Affichage des articles dont le libellé est sagesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sagesse. Afficher tous les articles

mercredi 8 mai 2013

De la Méditation

 Méditation ?


Depuis longtemps, la méditation est dans l'imagerie populaire comme une pratique qui "calme" et qui "détend". On imagine le yogi, à moitié nu, dans la position du lotus, le pouce et le majeur en contact, le regard mou dans l'absolu et en relation avec l'univers… hummmm, ça va pas être facile…

Toute pratique qui se base sur une illusion, une imagerie facile ou des lectures romanesques ne peut être sérieuse. Toute pratique sérieuse se fonde sur une relation avec un enseignement transmis par un professeur. Au cours des cinq dernières années, on a découvert en médecine chinoise un syndrome d'une pathologie nouvelle : le mauvais chi kung et les mauvaises pratiques "new age". Sans maître, par des lectures et des "conseils", les gens s'enferment dans une pratique nocive dont ils n'ont ni les clés, ni les portes.

Avant tout, que se passe-t-il dans la tête du yogi de tout à l'heure ? Dort-il ?

Si la pratique ne fait pas partie d'une tradition, mais reste juste un moyen de se "détendre", il est plus profitable de faire de la relaxation ou de la sophrologie. Se "détendre" avec la méditation, c'est un peu comme prendre un tank pour écraser une fourmi. La méditation est une relation spirituelle avec le monde, mais ce n'est pas un exercice, pas vraiment.

 

Concentration, focalisation


La première chose dont on parle dans les livres "new age" sur la méditation, c'est de la concentration. L'idée est bonne, mais cela ne convient pas comme terme. Il faut être attentif, présent, focalisé mais dans une attention détendue et constante. Dans l'idée même de "concentration" il y a une notion de tension évidente qui est contraire à ce que l'on recherche dans la méditation. Nous cherchons une détente qui rendra notre attention durable. Nous devons pouvoir nous focaliser sur la pratique dans une écoute globale de notre corps et de notre esprit. Et à ce moment là, nous ne sommes que dans les préparatifs, nous ne sommes pas dans la méditation.

Attention : détendue et soutenue


Toute notre pratique est basée sur une attention détendue de notre univers interne et externe : "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", disait Hermès "Le Trois Fois Grand". Ce regard intérieur couplé à la connaissance du monde nous rend présent et conscient. Nous évitons de perdre du temps dans une projection future ou dans le ressassement de nos souvenirs passés. Dans cette recherche de l'instant, nous avons une arme incroyable, quotidienne et parfois permanente : la méditation. Notre esprit est trop souvent stimulé par le monde des perceptions externes et nous nous perdons parfois dans l'analyse malade et compulsive de celles-ci. Nous voyons un bel arbre et nous gâchons cette perception totale par un commentaire idiot : "Il est beau cet arbre, mais j'en ai déjà vu de plus beaux, je crois, mais….".

Quotidiennement, nous avons la possibilité de retrouver un état de silence qui nous remet dans notre pratique taoïste, un "retour" de tous les jours. Cet état c'est la méditation. Sans celle-ci, nous pouvons nous perdre dans les méandres de notre esprit, fuyant la réalité pour notre interprétation de ce que nous percevons.

 

Pas un exercice, un état


La méditation n'est pas une pratique, c'est un état. C'est un état de silence, de retour sur soi, vers son "centre". Cet état est notre état "normal", mais il est englouti dans nos pensées compulsives des perceptions diverses, il est là, mais nous ne le voyons plus depuis longtemps ; il est présent, mais nous ne le sommes pas assez pour nous en rendre compte. Les exercices et les pratiques nous permettent de retrouver une nouvelle intimité avec notre nature profonde, silencieuse et détendue. Mais les exercices et les pratiques ne sont pas "la méditation", ils ne sont que les voies qui mènent à celle-ci : "il ne faut pas confondre". Rester dans un exercice alors que l'on cherche le produit de celui-ci, c'est porter son radeau après avoir atteint la terre ferme : nous sommes dans une confusion qui s'appuie sur l'aspect sécurisant de l'exercice et qui permet de ne pas se confronter à la réalité de l'état méditatif. Dans l'état méditatif, dans la méditation, nous ne pouvons nous mentir et nous voyons la réalité. Cette confrontation et la vision de notre "personnage", de nos masques, peuvent être fatales pour notre ego.

Pour la plupart des débutants, l'état de paix et de silence est tellement inconnu qu'il faut passer par la seule voie d'accès possible : l'initiation.

