussi voir que vous ne devez pas regarder l'enseignant comme l'exemple de la pratique, il n'est que le vecteur de celle-ci : plus il pratique lui- même, plus vous voyez la Voie a travers lui.

L’expérience du professeur ne le concerne que lui, ses expériences sont les siennes et les copier ne sera d'aucune utilité pour vous.

Votre recherche est sur vous, sur la découverte profonde de votre réalité et de l'observation de votre vie : que croyez-vous découvrir en singeant et en prétendant ?

Soyez dans une recherche personnelle engagée et sincère, avec les autres membres de votre groupe, vous pouvez progresser sans vous soucier des autres et sans vous comparer.

La discipline que vous mettez dans la retenue des jugements, dans l'engagement personnel et dans la gestion des priorités de votre vie vont vous donner le résultat que vous aller obtenir de votre Voie.

Evidemment c'est difficile, bien sur c'est pas facile et heureusement que cela présente un véritable effort : que croyez-vous acquérir sans effort?

Qu’est-ce qui résulte de rien ?... Pas grand chose !

Dans ce temps de changements et de bouleversements, dans cette époque de questionnements et de remise en cause des valeurs, seul le retour sur soi et l'interaction saine avec l'autre peut amener un bonheur durable.

Vous savez ce qui ne va pas, vous pouvez essayer de vous mentir, mais vous savez.

Clarifions notre attitude, rectifions nos actions, acceptons d'être responsables de nos actes et allons vers une Voie qui change notre vie.

Encore une fois, si nous prétendons, nous singeons ou nous mentons, la pratique ne sera que frustrations et temps perdu.

Cette recherche de la compréhension de soi, des autres et du monde est une tendance naturelle de notre nature, une volonté d'aller plus loin pour une conscience de vivre vivifiante.

Encore une fois : vous aurez de votre pratique ce que vous y mettez, vous changerez en fonction de vos efforts, il n'y a pas de magie pour le flémard, pas de transformation pour le touriste.

Choisissez, mais appliquez vos choix : il n'est pas de bon ton de se plaindre si nous sommes à l'origine du manque, de nos maux.

Il y a quelque chose de Transcendant dans la pratique, 
elle peut profondément changer qui on est et comment on vit sa vie, 
mais il faut lui faire une place de choix.

C’est comme un déménageur à qui on ne laisse pas d'espace pour travailler ou à qui on n'autorise pas l'accès à toutes les pièces : il ne pourra nettoyer et vider que ce qu'il aura de disponible.

L’engagement dans une voie est un choix, mais aussi une chance : les pratiques sérieuses sont rares.

Si vous êtes dans une recherche personnelle, pour vous connaitre et vous permettre de mieux interagir avec les autres et le monde, êtes-vous conscients de l'importance de cette démarche ?

Dans ce Monde troublé, il est temps de réaliser l'importance que l'on veut bien donner à sa Voie, à sa vie, pas par la recherche ponctuelle de plaisirs éphémères, mais par la tentative de vivre mieux en construisant un monde meilleur.

En revanche, il est possible de ne rien faire et de se laisser mener par le mondain, de rechercher le brillant, sans aller plus loin... 

mais après il faut accepter ce que la vie nous renvoie.

lundi 14 février 2011

Etre le Faire sans perdre l'Avoir


Accrochez vous ...

Le fonctionnement de notre physiologie possède une facette yin et une facette yang : la structure et la fonction.

C’est pareil pour notre fonctionnement dans la vie, pour nos actions et notre esprit.

Il y a une grande différence entre ce qui est de l'ordre du manifesté et du non manifesté, mais il est parfois difficile de le comprendre.

Nous existons et dans cette manifestation nous agissons, mais il y a une grande différence entre les deux.

Nous avons d'un côté ce que nous sommes, notre être, notre sensation, "je suis" et de l'autre côté nos actions, ce que nous faisons avec notre être.

S'il est possible de se lamenter ou de se conforter dans ce que nous sommes ou pas, rien ne nous oblige à faire ce que nous faisons ou pas : nous sommes responsables.

Nos actions seront directement liées à ce que nous avons et à ce que nous voulons (parce que nous ne l'avons pas).

Ce que nous avons est donc le résultat de nos actions, pas de notre être : il est donc inutile de se plaindre, "nous "ne sommes pas responsables de notre vie, seulement nos actions le sont.

