lundi 11 juin 2012

La Voie Du Guerrier : un Chemin Royal



Au sein de mon enseignement, les arts de combat ont une place particulière.

À l’origine, la partie physique de la Voie ne possède qu’une petite partie dédiée au combat : en revanche, la façon de travailler est très différente de ce qui se voit dans les arts martiaux traditionnels.

Dans les arts martiaux que l’on peut croiser dans notre monde moderne, il y a :

  • le travail des positions de bases,
  • l'apprentissage des frappes de base,
  • le travail technique seul et à deux,
  • le combat souple et libre.

Nous sommes là, bien souvent, dans une recherche d’efficacité en « combat », ce qui signifie plutôt : « en combat souple rituel où on reste à bonne distance pour se toucher ».

Dans ma tradition, les exercices de combat et la recherche sont antérieurs à la mode des formes chorégraphiées de combat, des « kata » et autres.

Nous utilisons pourtant, pour la formation des débutants, ces techniques.

C’est aussi une façon agréable de se détendre par des gestes d’inspiration martiale.

Maintenant il y a le vrai combat, le moment où il faut se défendre et ne pas prendre de risque, respectant le précieux de sa vie et les responsabilités que l’on peut avoir envers sa famille : perdre n’est pas une option.

Dans ces cas-là, extrêmes, mais tellement réalistes dans notre monde en mutation, il faut rester beaucoup plus pratique grâce :

  • au travail de la peur et de l’intention,
  • au travail des impacts et de la force brute,
  • et à tout le reste (techniques, vitesse, déplacements).

Avant tout, dans notre école, nous allons travailler sur la façon de tenir son esprit, son agressivité et de gérer ses peurs face à la douleur.

La première chose dans le combat c’est : « y aller ou pas ».

Tant que mon esprit et mes émotions me paralysent ou me forcent à une analyse profonde au lieu d’agir… rien n’est possible !

Bien entendu, il n’est pas question de se transformer en brute idiote qui frappe sans raison ; au contraire, il est important de mettre en place des valeurs et des limites après lesquelles il est temps d’agir.

Les entrainements de ceux qui ont choisi les « arts de combat » vont beaucoup aller chercher nos peurs, nos fantasmes.

C’est très dur et je suis toujours épaté par la force de caractère des gens que je croise : je me rappelle à quel point ce fut difficile pour moi aussi.

Quand on travaille l’aspect mental, psychologique, il est bon de commencer à travailler la force.

C’est une force d’impact qui nous intéresse, une force pour faire passer trois genres de qualités :

  • la lourdeur (qui fait peur à celui qui la reçoit),
  • la pénétration (une qualité d’étrangeté),
  • la séparation (pour casser, détruire).

La grande difficulté de ce travail, c’est qu’il n’est possible qu’avec un partenaire, pas avec un sac ou un poteau.

Il faut donc passer du temps non seulement à s’entrainer, mais aussi à subir les moments d’entrainements de ses « frères d’école ».

Le professeur ne montrait autrefois les frappes (en les démontrant) qu’aux élèves à qui il acceptait de transmettre.

C’est autre chose que de répéter des mouvements dans le vent.

De plus, dans l'ensemble et pour la plupart d'entre nous, ça ne sert pas à grand chose dans notre monde moderne et paisible.

Le reste du travail, c’est le travail des arts martiaux habituel : formes, exercices, techniques et « lutte ».

En quelque temps, le corps change visiblement et les qualités de combat vont rendre la technique obsolète.

Mais en quoi cet enseignement a sa place aujourd’hui ?

Le dépassement de soi, de ses peurs et la capacité à être conscient de ses actions est la recherche principale de toutes les traditions d’évolution personnelle : les arts de combat c’est exactement ça !

C’est une confrontation à ses peurs les plus fondamentales et un développement de l’attention, avec en plus, une sensation de sécurité dans un corps plus fort.

Le niveau de stress pour un pratiquant de la voie guerrière n’est pas le même que chez les autres gens : il est donc capable de gérer le stress et le conflit avec beaucoup de tact.

Tous ceux qui ont tenté de suivre cette voie difficile en sont satisfaits… C’est toujours un plus de se dépasser et de laisser derrière soi les fantasmes de ses force et de ses faiblesses.

Se connaître, mais par le corps et ses capacités cachées : ne plus avoir peur, savoir se défendre physiquement et psychologiquement.

Ayant été un enfant fragile, maigrelet et faible, je vois aujourd’hui que les exercices énergétiques m’ont donné la santé, mais les arts de combat m’ont donné la force et l’assurance qui me permettent d’enseigner ma tradition aujourd’hui.

Ceux qui ont peur devraient tous passer par les arts de combat, mais ce n’est possible que si on en a envie : il ne faut pas se forcer, il faut accepter qu’il n’est pas toujours temps de faire cette recherche.

Dans le monde d’aujourd’hui, avec ses forces et ses limites, la culture d’une force intérieure est vraiment nécessaire… mais pourquoi ne pas y rajouter la force extérieure ?

Plus fort, sans anxiété dans les rapports avec les autres, il est plus facile de communiquer et d’échanger.

Sachez que tout le monde à sa place dans cette voie guerrière et que personne n’est trop faible, trop léger ou trop vieux.