 

Comment trouver ce qui est inconnu


Il n'est pas possible de chercher efficacement ce que l'on ne connaît pas. Il est toujours dangereux de chercher quelque chose à partir de ses supputations mentales et de son imaginaire. L'image que l'on se fait de l'objet cherché peut diriger notre attention sur tout autre chose : l'objet imaginé dans notre esprit, fruit de notre mental, nourri par notre ego et soutenu par nos fantasmes. Pour ne pas se tromper, il suffit de percevoir ce que l'on cherche par expérience directe, puis la quête peut commencer. Le professeur sera là pour nous rappeler notre perception, pour nous aider à ne pas tomber dans la facilité du fantasme, de l'enrichissement de notre perception par nos associations compulsives de mental. Le professeur expérimente et connaît plus que nous ce sujet, sinon il n'est pas le professeur. Cette perception directe de l'état méditatif demande une retraite de son quotidien, souvent pour quelques jours, et une immersion dans la pratique. Dans notre école, nous sommes opposés à cette idée spartiate de "no pain, no gain", sans douleur pas de succès. Au contraire, nous recherchons une détente du corps et de l'esprit qui passe par des exercices dans des positions confortables et un cadre de vie agréable ainsi qu'une bonne alimentation. Il est souvent plus facile d'avoir des visions quand on est privé de nourriture et de sommeil, mais ce ne sont là que des phénomènes d'origine physiologique qui ne concernent pas la spiritualité. Nous, nous voulons connaître ces expériences dans une pleine possession de notre esprit, de notre corps et de notre jugement critique. Cette perception directe, c'est l'initiation.

 

Le principe de l'initiation


Le principe initiatique, utilisé depuis toujours dans le taoïsme ancien, est la façon la plus sure de rencontrer cet état méditatif, présent mais peu perceptible. Nous oublions pour quelques jours notre vie et dans une pratique totale nous amenons le silence en nous. Notre corps et notre esprit communiquent réellement et nous entrons dans une paix sans peur : nous connaissons, pendant quelques secondes, l'état méditatif, notre vraie nature. La valeur de l'initiation dépend de l'expérience du professeur. Il ne doit pas être un collectionneur de savoir, mais un guide qui est déjà passé par le chemin qu'il vous montre. Une "auto initiation" sans professeur ou entre débutants n'a pas de valeur et n'est qu'un gouffre béant d'illusions et de mensonges nourris d'ego et de fantasmes. Voilà pour ce qui est de l'initiation.

 

"Le régime du feu"


Après avoir préparé les ingrédients pour sa préparation culinaire, il faut maintenant faire cuire le tout. Pour qu'un plat soit réussi, il faut trois éléments majeurs :
  • la qualité des ingrédients de base,
  • l'ordre de préparation, les étapes à respecter,
  • la force et la durée de cuisson.
 La qualité des ingrédients de base dépend de :
  • la détente du corps et de l'esprit,
  • la transmission des pratiques par le professeur,
  • le travail accompli par le novice.

Il est inutile, et je ne le ferai donc pas, d'aller plus avant dans le détail.

Nous nommons les qualités de base les "ingrédients de transformation".

 Pour obtenir un bon "poulet aigre-doux", il ne sera pas conseillé de mettre la sauce avant d'avoir fait frire le poulet… il y a un ordre à respecter. De plus, il faut préparer la sauce en même temps que le poulet pour que celle-ci reste liée, sans brûler le poulet ou gâcher la sauce : les étapes sont donc importantes. Ces détails sont le cœur de la pratique, ce que vous faites en tant que pratiquant, sous les conseils de votre professeur.

Dans l'alchimie, nous parlons du "processus alchimique".

Si l'entraînement n'est pas quotidien, suivant votre rythme et votre niveau de pratique, nous pouvons le comparer à une casserole d'eau que l'on cherche à faire bouillir sur un feu intermittent ; car pour qu'il y ait ébullition, il faut un feu constant et suffisamment fort. Mais si la pratique est exercée sans préparation, sans professeur ou avec des adaptations nées de votre imaginaire (nourries de l'ego qui se défend), alors cela peut être comparé à une casserole vide sur un feu continu : une pression et une chaleur se dégagent, le tout n'étant pas sain pour atteindre "l'immortalité taoïste". Si vous ne pratiquez pas, mais que vous prétendez à une évolution, c'est chercher cette "ébullition" sans casserole et sans feu, dans la tête peut être…

Dans l'alchimie interne, nous parlons du "régime du feu".

Comment commencer ?


La seule chose à faire est de trouver un professeur.

Pour détendre son corps et son esprit, il suffit de rendre immobile le premier et de mettre en mouvement le second.

Il vaut mieux passer du temps à trouver un bon guide plutôt que faire mille pratiques confuses de front. L'accumulation d'enseignements ne peut qu'aveugler le chercheur dans sa quête.

 Si vous êtes assis de temps en temps sur un coussin rigide, le dos raidit et les mâchoires serrées. Si vous accumulez jeûnes et autres pratiques nocives, que le tout sort de lectures et de conférences dans des "foires au spirituel", alors lâchez tout ceci et allez à la recherche d'un enseignement valable, d'une rencontre vraie

samedi 28 juillet 2012

Perdu dans les Champs


Il est important dans une recherche personnelle de ne pas se perdre dans la technicité de l'enseignement et de savoir garder ses vrai buts devants soi.