Nos actions ne dépendent pas vraiment de notre être, mais de l'illusion que l'on a de soi... à travers nos actions et nos préjugés.

Nous récupérons ce que nous faisons, même si nous ne réalisons pas toujours ce que nous faisons, englués dans notre inconscience banale.

Ce que nous sommes, profondément, n'est pas souvent en accord avec ce que nous faisons : simplement parce que nous ne nous connaissons pas.

Nos actions ne seront justes que quand nous aurons découvert notre réalité, une capacité d'acquérir ce que nous voulons vraiment, ce dont nous avons besoin.

Cette confusion entre ce que nous sommes et ce que nous faisons est de première importance : elle détermine notre bonheur et notre capacité de réalisation.

Dans cette confusion, nous passons notre temps à agir avec une image de soi déterminée par nos envies d'avoir, envies d'avoir qui ne peuvent être justes puisque basées sur nos actions : un cercle sans fin.

Sans avoir déterminé qui nous sommes, il est impossible de savoir ce que nous voulons, ou ce dont nous avons besoin réellement et donc d'agir juste.

Dans le faire, nous devons en permanence regarder nos actions pour agir en fonction de nos valeurs profondes, qui sont le résultat de la connaissance de soi.

Le soi, la nature est parfaite et immobile : nous ne pouvons rien y faire, "nous sommes" c'est tout.

Cette conscience de soi, cette conscience, devrait déterminer l'action juste.

Le vrai problème est que si nous faisons trop longtemps pour avoir, sans prise de conscience de sa nature, celle-ci s'enfouie de plus en plus dans les méandres de l'illusion.

De plus, il est possible de faire "en copiant " sur une personne parfois juste, parfois corrompue, mais qui nous dirige : une façon de suivre qui nous déresponsabilise et ne nous demande plus d’effort.

L’intérêt de suivre les actions d’un autre ou d’une autre, c’est aussi que nous pouvons rejeter la faute sur un autre que soi : nous n’avons fait que suivre, ce n’est pas notre faute… En fait si, nous sommes responsables de nos actions, même dans la bêtise la plus profonde.

Il va vraiment falloir être attentif au faire et aux objets de mes désirs car ils pourraient bien définir ce que je sais de moi, ce que je crois être : sinon je vais vraiment me perdre et me détourner de ma Voie.

Se connaitre n'est pas seulement révélé par l'introspection, mais aussi par l'observation de ses actions.

Cette observation doit être à l'origine d'une correction quotidienne, d'une tentative réelle d'évolution, d'une rectification de ses actions.

Si nous laissons faire, dans une résignation geignarde, nous nous agitons sans gagner en sagesse et sans évoluer dans notre vie.

Chaque jour, il est bon de penser à sa façon de mener sa journée, par une pratique matinale, et le soir, après sa pratique du soir, il est bon de regarder ses actions et de voir ce qui pourrait être corrigé.

Mais aucune erreur ne doit être oubliée, aucun comportement ne doit rester sans correction : nous sommes là dans un travail externe à la portée de tous.

Cette recherche d'attitude droite dans notre vie va faire notre bonheur... si nous acceptons de ne pas renoncer.

Ce que je vais construire dans ma vie, avec une vision plus claire de ma nature, sera la base d'action juste : les fondations essentielles pour une vie dans la conscience.

Si la recherche de la connaissance de soi par la méditation et l'interne est importante, elle peut être anéantie par une mise en action corrompue.

Cet effort n'est pas insurmontable et nous en ferons profiter notre entourage direct, construisant ainsi un monde meilleur.

Vous pouvez respirer, c'est fini.

vendredi 11 février 2011

Construire l'Interne poursuivi par les Ombres


Suivant la théorie taoïste, nous recherchons trois réalisations profondes qui vont nous transformer pour nous ramener à notre "Unité" naturelle : nous parlerons ici de l'une de ces trois réalisations.

A la création de l'individu, suivant la théorie taoïste, la "porte de la vie" (ming men) est le premier point dans l'espace que va occuper l'être humain.

A la rencontre des jing (essences) des parents, et par la présence d'une étincelle de l'esprit universel (yuan shen), il y a création d'un nouvel être vivant.

De cette "porte de la vie", les axes d'existence se créent : l'axe haut - bas d'abord (chong), puis l'axe devant - derrière (ren et du) et la division horizontale de la ceinture pour finir (dai).