La seule chose à prendre en compte est la volonté, le plaisir de se confronter aux autres pour se connaître soi-même : sans cette envie, il ne faut pas le faire.

Il ne faut pas non plus confondre le goût des arts de combat ou son absence de goût pour cela avec la peur que l’on peut ressentir : si c’est de la peur qui limite ma recherche, alors il faut foncer.

« Aller vers ce qui fait peur, le reste est ennuyeux » disait Trungpa.

samedi 9 juin 2012

Paradoxe Inévitable ...


- « Pourquoi pratiquer ? », - « Pourquoi je devrais pratiquer ? »,
- « Que va m’apporter la pratique ? »

Cette façon de se poser la question, tout comme nous nous demanderions ce que va nous apporter tel nouveau produit de régime ou telle nouvelle paire de chaussures, n’est pas la bonne façon.

L’envie, l’attente ou encore la projection dans la réussite de notre pratique, le but que nous nous fixons ou le besoin que nous cherchons à combler, tout cela est précisément ce que la pratique cherche à apaiser, ce que l’entraînement veut éliminer.

L’attente de « gagner » quelque chose, d’acquérir ou d’aboutir à quelque chose va amener une déception inévitable : ce que donne la pratique n’est jamais ce que nous attendons.

La pratique cherche à nous libérer du besoin d’acquérir ou de gagner, l’entrainement veut nous faire toucher une perception du réel qui nous dégage de nos faux besoins.

La pratique va nous procurer la seule vraie paix possible, la seule vraie voie vers le bonheur : la Voie va nous offrir la possibilité d’être heureux par nous-mêmes, une joie qui vient de l’intérieur et non de l’extérieur.

Cette réalisation, qui vient de l’intérieur, ne peut trouver de satisfaction dans une projection externe, dans une attente dans le temps ou dans un changement dans le monde : c’est par notre changement intérieur que la perception du Monde change, que la vie devient simple et sans soucis.

C’est la seule et vraie liberté, c’est le seul et vrai bonheur.

Cet équilibre qui conduit à la liberté et à la perception de la réalité, ce chemin est interne et indépendant de nos désirs.

Les désirs de réussir dans notre voie et les envies de bien faire, les faux choix qui nous conduisent à désirer des états ou tout ce qui nous construit des attentes malades, tout ce fatras nous propulse dans le monde externe et nous éloigne de notre bien-être interne.

La pratique nous permet d’arrêter de désirer d’être un bon pratiquant, l’enseignement nous construit et nous fait abandonner nos idées de succès pour nous réaliser profondément.

Ce qui est difficile, c’est qu’en lisant ces lignes vous vous dites : « je comprends »... pourtant, c’est sûrement plus compliqué que ça !

Personne ne veut souffrir vraiment, personne ne veut être l'esclave de son mental et vraiment personne ne souhaite dépendre de ses désirs et en subir les frustrations...

Notre nature profonde est paisible et joyeuse, c’est ce que nous avons accumulé par dessus qui nous pose problème et c’est avec ces déséquilibres que nous souhaitons accéder à notre bonheur : notre vision de la réalisation est construite par un esprit conçu et éloigné de la réalité.

Notre pratique nous libère si nous lâchons prise par rapport à bon nombre de préjugés et seul le temps nous donnera cette chance : suivons les chemins de notre Voie personnelle et tout s’éclaircira doucement.

Il n’y a pas de voie rapide, il n’y a pas de raccourcis, mais il y a des voies complètes et des enseignants compétents.

"Pourquoi pratiquer ?
- Pour se libérer de l’envie de se réaliser, uniquement parce qu'on a confiance dans sa Voie."

lundi 4 juin 2012

Do Ut Des !



Que nous promet la Pratique et que peut-on en attendre?

Cette question n’est pas la bonne.

La question est plutôt :

« Que sommes-nous prêts à donner à la Voie, en temps et en efforts, pour notre évolution ? »

Ce que la Voie donne, comme une récolte juste, c’est ce qui fut semé au départ.

Il n’est pas utile de demander sans donner et la Voie en est un exemple sans compromis : c’est par nos actions, à multiples niveaux, que le retour se fera et que notre évolution suivra.

Plus notre Pratique devient « sacrée » et importante, plus le retour sera sacre et important.

Plus la Voie est au premier plan dans notre vie, plus les bienfaits seront primordiaux.

Il est inutile de penser que discuter ou parler d’un sujet peut amener une quelconque transformation, elle ne peut venir que du fait d ancrer le sujet dans le Monde, de passer le concept dans le Yin, d agir et faire.

Il ne faut pas demander ce que la Voie peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour la Voie ( ;) )

C’est pour cela que toutes les pratiques (réelles et anciennes) sont bénéfiques, car toutes les Voies amènent au même sommet (par des chemins plus ou moins abordables).

Rendez votre pratique importante, sacrifiez lui du temps et des efforts, investissez vous profondément... et le retour est incroyable... magique dirait-on !

Il existe effectivement des secrets, mais ils sont devant vous, juste là : ils ne demandent qu a être éclaires par votre engagement, votre droiture et votre sincérité.

Encore aujourd’hui un des élèves a compris un concept primordial qu’il avait appris il y a plus de 8 ans...