Quelque soit la Voie, elle propose des techniques de progression pour réussir son évolution : il est possible de se retrouver à parfaire les techniques de son école en oubliant sa propre progression.

Il n'est pas besoin d'être un bon représentant de son école pour être un bon pratiquant, il n'est pas besoin d'être un bon pratiquant pour être heureux et être heureux ne demande qu'une bonne connaissance de soi et de son monde... Ce qui est expliqué dans sa Voie.

Quels sont les facettes de la découverte de soi ?

Il y a le corps qui se doit d'être fermement enraciné dans la réalité du physique, qui doit être détendu et souple, tout en restant fort et durable. Un corps qui se doit d'être le plus possible en liaison avec son souffle et son esprit. C'est le travail du corps.

Il y a le souffle qui est en liaison avec les émotions, qui doit circuler librement pour que tout aille bien. La prise de conscience de cette circulation générale permet sa fluidité. C'est le travail du souffle.

Il y a l'esprit qui est moins connu que ce que nous croyons : le fait même de connaître son fonctionnement interne par expérience personnelle nous permet de mieux vivre avec notre esprit. Cet apaisement par la vigilance est le travail de l'esprit.

Donc, il faut se bouger un peu (en tout cas avec conscience), respirer avec attention et se regarder penser... et c'est tout!

Toutes les techniques avancées ne sont que des moyens pour toucher ces qualités d'une manière ou d'une autre...les techniques doivent être dépassées pour être utiles. Aucune pratique qui repose sur une technique n'est à son stade final, l'aboutissement doit toujours être dans le naturel, dans le vivant, dans le simple.

Mais c'est un naturel éduqué, travaillé, poli.

Attention à la recherche de la technique secrète ou avancée ou encore à la focalisation sur l'outil plutôt que sur le but : la Voie est longue, il n'est pas utile de la rallonger ou de lui ajouter des chemins de traverse.

Revenez au simple, comprenez le piège de la technique secrète et libérez vous de l'attente du caché... Il n'existe pas: ce qui est caché dans votre pratique est quelque chose qui est déjà devant vous et que vous n'avez pas encore compris.

C'est là l'utilité du maître.

En effet, si tout est si simple, pourquoi ne pas faire un séminaire d'une heure et tout dire clairement, tout le monde dit «ah oui, c'est donc ça» et il ne reste plus qu'à pratiquer dans son coin.

Le problème pour le pratiquant, c'est que ce qui se passe durant sa pratique va le distraire de sa voie, un peu comme un simple d'esprit sur un sentier avec des papillons: il passe son temps à regarder, chasser et comparer les papillons au lieu d'aller où il est supposé aller.  C'est pour cela que beaucoup de pratiquants isolés par choix ou par volonté de ne pas s'engager, vont devenir experts en papillons, perdu dans les champs, mais fermement persuadés de leur évolution. La grande force du simple d'esprit c'est la faiblesse de sa lucidité étayée par une grosse dose d'illusions diverses.

Le maître va le remettre sur le chemin, lui remontrer  où il doit aller, écouter ses divagations avec patience, lui remontrer où il doit aller et le rassurer sur ses performances, en lui remontrant où il doit aller.


Retournons au travail important, au travail simple de sa réalisation et ne perdons pas notre Voie, notre chemin.

Le professeur est la pour nous guider, mais nous faisons seul le chemin.

lundi 2 novembre 2009

Embrasser l’Infini


Une pratique personnelle permet plusieurs choses : elle permet de se focaliser et de développer l'écoute en réduisant le bruit de notre corps et de note esprit. Ainsi, nous allons pouvoir toucher des niveaux d'écoute différents en fonction de notre engagement dans la pratique.

Une des premières manifestations de l'entraînement quotidien, c'est d'éviter de blesser notre corps par des positions néfastes tout au long de la journée. Par les exercices qui nous amènent à retrouver notre alignement naturel, nous ne pouvons plus accepter de prendre des positions qui vont à l’encontre de notre structure. Etant plus conscient, on peut plus facilement sentir la gêne occasionnée et y remédier pour ne pas subir les douleurs qui sont le résultat de positions néfastes conservées sur une longue période. C’est un premier niveau de réalisation.

Un peu plus loin dans la pratique, nous pourrons nous familiariser avec les changements internes qui précèdent les maladies et ainsi nous en éloigner. Dans cet état d’écoute, nous pourrons savoir quand nous sommes vulnérable aux conditions climatiques, mais aussi à cause de la fatigue. Trop souvent, la fatigue est combattue (ou niée) et chassée au lieu d’être écoutée. C'est ainsi que dans l’épuisement, nous sommes amenés à puiser dans notre patrimoine énergétique pour fonctionner dans la vie. Par une écoute précise et éduquée du corps, nous savons mieux quand il est nécessaire de nous reposer. Voilà le deuxième niveau d’écoute.