La projection de cette "porte de la vie" sur l'avant du corps est notre centre du bas, "champ d'élixir" (dan tien), quelques centimètres sous le nombril.

Ce centre est un don de notre humanité, un rapport à la terre, à notre manifestation et il constitue la capacité de vitaliser notre corps par la force du Yang qui énergétise notre système corps/esprit.

Qu’on le veuille ou non, qu'on en soit conscient ou pas, ce centre est là, parfaitement développé et disponible.

Si on pose son attention dessus, sans efforts surhumain, la sensation du centre est disponible pour tous, à chaque instant.

La seule attention à ce centre de cinabre permet d'activer une multiplication de la vitalité du corps, de l'énergie de l'être, une réalisation de notre vrai fonctionnement, souvent bloquée par nos fonctionnements malades.

Ce centre est parfait dés le début de notre vie et restera parfaitement ouvert jusqu'a notre mort : en revanche par une attention consciente à celui-ci, il est possible de réaliser cette perfection.

La prise de conscience de la perfection du centre du bas, par une expérience directe d'alchimie interne, donne ce qui se nomme "la réalisation de l'eau et du feu" (kan - li) : il y a 9 étapes de travail, la première étant la respiration consciente avec sensation du Centre (respiration embryonnaire).

C’est un travail précis qui se concocte comme un plat de grande cuisine, ou la technique doit s'apprendre avec détails et dans un ordre précis.

Avec un climat familial serein et plein d'amour, le second centre, celui du coeur, peut se former.

Ce centre du milieu, par rapport à celui du bas, n'est pas formé sans actions internes et externes.

Il va dépendre de l'amour qui nous sera donné et de la capacité de perception de cet amour : il est possible de ne pas sentir les émotions positives de son entourage si certaines émotions nous accablent (peur, colère...).

Notre rapport aux émotions et notre équilibre dans la relation aux autres vont dépendre de ce centre du milieu.

Si le centre du bas détermine notre fonctionnement de base, la fluidité de notre fonctionnement physiologique, le centre du milieu va être responsable de notre vie émotionnelle.

Dans le cas ou nous avons un centre émotionnel handicapé par un passé familial peu ouvert ou une mauvaise perception des émotions à cause de fortes émotions enfantines, il doit être construit avec une introspection de notre fonctionnement interne.

C’est la base de notre caractère et de notre capacité de rapport à l'autre.

Le troisième centre est de l'ordre de l'inconnu pour nous, l'esprit étant dans notre coeur, c'est le rapport à notre réalisation, à l'infini et au mystérieux.

Ce centre n'existe pas vraiment s'il n'est pas construit, il a le nom de "palais pourpre".

Notre but est de construire ce centre qui nous donne un gout de l'infini, mais aussi une connexion avec le mystérieux, avant de retourner à la terre.

Dans les « Annales Magiques des Pourfendeurs de Démons », une ancienne histoire qui parle de Zhong Kui, on décrit la pratique comme une course : le but lumineux devant et la mort qui n’est jamais si loin que ça derrière.

Il dépend de la prise de conscience du centre du bas, par la réalisation de l'eau et du feu, mais aussi l'équilibre des parties de l'esprit par l'ouverture du centre du milieu.

Ce centre permet une vision claire du monde réel et un aperçu du monde invisible.

Ce procédé s'appelle "l'alchimie Interne", construction du "Ling Tai", embryon spirituel, qui va se développer parallèlement à notre vie mondaine, en fonction de notre pratique.

Cette réalisation profonde de notre nature totale est un but important de la Voie ésotérique, mais s'appuie directement sur le travail de base du corps et la capacité de vivre correctement sa vie, dans l’alignement nécessaire.

mercredi 9 février 2011

Imparfait mais Conscient


Combien de fois dans ma vie vais-je dire "je n'ai pas fait exprès" ?

C’est parfaitement pardonnable à 7 ans, un peu moins à 20 ans et après 25 ans cela demande un questionnement.

Pourquoi est-ce-que je fais des choses que je ne voulais pas faire ?

Et bien la réponse est simple : parce que nous ne faisons pas assez attention à nos actions et au monde en général.

Nous sommes trop souvent absorbés par la grande complexité de nos ressassements internes, baignés dans une inconscience gluante et agissant bien souvent à l'encontre du bon sens le plus commun.