Nous ne savons plus assez ce qu’est l’engagement et l’abandon dans une Voie, c’est même mal vu aujourd’hui.

Mais que pouvons-nous attendre d’une tradition dont nous doutons ou d’un enseignement qui pose trop question ?

Il est important de tester, de passer un peu de temps à vérifier que cela nous convient, mais ensuite il n’est plus temps de chipoter, de chouiner ou de supputer... il faut plonger, apprendre et laisser les changements se faire.

Il nous est possible de toucher un peu a tout et de vouloir créer notre propre style, notre propre façon de faire... mais sérieusement, qu'allons-nous réaliser au cours d une vie comparée aux traditions millénaires ?

Un peu d’humilité tout de même !

Voilà un peu de matière à penser pour l’été...

samedi 28 avril 2012

Debout et responsable sous le Ciel


Notre Monde à besoin de pratiquants de Voies Spirituelles, mais ces dernières demandent parfois trop d’engagement pour certains.
Ceux qui pratiquent et qui ressentent un bienfait dans cette recherche se doivent de montrer l’exemple, d’inspirer ceux qui n’ont pas encore trouvé leur Voie.
Il n’est pas besoin de convaincre ou de convertir à notre pratique, mais simplement de nous comporter du mieux possible dans le Monde afin que cela communique l'envie à ceux qui cherchent une solution pour combattre leur insatisfaction.

En tant que pratiquant d’une voie de développement de soi, il est bon de partager ses recherches avec ceux qui ont de sincères questionnements.

Je vais essayer de faire cela à travers mes livres maintenant.

Les livres que j’écris sont des portes d’entrée vers une nouvelle époque : un temps de questionnements sur un système qui ne fonctionne plus et qui demande une prise de responsabilité personnelle.


Les traditions anciennes nous permettent une évolution personnelle dont le message s’étend à tous les êtres humains.

Cette évolution personnelle, ces prises de conscience par l’introspection, nous permettent de façonner un Monde meilleur, plus attentifs à notre vie et à nos proches, moins axés sur les gains faciles et la consommation.


Cette possibilité de retrouver les vraies valeurs de notre condition d’humain réside dans trois domaines qui sont les sujets de tous mes livres :

- La connaissance de soi (par des exercices et une expérience directe de soi),
- La compréhension de l’autre (par une attention plus disponible),
- La vision plus juste du Monde (par une pratique des principes de notre univers).

Dans tous mes livres, je cherche simplement à ce que les lecteurs se posent des questions sur leur vie, leur rapport aux autres et leur perception de leur monde.

La Tradition dont je parle ne nécessite pas de mots exotiques, ni d’acheter un "pyjama en soie" ou encore de suivre un régime à base de riz : c’est une Voie pour des gens qui fonctionnent dans le Monde, avec une famille et un travail, des amis et des soucis.

Comme il s'agit d'une Tradition pratique, qui accepte le quotidien et qui ne demande pas d’isolement ou de retraite du Monde, elle est parfaitement adaptée à notre vie mouvementée.

Il n’est pas besoin de parler de méditation mais plutôt « d'entrainement de l’esprit », ou d’exercices énergétiques (qui sont juste des mouvements de notre souffle)... En simplifiant, nous permettons à tous de pouvoir accéder à cette tradition.

Par la diffusion de ces exercices et de ces concepts, qui ne sont que des méthodes pour mieux vivre notre vie, nous aidons notre Monde : tous les gens qui font un peu plus attention à leurs émotions, aux autres et au Monde permettent de développer un Monde plus « sympa ».

Quels sont ces exercices ?

Ils sont simples, mais ils changent tout, certains sont des prises de conscience qui demandent de faire attention à notre comportement :

- Faire attention au bruit que nous produisons par notre inattention,
- Écouter les gens sans les interrompre pour ensuite parler à notre tour,
- Faire le point de notre journée avant de nous coucher le soir,
- Prendre soin de regarder et de penser à ce que nous mangeons.

Voilà des exemples de « prise de conscience », qui ne demandent rien de plus qu’une attention dans nos actes.

Il y a aussi des exercices qui demandent un peu plus de temps :

- Pour le corps,
- Pour le souffle,
- Pour l’esprit.

Ce sont des exercices qui enseignent quelque chose sur soi, par la répétition et l’attention.

Pour le corps, nous cherchons à le rendre plus fort, plus souple et sans tensions pour faciliter une communication avec l’esprit.

Par un travail de conscience du souffle, nous augmentons facilement notre vitalité et nous nous rendons plus disponibles à la vie et aux autres.

Pour l'esprit, par une prise de conscience de nos fonctionnements internes, nous avons une meilleure relation avec nos émotions et nous comprenons le mouvement de nos pensées... Notre esprit nous appartient de nouveau !

Quelle que soit la personne, si elle pratique des exercices de connaissance de soi, si elle fait plus attention aux autres et à son monde, elle sera une personne plus heureuse.