Si la pratique devient importante dans sa vie, nous pouvons aussi sentir plus finement notre fonctionnement émotionnel, à l'occasion des changements internes par exemple. Avant qu’une émotion soit perçue comme telle, il existe une myriade de changements subtils dans le corps qui peuvent être " entendus " dans une écoute détendue. Par cette sensation des changements, nous pouvons vivre sans être victime, toutes les émotions de la vie. C’est le troisième niveau d’écoute interne.

La découverte de cet état de silence est impressionnante : nous réalisons que nous ne sommes pas ce que nous pensons être. Nous ne sommes pas ce corps/esprit conditionné par notre patrimoine génétique et notre éducation, nous sommes autre chose. Ce que nous sommes, notre pratique va nous le présenter aux fils des années d’entraînement.

Il nous est difficile de pratiquer, cela est en partie dû à notre déficience d’attention. Nous ne parvenons à nous focaliser que peu de temps et peu souvent dans la journée. Nous préférons fonctionner en automatique, branché sur nos habitudes acquises lors de notre éducation formelle ou non. Ces automatismes vont nous plonger dans les mêmes joies et les mêmes désespoirs quelque soient les situations. Nous ne serons donc pas vraiment joyeux ou triste, mais nous ne ferons que répondre automatiquement de façon appropriée. Bien souvent, après quelques mois de pratique, nos envies changent et notre appréciation du monde évolue. Nous sortons du mode "robot" bien élevé qui réagit correctement, pour redevenir un être humain à part entière. Les choses qui nous catastrophent sont souvent liées à notre passé ou à nos projections dans le futur, aux réactions de nos parents ou de notre milieu social, mais nos réactions sont rarement les nôtres. " L’éveil ", le retour à un naturel qui est notre vraie nature, nous permet de nous focaliser sur la réalité et de ne pas fonctionner sur notre imagination de la vie.

Non seulement nous ne sommes pas ce que nous croyons, mais en plus ce que nous croyons percevoir n'est peut être pas réel non plus. Notre perception est presque toujours parasitée par nos pensées compulsives qui se nourrissent de notre capacité à ne pas être présent. Par la pratique, nous pourrons apprendre à nous focaliser pour être présent à la réalité des perceptions. Après avoir découvert qui nous ne sommes pas, nous découvrirons ce qui n’est pas : le monde vu par notre filtre égotique de pensées.

Une autre raison qui nous sépare de la réalité réside dans la croyance en nos limites. Ces imites sont de toutes natures et nous nous les imposons. Que l’on se croit trop vieux, trop bête ou trop faible, la pratique va nous confronter à la réalité : nous n’avons pas de limites et l’esprit individuel qui réside en nous n’aime pas cela du tout. Notre ego, farouche gardien de notre différence et de notre individualité, ne peut survivre qu’avec des limites bien définies de ce que nous sommes. Une perte de ces limites est une condamnation à mort pour celui-ci. Grâce aux exercices qui constituent le début de notre pratique, nous réaliserons à quel point nous pouvons tout faire et comme nous sommes bien plus fort que ce que nous pensions. Nous avons une capacité à embrasser l’infini, libre et léger dans le silence de notre état spontané… mais nous préférons nous recroqueviller dans un ressassement maladif de nos troubles passés et de nos angoisses futures. Voilà une bonne raison de se mettre à la pratique s’il en fallait !

Dans notre voie, nous allons franchir ces limites et nous rencontrer. Dans la perception de qui nous sommes et de la réalité du monde, nous allons revenir à nous-même dans la fusion aux changements du monde.

Les douleurs, les interrogations intellectuelles et les émotions vont être les armes de l’ego pour nous enlever le goût de la totalité. Il réussira à nous faire douter pour nous éloigner d’une pratique qui l’annihile. Nous en voudrons au professeur et au monde entier de fonctionner de façon si conditionnée. Mais la pratique reste à notre portée, toujours prête à nous accompagner dans nos tentatives d’exploration.

La pratique ne demande qu’une action simple : " faire ". Elle demande aussi de ne plus " raisonner " ni " penser ", juste de " faire ". C'est pour cela qu'un professeur est nécessaire. Il est là pour amener la dose pédagogique de confusion nécessaire pour empêcher l'élève de rationaliser la voie. Dans ce flou, ce manque de repères, il faut s’en remettre à son expérience pour rentrer dans la voie comme on plonge d’un précipice. Dans cette rencontre avec soi-même, le professeur sert d’entremetteur, d’intermédiaire. Le vrai travail est le nôtre, pas le sien.