Il est possible de trouver des excuses à notre manque d'attention, à nos erreurs, notre mental égotique est très habile à cela.

Cesser de faire n'importe quoi pourrait nous éviter d'exposer notre maladresse, mais aussi éviter de blesser les autres et d'agir comme un Neandertal.

La solution est assez simple : il suffit d'être attentif à son monde et a ses actions.

Facile, non ?

Mais la première qualité qui nous manque pour être attentif en permanence, c'est l'endurance : en effet, notre capacité d'attention est déterminée par notre volonté, mais aussi nourrie par notre force interne, notre vitalité.

Même si nous voulons vraiment rester conscient de notre environnement, de nos actions, il nous faut avoir assez d'énergie disponible pour le faire : regardez comme il est difficile d'être présent quand nous n'avons pas assez dormi.

La deuxième qualité dont nous allons avoir besoin est la volonté, la force de notre intention.

Bien souvent, dans notre quotidien, nous avons tendance à ne pas aller au bout de ce que l'on voudrait faire : nous remettons à plus tard, nous changeons d'avis, nous fuyons devant ce qui doit être fait.

Il va falloir "muscler" notre attention et éduquer notre volonté.

La musculation de l'attention est chose aisée, mais la mise en pratique demande courage et persévérance.

Les exercices sont simples, tout le monde peut les faire... mais personne ne les fait.

Les exercices de focalisation de l'attention sont nombreux, ils vont du simple exercice de concentration jusqu'aux exercices de projection de la conscience.

La volonté d'action, la force de décision, est avant tout une capacité de mise en action de ce qui est planifié : c'est une façon de réaliser ce qui est seulement à l'état de pensée.

Il est étonnant de voir tout ce que nous voulons faire en rapport avec ce que nous faisons vraiment : aisément, nous voyons qu'un effort est possible, surement souhaitable...

Avant de pouvoir travailler tout cela, en entrant dans une pratique sérieuse qui puisse répondre à votre besoin, il est possible de se rendre compte des efforts à fournir : observez toutes les deux heures vos manques d'attention et vos difficultés à agir ou à dire.

Pendant les deux heures suivantes, essayez de faire attention... puis constatez les dégâts deux heures plus tard.

En voyant de manière réaliste votre faiblesse d'attention, vous verrez l'étendu du travail à fournir.

Faites donc attention au bruit que vous faites en vous déplaçant, en mangeant, en ouvrant une porte et en la fermant, aux choses que vous ne dites pas et a celles que vous dites, mais aussi à tout ce que vous n'avez pas fait dans la journée et que vous auriez du faire...

Conscient du monde et des autres, de ses actions et de sa posture, vous allez vers un quotidien conscient qui permet de simplifier sa vie et de ne pas créer de souffrance inutile.

De plus, présent à l'instant, il est plus facile d'être stable physiquement et émotionnellement.

Essayez la conscience, vous ne voudrez plus faire autrement.

lundi 7 février 2011

Debout et Responsable : Droit entre Ciel et Terre

Il y a vraiment un besoin de prendre conscience de ses responsabilités dans notre vie, de ne pas blâmer les autres et de projeter nos faiblesses loin de notre fragile ego.

Nous vivons dans un confort qui peut parfois nous faire oublier la réalité du monde.

La plupart des gens font un peu de sport, au moins pour leur santé, et certains ont une recherche personnelle, un regard d’interrogation sur leur vie.

La pratique personnelle ne demande pas d'être guerrière, c'est un choix personnel.

La vie en générale, pour nous, est paisible, sans vrais dangers.

Mais aujourd'hui, dans notre monde en ébullition, il est important de parler de la violence : elle est là, au coin de notre rue et le fait de ne pas vouloir en parler ne la fait pas disparaître.

Si nous admettons le besoin de se protéger, si nous sentons une certaine insécurité, nous devons nous éduquer sur le sujet, nous devons comprendre cette violence banale de notre quotidien.

Il n'est pas du goût de tout le monde d'apprendre les arts de combat, mais il est le devoir de celui qui sent l'insécurité de savoir se défendre, pour nous et pour nos proches.

Il n'est pas responsable de prendre conscience de ce malaise, de cette angoisse dévorante, sans rien faire derrière.