Je me propose de faire des livres qui vont permettre aux gens de toucher ces réalisations, de construire ensemble un Monde plus « sympa » : pas en gavant les gens de mots exotiques ou de concepts nébuleux, mais en leur apprenant à faire attention à eux, à ceux qu’ils côtoient en respectant le Monde dans lequel ils vivent.

jeudi 23 février 2012

Les Destinées vulgaires n’ont pas d’horoscopes…



Nous disons dans notre Tradition qu’il y a trois parts égales à notre destin :

- Le destin du Ciel, qui ne dépend pas de nous ni de nos actions,
- Le destin de l’homme, qui se manifeste dans l’étude et dans nos actes,
- Le destin de la Terre, qui dépend de notre environnement.

Le destin du Ciel se caractérise par l'époque à laquelle nous vivons et par l’ensemble des informations qui nous sont imposées par notre famille et son histoire.

C’est aussi le lieu de notre naissance et l’état de ce lieu en fonction de son histoire.

Plus encore, c’est le moment où notre manifestation terrestre coïncide avec un arrangement particulier du temps et de l’espace, un croisement entre l’évolution de l’Univers et notre petite contribution à la Conscience.

Ce destin du Ciel s’étudie par l’astrologie, le Yi Jing divinatoire et le travail du rêve.

Le destin de l’homme est directement lié à la compréhension de soi et à notre mise en action dans notre quotidien.

Cela demande d’étudier 4 aspects de notre existence :

- La compréhension de nos mécanismes profonds par l'introspection, - L’observation de nos actions par l'analyse de notre quotidien,
- L’établissement de valeurs et de règles qui régissent nos actions,
- Une mise en œuvre de notre responsabilité dans notre société.

C’est le travail de notre destin humain, qui va se comprendre par nos tendances étudiées dans le Mandat Céleste et qui s’expriment par notre relation à nos recherches, notre rapport aux autres, ce que nous ajoutons au Monde, la gestion de nos biens et l’ambition que nous nourrissons dans notre vie.

C’est la pratique, la Médecine Traditionnelle et la connaissance du Yi Jing de la pratique qui nous enseignent comment mieux vivre notre vie.

Le destin de la terre, c’est observer comment la forme et l’énergie de l’endroit où nous vivons vont influencer notre existence. C’est choisir notre habitation et le lieu de notre profession, mais aussi équilibrer les stagnations possibles liées à la géomancie.

Cette étude est celle de Feng Shui, des veines du dragon et du Yi Jing feng shui.

La pratique peut complètement sublimer le destin de l’homme, ce qui est un tiers de notre réalité.

L’étude du feng shui peut aménager au mieux notre situation dans l'espace-temps et permet de ne pas subir les changements du Monde, mais d’aller dans leurs sens.

L’étude de l’astrologie permet de savoir un peu ce que nous risquons à certains moments sans vraiment nous donner de solutions : c’est plus un ensemble d’avertissements que des solutions.

En même temps, on dit qu’avertis nous équivalons deux !

De plus, la connaissance du Yi Jing est partout, cela semble donc important...

La totalité de ces connaissances constitue la Voie de notre Tradition.

mercredi 1 février 2012

Le Maitre est inutile !


La Tradition colporte avec force des informations essentielles pour notre évolution personnelle : ces informations sont distillées avec sagesse par le Professeur et perçues par notre esprit, échangées au sein de l’Ecole.

Si les informations sont inestimables, que l’échange est primordial pour une évolution juste, c’est la clarté de notre esprit et sa disponibilité qui vont tout faire.

Mais le sujet de la clarté de l’esprit est un sujet que nous traitons souvent…

Le sujet ici, c’est l’inutilité du professeur…sous certains aspects.

La réalisation, les expériences et la vie en générale de l’enseignant n’ont aucune importance pour sa pratique personnelle.

Attention, il est évident, et je le dis souvent, que le professeur se doit d’être un pratiquant et un lettré de sa tradition, que sa vie doit être cohérente avec ses enseignements et qu’il doit être plutôt source d’inspiration par sa joie et ses actions.

En revanche, les choix de sa pratique, les actions qu’il entreprend ou encore ses choix d’expression de la Voie ne sont pas utiles pour le développement des élèves.

Le fait de trop s’occuper du professeur, de chercher à le copier ou de chercher à comprendre sa vie, tout cela n’est que distraction et assurance d’un échec dans son évolution personnelle : en effet, chaque personne évolue à sa façon, chaque être humain à son chemin et ses qualités, il n’est pas bon de copier l’évolution d’un autre.

Les qualités de l’enseignant sont les effets de son travail et de l’évolution au sein de son enseignement, pas les causes : si nous cherchons à copier les effets, nous imitons et ce n’est pas une évolution, c’est prétendre !

Nous nous devons de trouver nos propres moyens de travailler les causes qui produirons les effets : et tout cela est au sein de la Pratique qui est enseignée par le professeur.

En tant que vecteur de la Voie, le professeur n’a aucune importance, aucun intérêt.

Il ne doit que donner les bons exercices aux bons élèves, au bon moment.

Ses histoires personnelles ne sont qu’anecdotes et son parcours un exemple parmi d’autres.

La transmission est longue, souvent trop longue pour le commun des pratiquants qui préfèrent virevolter sans se poser, accumuler sans fondations profondes, pour parler plus que pratiquer.