Rendre la pratique comme étant la chose la plus importante de sa vie n'est pas une obligation, tout comme il est aisé de vivre toute sa vie sans ouvrir les yeux sur le monde. La vie est plus simple sans pratique, on se pose moins de questions. Par ailleurs, c’est plus confortable pour se fondre dans un quotidien sans relief, sans saveur.

Mais a-t-on le choix ?

mardi 20 octobre 2009

Étude, Ignorance et Dao


Le merveilleux outil qu'est internet nous permet d'accéder à toutes sortes d'informations, y compris à des discussions en direct sur des sujets tels que les arts martiaux. Parfois, devant les sottises étalées je pense à cela :

"La poursuite de l'étude amène tous les jours un peu plus,

La poursuite du Dao amène tous les jours un peu moins.

Cela diminue jusqu'à arriver au non agir.

Dans ce non agir, rien n'est impossible.

Pour comprendre le monde, il faut être dans le non agir.

Dans la résistance, on ne peut appréhender le monde."

Ce chapitre du Daodejing, le 48, nous donne une clef sur la recherche du naturel et du non agir.

On y parle des qualités du Dao : naturel et non action.

On comprend que la façon d'agir du Dao réside dans ces qualités.

De là, par la recherche de ces qualités, nous allons vers le Dao.

Comment interpréter ce chapitre 48 ???

Le naturel et le non agir sont les actions du Dao, mais comment atteindre ces états de "naturel" et de "non action" ?

Certainement pas par l'étude, on en convient, mais alors comment faire ?

Le naturel, dans le Daodejing (Ch 22 et 25), est ce qui est en nous et qui ressort comme notre "vrai Soi".

Comment aller vers cette rencontre, vers ce "retour" (mouvement du Dao) ?

La "non action", ou le "non agir", est cette capacité d'adaptabilité qui permet de se fondre dans le monde. Il ne s'agit pas d'une pratique d'isolement, mais d'une voie dans la vie, dans le monde.

Comment, pratiquement, peut-on s'entraîner ou utiliser les enseignements du "Vieux Gars", aller dans leur sens ?

De plus, à quoi sert l'étude ???

Il n'existe pas 36 chemins.

L'étude est la phase d'apprentissage, le "faire" est celle de la pratique.

Chercher la perfection du geste sans "lâcher" le mouvement est une bêtise car on ajoute sans cesse, allant contre soi-même.

La répétition, sous la tutelle d'un professeur aguerri, permet d'éliminer les tensions, les blocages, les préjugés.

"La poursuite de l'étude amène tous les jours un peu plus,

La poursuite du Dao amène tous les jours un peu moins."

L'étude nous guide dans la direction de l'expérience, elle nous sert à "connaître", dans cette connaissance nous approchons le Dao.

"Celui qui connaît le dur et reste dans le doux sera la source de la puissance,

Cette source de puissance ne sortira pas du "De" (manifestation du Dao),

Et retournera vers la simplicité"

Chapitre 28

Cette simplicité, cette absence de commentaire mental est encore de l'ordre du "moins", du retour, plus que de l'accumulation.

On trouve un rapport entre :

- Non action,

- Naturel,

- Simplicité.

C'est presque une direction de pratique :

- Par une pratique équilibrée et sous la tutelle d'un professeur,

- On trouve le naturel dans la détente et le "manger amer",

- La simplicité permet le silence (mental) et nous fait goûter le Dao.

Qu'est ce qui donc nous empêche d'aller directement vers cette simplicité ?

Ça serait tellement plus simple, non ?

Cette séparation entre notre "personnalité" et notre naturel (potentiel trop peu souvent réalisé) n'est autre que le chemin de notre pratique.

Nous avons plusieurs facettes, plusieurs couches, plusieurs masques : cela protège notre nature égotique, mais cela nous éloigne également de notre état naturel.

La fabrication mentale, court-circuitant nos perceptions, se réjouit de nos capacités intellectuelles et de nos multiples distractions.

L'accumulation d'informations nous permet de nous enfermer dans une satisfaction de "savoir" qui n'a rien à voir avec la connaissance ; ce n'est qu'une illusion d'être plus.

La pratique peut nous amener à un "retour", à la simplicité : étape de non dualité et d'union.

Lao Zi nous permet de toucher la Voie par une compréhension non intellectuelle, nous fournit un indice pour nous guider vers une pratique.

Cette pratique nous donne la possibilité de toucher des expériences directes qui, avec l'accompagnement d'un professeur compétent, nous conduiront à sentir le naturel.

La répétition de ces expériences de naturel nous apporte une assise dans un état nouveau, plus vrai, en confrontation avec notre personnalité.

La Voie devenant ainsi la vie, celles-ci s'unissent alors que se rencontrent notre vraie nature et notre personnalité.

Ce retour au simple est la Voie, à la fois amère et merveilleuse, du taoïsme clanique et spirituel.