L’idée n'est pas du tout de se transformer en guerriers du MMA ou en parano urbain comme il y en a trop, mais d'apprendre les règles simples de la violence urbaine.

Nous avons, pour la plupart, (à moins de handicapes graves) les outils et les moyens de nous défendre, ce qui nous manque c'est l'information qui nous permet de ne pas être paralysé dans une situation de confrontation.

La technique de l'autruche, qui consiste à ne regarder que ce qui ne nous gène pas, ne fonctionne pas contre la violence et les ennuis en général.

Il est indispensable de confronter ce qui peut se résoudre et accepter ce qui ne le peut pas.

La recherche personnelle dans une pratique complète donne les informations nécessaires pour survivre à la violence urbaine.

Si nous n’avons pas de pratique personnelle, il est possible de trouver facilement les informations et les enseignements qui répondent à ce questionnement.

La première démarche est psychologique :

Que sais-je des prédateurs urbains, de la violence et de la résolution des situations conflictuelles ?

En connaissant la démarche des agresseurs potentiels, il m'est possible d'éviter la plupart des conflits et des confrontations aux incivilités.

Les méthodes de désescalade verbale et la préparation de mes réponses aux agressions possibles permettent d'éviter une grande partie des soucis.

Une observation accrue de mon environnement, une meilleure attention à mon monde, permettent de rester attentif à ce qui se passe : 100% des victimes de violences interrogées admettent qu’elles ont senti un malaise avant l’incident.

Pour réagir efficacement, il faut avoir pensé à ce qui peut se passer, réfléchir à la stratégie possible dans plusieurs scénarios d’agression ou même en discuter avec des victimes.

Aucune réaction n’est plus rapide qu’une préparation et ce n’est pas au cœur de la situation conflictuelle qu’il est possible de réfléchir.

La deuxième question est physique :

A quel point puis-je me servir de mon corps dans une situation de stress ?

La compréhension des sensations des décharges d'adrénaline, la préparation globale de mon corps à un bon fonctionnement suffisent à bien vivre et à me défendre au cas ou.

Un entrainement régulier de mon corps (dans le cadre d’une pratique de santé) peut occasionnellement prendre une tournure plus combative, pour l'expérience, (chahuter un peu avec des partenaires de pratique, pousser - tirer un peu plus compétitif...)

La troisième question est émotionnelle :

Est-ce que je connais mon niveau d'anxiété et est-ce que je travaille sur ma peur en général ?

Nous vivons bien trop souvent dans une anxiété acceptée comme normale, au quotidien, sans vraie raison.

Notre esprit fonctionne sur un modèle de projection d'échec : nous ne demandons pas d'augmentation à notre patron par peur d'une réponse négative (sinon on le ferait), nous ne parlons pas à la personne qui nous séduit par peur du rejet (alors que ça peut marcher) et nous évitons ce qui est risqué par peur de l'échec (en pensant rarement au succès).

Ainsi, notre vision de la violence est une projection d'échec possible pour nous, une succession de supputations morbides qui ne laisse pas la place à de bons choix.

Regardez comme vous ne vous donnez pas la permission de vous défendre alors que vous défendriez sans y réfléchir votre mère, père, amant ou enfant : vous ne voyez pour vous que le danger et la défaite.

Il est temps d'accepter de se défendre, de ne plus accepter la peur : vous avez la possibilité de ne plus jamais vous sentir une victime.

Cela demande une éducation, une prise de responsabilité devant ce qui peut vous arriver.

En renforçant votre esprit, dans un corps que vous maitrisez mieux, vos émotions sont plus stables : que vous soyez confronté à la violence ou pas, vous vivez mieux votre quotidien, mais aussi dans le rapport avec l'autre.

Encore une fois, cette démarche est la notre : personne ne fera le travail pour nous.

Mais en ayant la grande chance d’identifier un problème avant qu’il ne soit trop tard, pourquoi ne pas essayer de résoudre ce questionnement, pourquoi ne pas faire en sorte de vivre sans avoir peur ?

Malgré tout, il est possible de prendre conscience du travail à faire pour être bien, de savoir que l’on subit une angoisse de la violence banale, mais de ne rien faire par paresse, faiblesse ou résignation.

Dans ce cas là, aucun jugement n'est nécessaire, en revanche il n'est pas de bon gout de chouiner quand les choses vont mal...