Le rapport à l’enseignant est primordiale pour acquérir toutes les finesses de la Voie et cela sur des années (traditionnellement trois cycles de jing : un pour être un pratiquant, un pour être un expert et le dernier pour devenir un maitre).

  • Respectez votre professeur, mais ne le copiez pas !
  • Suivez tous les enseignements que vous pouvez, mais ne supputez pas !
  • Ne prêtez pas attention aux actions privées du professeur, mais n’acceptez pas les incohérences !
  • Développez votre indépendance, mais restez fidèle à UNE Tradition et un enseignant !


La Voie est un chemin qui se fait seul et par expériences directes personnelles, en revanche ce chemin est indiqué par le Professeur (pas par sa créativité mentale ou ses observations faussées !)

La Pratique demande une bonne dose de créativité et de liberté, mais l’assimilation des concepts de la Voie demande de s’engager franchement après réflexion.

La liberté de sa Pratique vient d’une assimilation précise de sa Tradition, pas par imagination ou rafistolage de bouts de pratiques.

Le gain personnel d’évolution de soi, la profonde connaissance de sa nature et l’arrêt du questionnement infondé sont des rétributions qui sont inestimables…mais qui demandent des efforts en retour !

Le passage du savoir demande le professeur, mais il ne sert à rien d’autre !

La Tradition passe par l’enseignant et son rôle s’arrête là !

Seule la Voie demande une exposition au monde, pas son vecteur.

Et pour celui qui est élève de la Voie, il est bon de se restreindre de la promotion de soi et de juste se laisser traverser par l’enseignement…

dimanche 1 janvier 2012

2012, Année des Changements


Nous sommes dans une période de changements importants.

C’est le moment de mettre en pratique notre Voie, d’utiliser les qualités que nous avons développées et de façonner le monde que nous souhaitons.

Nous ne devons pas chouiner, nous devons faire de notre mieux pour utiliser nos ressources pour faire partager la Voie et communiquer nos Valeurs.

Le monde change et nous pouvons influencer celui ci : commençons par notre quotidien et les gens que nous connaissons, ceux que nous croisons.

Accomplissons des efforts en comportant comme l’image idéale de nous même, dans le but de produire le monde que nous désirons.

Ce monde que nous produisons est celui qui se mettra en place pour les années à venir.

Partageons, communiquons sur nos valeurs et permettons aux autres de trouver leur Voie.

Les livres publiés, les conseils dispensés et les efforts de comportement avec tout ceux que nous croisons feront la différence.

Nous sommes responsable de notre monde et de notre vie, c’est à nous de faire les efforts qui établiront notre futur.

Dans cette recherche, nous avons tous à faire des efforts.

BONNE ANNEE 2012 à tous

samedi 29 octobre 2011

L’esprit des Changements


Les traditions que nous étudions ont quelques points communs :
  • recherche de la clarté : se connaître soi même
  • travail de la détente : agir juste et simplement
  • adaptabilité dans le monde : aller avec la vie

Mais aussi une Ouverture aux possibilités de changements : la force du yi jing manifestée.

Si il est difficile de se juger sur sa propre clarté ou sa détente présumée, il est assez facile de savoir ou on en est dans sa pratique et dans sa vie par les deux autres.

L’adaptabilité au monde nous confronte à nos capacités à saisir le bon moment pour faire les choses et se manifeste par la fluidité ou les difficultés que nous rencontrons dans notre quotidien.

L’ouverture est encore plus manifeste : elle regroupe notre capacité à ne pas ressasser bêtement sur nos fantasmes et notre qualité d’accueil aux changements proposés par le monde qui nous entoure.

Il est assez commun de rester coincé dans des habitudes malades et des situations figées où notre confort est notre ignorance.

Les changements qui sont les siens sont douloureux et ceux du monde difficilement acceptables.

Toutes perturbation dans les habitudes sont perçue comme des menaces ou des situations de crise.

Tout cela est lié à la Peur et à l’obésité de son ego.

Comme nous entrons dans une grande période de transformation et de changements, il est bon de travailler cette qualité d’ouverture pour être disponible aux changements du monde.

Cela va permettre d’éviter de sentir son monde s’effondrer si les murs changent de couleurs…

Il est important de regarder ce qui est de l’ordre de la Peur et ce qui est de l’ordre de l’ego, mais le fait est que ces deux raisons n’ont qu’une réalité illusoire.

Dans la Pratique, la focalisation se fait sur soi et dans une recherche de réalisation : le potin n’est pas une qualité !

Ce qui va déterminer sa capacité d’ouverture est l’équilibre d’un esprit clair (et qui sait parler quand c’est utile) et d’un lâcher-prise salvateur.

Bonne pratique à tous et que votre esprit reste ouvert.

lundi 17 octobre 2011

SECRET DES IMMORTELS



Voilà un livre à acheter, à lire et à tester.

64 exercices pour mieux se connaitre.

Dites moi ce que vous en pensez...

jeudi 23 juin 2011

La Voie Du Guerrier : un Chemin Royal



Au sein de mon enseignement, les arts de combat ont une place particulière.

À l’origine, la partie physique de la Voie ne possède qu’une petite partie dédiée au combat : en revanche, la façon de travailler est très différente de ce qui se voit dans les arts martiaux traditionnels.