L'étude réside dans l'acquisition des expériences directes, l'ignorance dans l'impression de savoir et le Dao se marre…

Aussi nombreuses que soient les discussions autour de ce type de textes, elles ne permettent qu'une chose : faire "sortir" des réflexions, mais elles n'aboutiront jamais à une vérité.

L'étude est en partie nécessaire, mais parfois inutile.

En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'il existe une grande confusion entre ce qui appartient au savoir accumulé et nourri par le mental et ce qui fut appris par les expériences directes.

La force des traditions anciennes réside dans l'expérience qu'elles ont de l'enseignement : on connaît les chemins à suivre, les expériences à vivre, les qualités à travailler.

Ce taoïsme non religieux, dégagé de la volonté d'être unique ou meilleur, permet une voie claire et profonde dans la "vallée de l'esprit".

dimanche 28 juin 2009

Travailler le De pour comprendre le TAO

Dans le taoïsme il est de rigueur de travailler sa pratique pour qu'elle devienne "pure et vraie" et non plus un phantasme. Pour qu'elle devienne manifestation du Tao, celle qui ne peut être expliquée ni clairement exprimée. Puisqu'il ne peut être saisit intellectuellement, le Tao peut être "senti" ou "perçu" par la pratique, c'est la "vertu" taoïste (je déteste ce mot) que l'on retrouve dans le "de" de Tao de Jing (le livre de Lao Zi, pour ceux qui ne suivent pas…).

"Quand cultivé et exercé en soi,
Le Tao manifesté (De) deviendra pur (sans parasites) et naturel (vrai pour soi même)"
chapitre 54.

Donc il est nécessaire d'expérimenter tous les jours les facettes perceptibles du Tao pour comprendre le monde énergétique et absolu. Sans ce travail, cette répétition d'expérimentations, de ressentis, on ne peut parler que d'une vision mentale et intellectuelle d'un hypothétique Tao, sans expériences, fondé sur l'ignorance.

"Comment puis je connaître la situation de toutes les choses sous le Ciel ?
Précisément par la méthode décrite ici (travail et expérience sans image mentale)"
suite chapitre 54.

Dans la non différence des composantes du Tao, l'unité de chaque chose, les arts de combat permettent de sentir cela. Les arts de combat sérieux, violents, ne sont pas là pour se préparer à se battre mais pour apprendre à sentir, par le corps, cette unité du De, la manifestation du Tao. Si la violence utilisée dans les arts de combat est "pure et naturelle", il n'est plus vraiment utile de se battre car :

"Celui qui possède le naturel du De est comme un nouveau né
(ou un "né de nouveau" !),
Les insectes venimeux ne vont pas le piquer,
Les fauves ne le blesseront pas,
Les oiseaux de proie ne l'attaqueront pas,
Ses os sont souples et ses tendons (muscles) décontractés,
Mais sa poigne est ferme."
chapitre 55.

Ling Tai, le nouveau né "Spirituel", est le nom d'une étape avancée de la réalisation alchimique. C'est un passage ou les Trois Trésors (San bao), Jing (essence), Chi (énergie) et Shen (esprit) sont "travaillés" et fondus ensemble. L'expérience du Tao a été faite par le travail alchimique, quotidien et par le corps, l'unité avec le monde est alors proche.

Dans cet état, l'unité avec le monde, le Tao, permet de ne plus se soucier de la violence et du quotidien, tout se fait, se passe, sans action. Le non agir, le fait d'aller avec et non contre, est la résultante d'un long travail alchimique et énergétique, il n'a rien à voir avec le fait de rester sur ses fesses toute la journée. Le dégagement émotionnel vis à vis de la violence et du combat vient du travail et de la fusion avec cette violence et ce combat, pas en regardant des films de Van Damme.

La recherche "du plus puissance" pour lutter contre la puissance, la vision externe des arts de combat, ne supporte pas le passage du temps…

"La puissance fait vieillir,
C'est être contraire au Tao,
Ce qui est contraire au Tao doit périr",
fin du chapitre 55.

Ce n'est pas que le Tao "c'est le plus fort du monde", mais que tout ce qui va contre les lois de la nature est impermanent. Cultiver la force extérieure ne peut amener qu'à être le plus fort… le jour où on est le plus fort, c'est la veille du déclin de notre force.

Si l'harmonie interne, de notre énergie et de nos organes, est en accord avec le Tao, les lois énergétiques externes à notre corps, c'est l'unité avec le monde. Cet état d'Harmonie nous permet une énergie perméable entre nous et l'extérieur, une limite infinie.

" Le "né de nouveau" peut exprimer la force toute la journée (crier) sans se fatiguer,
Son harmonie interne est simple et parfaite (en accord avec le Tout),
L'essence et l'harmonie dans cet état sont naturelles et constantes
(non pas déclinantes),
Connaître par la pratique cela (pas par la discussion!), c'est la sagesse
("sentir" le Tao)",
toujours chapitre 55.