Dans les arts martiaux que l’on peut croiser dans notre monde moderne, il y a :
  • le travail des positions de bases,
  • l'apprentissage des frappes de base,
  • le travail technique seul et à deux,
  • le combat souple et libre.
Nous sommes là, bien souvent, dans une recherche d’efficacité en « combat », ce qui signifie plutôt : « en combat souple rituel où on reste à bonne distance pour se toucher ».

Dans ma tradition, les exercices de combat et la recherche sont antérieurs à la mode des formes chorégraphiées de combat, des « kata » et autres.

Nous utilisons pourtant, pour la formation des débutants, ces techniques.

C’est aussi une façon agréable de se détendre par des gestes d’inspiration martiale.

Maintenant il y a le vrai combat, le moment où il faut se défendre et ne pas prendre de risques, respectant le précieux de sa vie et les responsabilités que l’on peut avoir envers sa famille : perdre n’est pas une option.

Dans ces cas-là, extrêmes, mais tellement réalistes dans notre monde en mutation, il faut rester beaucoup plus pratique grâce :
  • au travail de la peur et de l’intention,
  • au travail des impacts et de la force brute,
  • et à tout le reste (techniques, vitesse, déplacements).
Avant tout, dans notre école, nous allons travailler sur la façon de tenir son esprit, son agressivité et de gérer ses peurs face à la douleur.

La première chose dans le combat c’est : « y aller ou pas ».

Tant que mon esprit et mes émotions me paralysent ou me forcent à une analyse profonde au lieu d’agir… rien n’est possible !

Bien entendu, il n’est pas question de se transformer en brute idiote qui frappe sans raison ; au contraire, il est important de mettre en place des valeurs et des limites après lesquelles il est temps d’agir.

Les entrainements de ceux qui ont choisi les « arts de combat » vont beaucoup aller chercher nos peurs, nos fantasmes.


C’est très dur et je suis toujours épaté par la force de caractère des gens que je croise : je me rappelle à quel point ce fut difficile pour moi aussi.


Quand on travaille l’aspect mental, psychologique, il est bon de commencer à travailler la force.


C’est une force d’impact qui nous intéresse, une force pour faire passer trois genres de qualités :

  • la lourdeur (qui fait peur à celui qui la reçoit),
  • la pénétration (une qualité d’étrangeté),
  • la séparation (pour casser, détruire).
La grande difficulté de ce travail, c’est qu’il n’est possible qu’avec un partenaire, pas avec un sac ou un poteau.

Il faut donc passer du temps non seulement à s’entrainer, mais aussi à subir les moments d’entrainements de ses « frères d’école ».


Le professeur ne montrait autrefois les frappes (en les démontrant) qu’aux élèves à qui il acceptait de transmettre.


C’est autre chose que de répéter des mouvements dans le vent.


De plus, dans l'ensemble et pour la plupart d'entre nous, ça ne sert pas à grand chose dans notre monde moderne et paisible.


Le reste du travail, c’est le travail des arts martiaux habituel : formes, exercices, techniques et « lutte ».


En quelque temps, le corps change visiblement et les qualités de combat vont rendre la technique obsolète.


Mais en quoi cet enseignement a sa place aujourd’hui ?


Le dépassement de soi, de ses peurs et la capacité à être conscient de ses actions est la recherche principale de toutes les traditions d’évolution personnelle : les arts de combat c’est exactement ça !


C’est une confrontation à ses peurs les plus fondamentales et un développement de l’attention, avec en plus, une sensation de sécurité dans un corps plus fort.


Le niveau de stress pour un pratiquant de la voie guerrière n’est pas le même que chez les autres gens : il est donc capable de gérer le stress et le conflit avec beaucoup de tact.


Tous ceux qui ont tenté de suivre cette voie difficile en sont satisfaits… C’est toujours un plus de se dépasser et de laisser derrière soi les fantasmes de ses force et de ses faiblesses.

Se connaître, mais par le corps et ses capacités cachées : ne plus avoir peur, savoir se défendre physiquement et psychologiquement.

Ayant été un enfant fragile, maigrelet et faible, je vois aujourd’hui que les exercices énergétiques m’ont donné la santé, mais les arts de combat m’ont donné la force et l’assurance qui me permettent d’enseigner ma tradition aujourd’hui.

Ceux qui ont peur devraient tous passer par les arts de combat, mais ce n’est possible que si on en a envie : il ne faut pas se forcer, il faut accepter qu’il n’est pas toujours temps de faire cette recherche.

Dans le monde d’aujourd’hui, avec ses forces et ses limites, la culture d’une force intérieure est vraiment nécessaire… mais pourquoi ne pas y rajouter la force extérieure ?

Plus fort, sans anxiété dans les rapports avec les autres, il est plus facile de communiquer et d’échanger.

Sachez que tout le monde à sa place dans cette voie guerrière et que personne n’est trop faible, trop léger ou trop vieux.

La seule chose à prendre en compte est la volonté, le plaisir de se confronter aux autres pour se connaître soi-même : sans cette envie, il ne faut pas le faire.

Il ne faut pas non plus confondre le goût des arts de combat ou son absence de goût pour cela avec la peur que l’on peut ressentir : si c’est de la peur qui limite ma recherche, alors il faut foncer.

« Aller vers ce qui fait peur, le reste est ennuyeux » disait Trungpa.

mercredi 1 juin 2011

Affiner l’Esprit pour voir la Magie

Nous vivons bien souvent des vies passionnantes, ou sans intérêt, très (voire trop) remplies et nous courons beaucoup.

La raison, l’intellect, ayant pris le pouvoir depuis le 18ème siècle, il ne reste plus beaucoup de place pour les superstitions et les histoires de fantômes.

Mais en même temps, l’intuition et la communion avec le monde sont plus rares, voire absentes de notre vie : nous ne savons plus regarder les signes de la vie ni les messages du monde.

Est-il possible de continuer à vivre notre vie moderne tout en retrouvant une part de sacré, de magie ?

Le sacré est une notion qui permet de séparer l’ordinaire et l’utilitaire de ce qui est « autre chose », non rationnel.

Ce n’est pas seulement religieux, mais aussi mystique et traditionnel.

Le magique, c’est l’utilisation par l’intention, des énergies du monde, dans le cadre de son attention.

Ce n’est rien d'autre qu'agir parfaitement dans la Conscience.

N’ayant que peu de rapport au sacré, nous oublions une partie de notre humanité : le plus Grand, la partie infinie de notre Conscience.

Par la pratique, nous ritualisons une partie de notre quotidien, pour la faire doucement déborder sur notre vie.

Mais nous donnons souvent à la pratique, à ces moments particuliers, une valeur qui n'est pas la vraie : quand nous pratiquons, quand nous quittons le mondain pour entrer dans cet espace de travail, nous sommes dans le "sacré".

Dans la prise de conscience des phénomènes énergétiques, dans l'attention au souffle, écoutant les émotions ou regardant son esprit, nous sommes réellement dans une contemplation profonde de notre globalité corps/esprit.

Nous sommes là, dans la pratique quotidienne, dans un espace "Magique", un temps qui sort du reste de la vie et qui est entièrement sujet à son intention par son attention.

Mais la réalité de cette "magie" n'existe que si on en prend conscience : la force de notre travail dépend de l'importance qu'on va lui porter.

Si la pratique exerce les énergies les plus fines, mais que le pratiquant n'y met pas un respect particulier, nous sommes là dans le commun (de la pratique).

En pratiquant, dans toutes les facettes de la voie d'évolution spirituelle, l'importance des changements dans notre vie va dépendre pour une bonne part de l'importance que nous donnons à celle-ci.

Regardez comme certains de vos objets, de vos possessions, ont une importance particulière : le tee-shirt spécial, la bonne cravate ou les chaussures du succès...

La force de ces objets dépend directement de la passion de "dévotion" que vous leur donnez : vous pouvez faire la même chose avec tous les aspects de votre vie.

L’encens qui brûle avant la pratique, le respect au professeur quand vous arrivez, la tenue que vous portez pour la pratique... tout cela est une façon de ritualiser la pratique.

Il est important de comprendre que bien souvent, la ritualisation par les artifices est néfaste, car non consciente : mais consciemment fait, c'est un plus.

Il est préférable de ne pas avoir d'artifices externes, mais une présence "modifiée" dans les moments de pratique.

L’intérêt n'est pas seulement que votre pratique va gagner en qualité, mais aussi que votre vie va s'ouvrir aux choses plus fines, aux signes et aux messages du Monde.

Plus vous donnez une place au "sacré", au "magique" plus celui-ci se manifeste dans votre vie.

Attention, l'idée n'est pas du tout de devenir "spiritualo bizarre, avec un zeste d'éthéré", mais juste de savoir profiter de toutes nos capacités humaines disponibles dans notre champ de conscience.

Pour les excès de volatilité, d’instabilité ou de mimétisme, le professeur est là pour vous remettre (rapidement) sur la Voie…

Plus la pratique devient spirituelle, plus les façons de faire doivent être terre à terre, mais plus la pratique est présente dans votre vie et plus cette conscience doit y être aussi.

La pratique n'est pas de la gymnastique, mais si vous la traitez comme telle, elle le devient.

Les exercices de base sont de la gymnastique, mais si vous leur donnez une valeur supérieure par une attention particulière et un sérieux engagé, ils deviennent "autre chose".

Voilà une bonne raison d'arrêter de glousser, de chouiner et de discuter pendant les cours, de se tenir mal ou d'avoir le nez en l'air : ce moment vous donnera ce que vous mettez en lui.

Vous êtes directement responsables de ce que vous allez acquérir dans la pratique : donnez lui sa place, un sérieux, un engagement, et vous allez valorisez ce qui vous est donné.

Le monde d'aujourd'hui n'aime pas le magique, ce qui ne s'explique pas, mais en même temps les recherches les plus poussées dans les sciences les plus pointues nous forcent à regarder l'infini dans les yeux.

Rendons au sacré une place dans notre vie et nous lui redonnerons une place dans le monde.

lundi 4 avril 2011

Chinoiser n’est pas Pratiquer

A l’origine, les quatre peuples avaient leur Voie propre, leur tradition.

Il est dit dans la tradition que les êtres humains avaient chacun leur voie : ceux qui étaient à l’orient et à l’occident, ceux qui vivaient sur le vieux continent et ceux qui glorifiaient la raison.