Et surtout, cette citation finale :

"Plus les hommes auront des armes aiguisées,
Plus le monde sera dans la violence."
chapitre 57.

Travailler les façons de corriger un impoli, les méthodes de baffes pédagogiques et la force pénétrante d'impacte objectif… c'est bien… mais il ne faut pas oublier de ne pas corrompre ses intentions, pour en fait se rendre plus malheureux qu'avant…

samedi 27 juin 2009

Les Changements du Tao



Le Taoïsme est une capacité à saisir les changements du monde et à se fondre dedans grâce à une "non action", indispensable pour une certaine qualité de détente.


La croissance, les changements et le déclin des phénomènes et des choses, les cycles naturels et les principes de création/destruction, sont à l'image du mouvement du Tao.


Ce mouvement, Fan, est une "réversion", un "retour".


Tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur les mouvements du Tao se trouve dans le chapitre 40.


Toute l'alchimie interne taoïste parle du retour, Fu , par le mouvement de retour sur soi, Fan.


Ce retour au spontané et au naturel, existant avant l'attachement à l'image de soi, est la pratique.


Chapitre 40 :


反者道之動 , 弱者道之用

天下萬物生於有 , 有生於無


Réversion est le mouvement du Tao

Faiblesse est l'expression du Tao


Toutes les choses sous le ciel viennent du manifesté,

Le manifesté vient du non manifesté.


"Fan", réversion, mouvement de retour, régression, est similaire dans ce contexte à ce que nous voyons au chapitre 25 :


大曰逝

逝曰遠

遠曰反


Grand donc en mouvement (da yue shi)

En mouvement donc à l'origine (shi yue yuan)

Antique donc à l'origine (yuan yue fan)


Il faut voir ici un mouvement circulaire, sans fin, dont l'origine et l'aboutissement sont identiques.

C'est l'absence de progression, d'ajout. C'est une recherche de simplicité, une volonté de faire plus que simplement apprendre. Ce retour mène vers le naturel : ce qui est déjà présent, mais qui demande à refaire surface.


Le mouvement est un mouvement de retour, pas d'évolution ; en fait d'évolution dans le retour. Le fait d'ajouter, d'accumuler, ne peut aller dans le sens d'une simplification. Plus on cherche et plus on trouve à chercher. C'est une action sans fin qui se projette dans le futur, une représentation linéaire. Le retour est un mouvement circulaire.


La faiblesse est celle du bambou par rapport au chêne, de l'eau par rapport au feu : une faiblesse relative qui est source de pérennité.


Dans le chapitre 43, il est dit " Ce qui est mou dompte ce qui est dur".


天下之至柔

馳騁天下之至


Sous le ciel, ce qui est mou

Domine ce qui est dur (sous le Ciel)


Cette idée de "mou" est plus proche de "doux". Cette douceur et faiblesse apparentes se retrouvent dans les arts de combat, à mains nues ou armées, dans les rapports humains conflictuels, dans la vie en général.


On retrouve ici les deux termes de "Wu" et de "You" que nous avons au chapitre 1.

: Wu est ce qui n'est pas manifesté, l'origine de ce qui est.

You est ce qui est manifesté, ce qui est du domaine du perceptible.


La manifestation prend sa source dans l'absolu non manifesté. Le monde prend sa source dans la manifestation du Tao. Le Yin prend sa source dans le Yang, l'action dans le mental.


Le symbole du Taiji, ce cercle noir et blanc avec deux points, est la représentation du mouvement du Tao. C'est seulement vers 500 ans avant J.C. que Zou Yan va mettre en forme cette figure que nous connaissons bien… 1500 ans après les débuts du Yi Jing.


Cette représentation n'a d'intérêt que si on y voit le mouvement, ce "retour" de l'un des absolus vers l'autre, cette interaction dynamique qui définit les concepts de yin et de yang.


Cette spirale sans fin et sur elle-même, peut contenir cette idée de réversion. Elle évolue et change, mais reste identique à elle-même, c'est une représentation des cycles et des changements du monde.


Ce chapitre concis nous donne beaucoup d'informations sur la pratique :

  • L'étude est nécessaire, mais elle n'est pas la pratique
  • Les bases sont les pratiques les plus avancées
  • Revenir sur ce qui est "connu" est une nouveauté perpétuelle
  • Attentif à la vie, tout change sans cesse dans une nature identique


Les mouvements et fonctions du Tao sont la source des changements et transformations des phénomènes du monde. Comprendre cela, dans une observation éveillée, permet de s'unir aux changements du monde dans une non action active. Cette compréhension fait référence au Yi Jing (livre des changements), source du feng shui (géomancie).


Ce retour aux racines est une tentative humaine de se rapprocher le plus possible du Tao, sans pour autant l'atteindre. Il n'est pas possible de l'atteindre puisqu'il est dans le non manifesté et que l'humain est une manifestation de cela. Comme l'oeil ne peut se voir lui-même, ce qui est créé ne peut appréhender ce qui a créé.


Après la conception, l'humain ne peut que goûter le De (), la manifestation du Tao et son expression au sein du monde. Nous ne pouvons voir la nature profonde de ce qui n'est pas accessible à notre compréhension, nous pouvons en revanche en apercevoir les manifestations.


Ce chapitre est une sublimation des détails du chapitres 25, plus concis et précis tout en devenant plus nébuleux pour le non pratiquant. Un homme sage plaisantait en disant : "un non pratiquant n'a pas plus à faire dans le Daodejing qu'un japonais dans un cours de taijiquan".


Dans l'histoire de l'humanité, bien des phénomènes sont allés vers leur destruction après leur apogée. On retrouve ce mouvement naturel de réversion, de création/destruction cher à Lao Zi. C'est le principe des cycles naturels de notre système.


Il est intéressant de noter que dans l'idée taoïste de changements des phénomènes, de toutes les façons, tout revient à la source. Ce retour est la raison pour laquelle nous ne cherchons pas un rapport au temps (passé et futur), mais une union au présent. C'est l'idée du voyage dont le but n'est pas l'arrivée, mais le déroulement de celui-ci. La vision circulaire du Taoïsme par comparaison avec la vision linéaire occidentale.


L'immobilité, le calme, la détente et la non résistance vont amener à vivre en harmonie avec les changements du monde, à bien profiter de tout ce qui se présente dans sa vie, pour revenir à la source sans conflit. Ce non effort actif nous permet de vivre en harmonie avec le Dao, à l'inverse du mental qui se nourrit du temps et des attentes, des projections et des questions, du doute et de l'espoir.


La faiblesse du Tao est une apparente faiblesse : c'est la force dissimulée de l'eau. Rien n'est plus fluide et d'apparence plus faible que l'eau. Dans les techniques des arts de combat, si la puissance d'impact est nécessaire, la fluidité du geste est la source de la destruction de l'ennemi. Cette fluidité "naturelle" qui se travaille, c'est la puissance de l'eau.


De plus, l'eau n'a pas de forme, elle s'adapte à son contenant, tout comme l'air. Si l'eau est dans une coupe, elle prend la forme de celle-ci, si l'eau est dans l'océan, elle prend la forme de la Terre. L'air fait de même. L'eau et l'air sont le yin et le yang du feng shui (géomancie chinoise qui signifie "vent et eau"). Le Tao regroupe ce yin et ce yang.


Nous voyons cela dans l'étude du début du chapitre 78 :


天下莫柔弱於水

而攻堅強者

莫之能勝

以其無以易之


Sous le Ciel, rien n'est plus adaptable et souple que l'eau

Pourtant, elle érode le plus fort et le plus rigide

Rien ne la surpasse pour cela


弱之勝強

柔之勝剛


Le souple surpasse le dur

L'adaptable surpasse le rigide


L'image de l'eau est idéale pour exprimer cet aspect du Dao. Si la souplesse est importante, le concept d'adaptabilité est vraiment la qualité qui mène au retour, au simple. Dans la capacité de détente qui est nécessaire pour s'adapter, il y a déjà un début de retour.


C'est le "De" (manifestation du Dao) qui est pratiqué et qui pointe vers le Dao, qui ne peut se comprendre.


Tout cela est intéressant et demande quelque chose de difficile, mais d'indispensable : la pratique.


Tout le monde est d'avis qu'il est préférable d'être détendu, souple et adaptable, mais il est rare de voir des gens qui pratiquent dans ce sens, qui aménagent leur vie dans ce sens.


Lao Zi en témoigne déjà à son époque… et cela reste d'actualité.

Dans la suite du chapitre 78 :


天下莫不知

莫能行


Sous le ciel, tout le monde peut comprendre cela

Pourtant, personne ne le pratique


Le chapitre 78 se termine par une phrase qui reprend un thème de Lao Zi :


正言若反


La vérité exprimée peut apparaître paradoxale



Il ne faut pas toujours croire ce qui est exprimé et ne pas forcément en douter non plu. Il ne faut pas trop parler et ne pas trop étudier, mais il faut acquérir la Connaissance. Ce qui est perçu peut être faux, tout en sachant qu'il faut être attentif à ses sens… tout cela n'a rien de paradoxal.


Tout ce qui est dit est cohérent si on ne se réfère pas à une compréhension intellectuelle, mais à une compréhension par l'expérience directe, par sa pratique personnelle.


Cette capacité taoïste qui vise à se fondre dans les changements du monde demande de faire émerger des qualités naturelles, mais dormantes, au sein de chaque être humain. Il n'est donc pas question de gagner quoi que se soit !