D’après l’enseignement oral, chaque peuple devait suivre sa voie et était imperméable aux autres traditions : en effet, les archétypes et les façons de faire étaient trop différents pour comprendre une voie qui venait d’un autre peuple.

Puis les gens ont voyagé un peu, puis beaucoup et en peu de temps, tout le monde est allé partout.

La mixité des peuples dans tous les endroits du monde a mis en contact des traditions et des gens très différents : dans ces conditions, qui peut apprendre quoi ?

De plus, incapable de se satisfaire de ce que l’on a, un attrait plus important existe pour les enseignements qui ne sont pas « locaux ».

Il y a plusieurs lois pour qu’il soit possible d’évoluer au sein d’une tradition qui n’a pas ses racines dans notre environnement immédiat :

  •     l’enseignement doit être global,
  •     l’enseignant ne doit pas être un chercheur sur ce qu’il transmet,
  •     La Voie doit prendre sens dans notre culture.

L’enseignement doit être global


Dans une tradition qui est globale, la dimension de l’étude est humaine : de là, c’est une voie de l’être humain et elle dépasse le temps et l’espace.

D’où que provienne la tradition, si elle parle de tous les aspects du fonctionnement de l’homme, c’est une voie d’évolution qui fonctionnera pour tous.

Si elle est teintée par sa culture d’origine et qu’elle omet trop de choses par rapport au groupe humain visé et ayant des recherches spécifiques, alors cette voie n’est pas adaptée à tous.

Les enseignements qui viennent de religieux qui vivent isolés du monde sont difficilement adaptables à notre vie survoltée, en rapport constant avec trop de nos semblables.

Les enseignements qui se basent sur la prise d’hallucinogènes, bien souvent illégaux et dangereux, qui proviennent de rites initiatiques uniques, ne doivent pas se transformer en excuses bien faibles pour se « défoncer ».

Ou encore les techniques ésotériques qui sont dépassées par notre évolution humaine : dans une humanité qui se sensibilise à l’écologie et à l’importance d’intégrer les concepts de bonheur et de découverte de soi, il est limité de croire aux licornes et aux baguettes magiques…

Certaines traditions ont aussi grandi dans un but précis qui n’est plus d’actualité : des arts martiaux se voulant non violents dans un monde d’après guerre, des techniques respiratoires qui se basaient sur une ignorance de notre cerveau ou encore des mouvements religieux qui cherchaient une façon de réunir le peuple pour se révolter.

La Voie se doit d’être intemporelle ou chacun se retrouve comme si les mots avaient été écrits pour lui.

L’enseignant ne doit pas être un chercheur sur ce qu’il transmet


S il est très important que le professeur soit toujours en recherche et en évolution, il ne doit pas être pour autant dans le processus de se former dans ce qu’il transmet.

La voie transmise doit être comprise dans son ensemble, profondément, sinon on devient un voleur et un menteur.

La réalité nous montre qu’il est possible de ne rien savoir et de l’enseigner ouvertement, mais ce n’est pas parce que ça existe que c’est acceptable.

Il n’est pas possible de se faire avoir : si on pose des questions, si on essaye et si on regarde l’enseignant, il est assez facile de sentir si oui ou non il est cohérent.

Ne pas connaître un style ou un enseignement n’est pas une raison pour oublier de faire appel à son bon sens commun et aux quelques valeurs que nous avons tous.

La tradition doit être claire, précise et explicable en langage simple : si ce n’est pas possible, alors ce n’est pas compris.

L’enseignant doit avoir fait le tour de ce qu’il enseigne, il ne doit pas être un chercheur mais un pratiquant.

L’idée d’apprendre pour transmettre n’est pas juste : les formations de « futur maitre de la voie » n’ont pas de sens, ce sont des aberrations d’aujourd’hui.

La Voie doit prendre sens dans sa culture


Il est idiot de devoir se transformer pour entrer dans une voie, de devoir apprendre une langue ou s’habiller bizarrement : la Voie va nous transmuter dans notre état naturel.

Si on se sent obligé d’imiter une autre tradition pour mieux comprendre sa voie, celle-ci n’est pas globale ou celui qui le fait est un paresseux : en effet, un des aspects de la paresse est de singer pour ne pas avoir à faire, d’imiter pour créer un personnage spirituel au lieu de s’exposer réellement à une transformation.

S il est intellectuellement intéressant de se poser des questions culturelles et historiques sur sa tradition, le besoin de s’immerger pour pratiquer n’est pas juste.

Tous les mots, toutes les notions et tous les exercices doivent pouvoir avoir un sens dans sa tradition et sa culture, dans sa langue d' origine.

Il est important de pouvoir expliquer clairement à un néophyte les buts et recherches de sa voie, sans avoir besoin de se servir de mots spécifiques ou de concepts absents dans le sens commun de son interlocuteur.

Attention aux voies qui vont vous faire perdre du temps, au besoin de s’habiller en orange, au salon qui fume a cause de l’encens, la vie n’est pas infinie et la voie est longue : nous sommes sur une longue route, un chemin montant, poursuivi par les ombres qui peuvent nous rattraper…

Bonne pratique à tous, quelque soit votre Voie.